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Mark Mobius : « Beaucoup de sociétés des marchés émergents sont toujours sous-évaluées ! »


Dr Mark Mobius, Président Exécutif de "Templeton Emerging Markets Group" est résolument positif sur les marchés émergents. Il nous explique pourquoi...




Directeur de la recherche et gérant de portefeuille au sein de l’équipe de gestion Marchés Emergents de Franklin Templeton, Mark Mobius a rejoint Templeton en 1987 en tant que Président de Templeton Emerging Markets Fund Inc. à Hong Kong et responsable de toute l’activité de Templeton sur les marchés émergents. A ce titre, il gère plusieurs dizaines de milliards d’actifs sous gestion sur cette classe d’actifs, et dirige une équipe d’analystes basés dans 13 bureaux différents.

Reconnu comme un expert mondial des marchés émergents, il répond aux questions de Next-Finance sur le sujet...

Que pensez-vous de la situation économique actuelle et future des pays émergents, et en particulier des pays BRIC ?

Les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, devraient enregistrer une croissance plus forte que les autres pays avec 6,3 % en moyenne, alors qu’ils génèrent déjà 47 % des biens et services commercialisés dans le monde en termes de valeur de marché.

Il est important d’examiner chaque pays au cas par cas. Par exemple, certaines parties du monde n’ont pas connu de récession, comme le Brésil ou la Chine, où la croissance économique s’est poursuivie à un rythme soutenu avec des niveaux de vie qui ont progressé.

Pour les marchés émergents, notamment les marchés BRIC, nous prévoyons la poursuite d’un cycle boursier haussier durable, même si les marchés vont probablement subir des corrections en cours de route. En effet, les pays BRIC affichent une reprise économique durable au vu de la solidité de leurs fondamentaux. Au delà des statistiques macroéconomiques, les indicateurs financiers et budgétaires sont au beau fixe.

Selon vous, pourquoi la crise financière a-t-elle si peu d’impact sur la croissance et la dette des pays BRIC ?

Au milieu des années 1990, plusieurs pays émergents étaient très dépendants des financements étrangers, ce qui les rendait très vulnérables aux “humeurs” des investisseurs extérieurs. Ils se sont donc trouvé en première ligne pendant les crises financières, comme la crise asiatique en 1997 ou celle de l’Amérique latine au début des années 2000.

Un changement s’est alors opéré au début du siècle au niveau politique pour remédier à ces faiblesses. Les gouvernements ont essayé de réduire leurs créances internationales et leur endettement à court terme. Cette démarche a souvent été facilitée par une balance courante excédentaire. En parallèle, leurs taux d’épargne nationale se sont accrus, notamment en Amérique latine, où les taux moyens d’épargne nationale sont passés de 17 % en 2001 à 22 % fin 2008. Les pays asiatiques ont compris qu’un système bancaire solide et des marchés de capitaux liquides étaient souvent nécessaires pour permettre aux investisseurs étrangers de participer au système financier tout en leur évitant de s’exposer à des attaques spéculatives par exemple.

Ainsi, après avoir subi l’épreuve du feu pendant les dernières crises financières, plusieurs marchés émergents se sont stabilisés grâce à ces changements structurels plus que nécessaires. Aujourd’hui, on peut même dire que les marchés émergents sont en meilleure situation budgétaire que les pays développés sur le plan des réserves de change, des ratios dette/PIB et de la perception du risque.

De plus, la corrélation est faible non seulement entre les marchés émergents et développés mais aussi entre marchés émergents et entre classes d’actifs sur les marchés émergents.

Quelles sont les principales raisons d’investir sur les marchés émergents aujourd’hui ? En termes de valorisation, est-ce le bon moment pour y investir ?

Les marchés émergents offrent des opportunités pour plusieurs raisons : (1) la croissance de leur PIB ; (2) des réserves de change considérables, qui placent les économies en bien meilleure position pour résister aux chocs extérieurs ; (3) des niveaux d’endettement faibles ; (4) la confiance accrue des investisseurs ; (5) d’importants investissements de la part des fonds ; (6) une performance intéressante à l’heure où les dépôts bancaires sont faiblement rémunérés ; et, surtout (7) leurs valorisations sont faibles.

Nous restons positifs, et ce pour plusieurs raisons : croissance économique, réserves de devises, niveaux d’endettement plutôt bas, performances élevées par rapport aux taux des dépôts bancaires et, surtout, valorisations attractives.

