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Météosensibilité : un risque encore sous-estimé


Exogène au système économique et financier, l’aléa climatique est encore aujourd’hui davantage considéré comme une fatalité que comme un risque à la fois formalisable et gérable. Une fois modélisées les conséquences de la météo sur les paramètres financiers d’une entreprise, une deuxième étape consiste à gérer activement cet aléa en recherchant une compensation financière proportionnelle aux variations d’activité occasionnés en cas de survenance de ce risque. Des solutions de couverture complexes et sur-mesure sont de plus en plus disponibles.




Gérer une entreprise consiste à en maximiser la valeur sous contrainte de risques. De tous les risques. Mais il en est un qui reste aujourd’hui très largement sous-estimé au sein des états-majors des entreprises. C’est la météo. Et pourtant, qu’il s’agisse de température ou de pluviométrie, le temps qu’il fait a des répercussions considérables sur une société, dont il peut affecter radicalement l’activité et les marges d’une année sur l’autre. En d’autres termes, l’aléa climatique peut être destructeur de valeur au même titre qu’une hausse des taux d’intérêt ou la faillite d’un client clé.

Energie, tourisme, restauration, habillement, agroalimentaire… A un degré ou à un autre, c’est près de 80% de l’économie qui peut être qualifiée de météosensible. Pour les dirigeants et les actionnaires, il est plus que temps de prendre la pleine mesure de ce risque. Une tâche d’autant plus ardue qu’elle a été trop longtemps retardée, largement éclipsée par d’autres facteurs de risques infiniment mieux formalisés, comme le risque de change, le risque de prix sur certains intrants génériques, comme les matières premières, le risque de contrepartie ou encore le risque de taux.

Exogène au système économique et financier, cet aléa est encore aujourd’hui davantage considéré comme une fatalité que comme un risque à la fois formalisable et gérable. Comment faire, donc ? La première étape consiste tout simplement à estimer les conséquences de la variable climatique sur l’activité, à en modéliser la distribution sur le chiffre d’affaires et les soldes intermédiaires de gestion, tout en identifiant précisément les indicateurs météorologiques les plus pertinents, bref : à estimer la météo-sensibilité de l’entreprise. L’objectif ? Intégrer ce paramètre dans les process de production, de gestion des stocks, voire de marketing. Seulement voilà. Si les économistes et autres analystes parviennent à établir des anticipations à moyen terme avec plus ou moins de succès, la météo est structurellement difficile, voire impossible à prévoir à un horizon de plusieurs semaines.

Une fois modélisées les conséquences de la température et/ou de la pluviométrie sur les paramètres financiers d’une entreprise, une deuxième étape consiste donc à gérer activement cet aléa en recherchant une compensation financière proportionnelle aux variations d’activité occasionnés en cas de survenance de ce risque. L’assurance peut apporter un élément de réponse. Les agriculteurs, par exemple, s’assurent déjà de longue date contre des chocs météorologiques, comme les grêles ou les tempêtes. De plus en plus, ils assurent même leurs récoltes contre des pertes de rendement en prenant comme référentiel leur propre production moyenne passée. Seulement voilà. D’une part, cette solution est impossible à répliquer dans d’autres secteurs, où le rendement dépend de variables tellement nombreuses et variées qu’il devient impossible d’assurer celui-ci. D’autre part, l’assurance protège généralement contre un scénario catastrophe selon un mode de remboursement binaire : je suis remboursé quand je suis victime en cas de catastrophe et je ne le suis pas dans le cas contraire. Certes incontournable dans certains cas, l’assurance atteint donc vite ses limites pour qui recherche une couverture fine, dont la valeur est corrélée linéairement à une variable météorologique générique.

Reste donc l’utilisation d’instruments de marché, dont le prix est directement fonction d’une série continue de données météorologiques standards. L’entreprise quitte alors le domaine de l’assurance au profit du financier. Et dans ce domaine, les progrès récents sont considérables. De mieux en mieux formés à cet enjeu, les intervenants financiers sont désormais en mesure de créer des produits de couverture climatique dont ils assurent la structuration et la liquidité, tandis que MetNext, filiale commune de MétéoFrance et d’Euronext, se charge de fournir des indices climatiques soit standards, soit sur-mesure. Quant aux formations à la disposition des dirigeants pour évaluer leur météo-sensibilité et gérer activement celle-ci, elles se multiplient depuis peu.

Le risque climatique n’est décidemment plus une fatalité.

A propos d’Agritel
Agritel est une société de conseil spécialisée dans la gestion du risque de prix dans le secteur agroalimentaire et agroindustriel. Son objectif est d’apporter à cette filière, confrontée à une volatilité des prix croissante, les outils, les techniques, les connaissances et le savoir-faire utilisés depuis plusieurs décennies dans le monde de la finance. Agritel apporte également son expertise aux acteurs du monde financier sur les fondamentaux des marchés agricoles. Créé en 2000, l’expertise d’Agritel se décline en 3 métiers : formation, information et conseil.

Cette chronique est signée Michel Portier, fondateur et gérant d’Agritel

www.agritel.com

Mercredi 29 Avril 2009
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