Malgré leur croissance rapide, beaucoup de sociétés des marchés émergents sont toujours sous-évaluées par rapport à leurs concurrentes sur les marchés développés. De plus, avec la croissance des marchés d’actions, la liquidité s’est considérablement améliorée. Certes, les valorisations des entreprises sont plus élevés qu’il y a quelques années, mais leurs résultats sont aussi en hausse. Nous continuons donc à identifier des sociétés sous-évaluées sur la plupart des marchés boursiers émergents.

Pensez-vous qu’il existe une bulle immobilière en Chine ?

Le gouvernement chinois est décidé à contenir tout scénario de bulle et met en œuvre des mesures d’apaisement du marché immobilier. À Pékin, cela a consisté par exemple à empêcher les familles d’acquérir plus d’une résidence. La Chine détient plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine américaine : quel serait l’impact sur l’économie chinoise en cas de crash obligataire ?

La Chine possède l’une des réserves de change les plus importantes au monde avec plus de 2 000 milliards de US$, ce qui renforce sa résistance aux chocs extérieurs. En parallèle, son ratio dette/PIB est relativement faible comparé aux pays développés. Naturellement, la Chine ne peut survivre sans les investissements et le commerce des pays développés, mais il est clair qu’elle est de moins en moins dépendante de ses échanges commerciaux avec les États-Unis et l’Europe. La Chine est elle-même le premier marché d’exportation de nombreux pays asiatiques et sa croissance se traduit par une hausse rapide de la demande intérieure, stimulée par ailleurs par des programmes de subventions publiques. Les dépenses du gouvernement dans des domaines comme les infrastructures et la consommation privée ont permis de compenser, au moins en partie, le tassement de la croissance provoqué par le ralentissement des exportations ; Il est également important de noter que le secteur des services gagne aussi en importance.

Quel est le lien entre les ME et les marchés de matières premières ? Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Quand les prix des matières premières agricoles montent en flèche, le Chili en est l’un des premiers bénéficiaires car c’est un des principaux producteurs de jus de fruits, de jus de fruits concentrés, de légumes, de fleurs et d’autres produits industriel, comme le cuivre. Le Brésil est lui aussi un important producteur de matières premières, notamment agricoles (sucre, café, etc...).

Pensez-vous que dans 25 ans, les pays BRIC devanceront l’Europe et les États-Unis en termes de PIB par tête ?

Beaucoup d’économies émergentes devraient se développer plus vite que les pays développés, même en tenant compte du climat économique actuel. En conséquence, à ce jour, les marchés émergents paraissent plus solides que certains pays développés.

Aujourd’hui, les pays considérés comme émergents et frontières (à un stade de développement précoce, dotés de marchés financiers limités et d’une liquidité faible) couvrent 77 % des territoires mondiaux. Ils représentent également 82 % de la population mondiale et détiennent 66 % des réserves de change. Pour finir, les marchés émergents, c’est 13 % de la capitalisation boursière mondiale, 8,3 % des marchés de dette internationaux et, comme nous l’avons déjà mentionné, 47 % du PIB mondial.

Pendant les deux ou trois prochaines décennies, on pourrait voir plus de marchés actuellement émergents au palmarès des dix pays les plus riches de la planète, notamment des pays à croissance rapide comme la Chine et l’Inde.

Que pensez-vous de la situation économique actuelle aux États-Unis et en Europe ?

A l’échelle mondiale, nous nous trouvons toujours à un stade de début de reprise. Selon nous, un scénario de rechute est peu probable en ce moment, car la croissance de la masse monétaire reste soutenue. De plus, les États-Unis sont prêts à lancer un deuxième train de mesures d’assouplissement quantitatif aux premiers signes de vacillement de leur économie.

Une reprise en V est-elle possible dans les pays développés ?

Nous pensons que nous sommes qu’aux prémices de la reprise économique mondiale. Cependant, tous les pays n’ont pas le même rythme de croissance économique : il est donc important d’examiner chacun d’entre eux de manière distincte. Par exemple, en Chine, il n’y a pas eu de récession en 2009 et la croissance s’est poursuivie, sans trop d’accros.

Copyright Next-Finance, partenaire CFO-news

Jeudi 7 Octobre 2010
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