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Maîtrise des risques financiers dans les entreprises


Maîtrise des risques financiers dans les entreprises : ne pas attendre le prochain audit pour mettre en place un contrôle permanent.




Si la sphère financière a connu globalement des pertes retentissantes sur les marchés financiers en 2008, les entreprises industrielles et commerciales n’ont pas toujours été épargnées par ces turbulences… même si les montants en jeu n’ont rien à voir avec ceux des institutions financières.

En effet, la relative modestie des pertes des sociétés industrielles et commerciales sur les marchés financiers s’explique principalement par le caractère annexe de la finance par rapport à leur activité principale, contrairement aux banques dont c’est le coeur de métier.

Ce constat trouve son illustration dans la part peu importante des instruments financiers, rapportée à la taille du bilan, des entreprises non-financières du CAC40, à savoir 27% du total de l’actif et 37% du total du passif contre respectivement 96% et 86% pour les établissements de crédit (1).

Dans ce contexte, comment expliquer que la profusion au cours des dernières années de réglementations, recommandations et rapports des régulateurs, référentiels de contrôle interne sans oublier les différents codes (gouvernance, bonne conduite et bonnes pratiques) qui avaient tous pour objectif d’éradiquer les pertes sur les marchés financiers n’aient pu également les empêcher chez les entreprises industrielles et commerciales ?
La raison est simple. Ces différentes règles ne constituent que des lignes directrices et n’ont pas vocation à se substituer à la mise en place de procédures internes pour la gestion des risques financiers et au contrôle permanent de leur bonne application.

Principales faiblesses constatées sur la base de nos récentes missions

1. Carences dans la maîtrise des instruments financiers
- Non-application, voire absence de procédures de contrôle interne
- Utilisation d’instruments de change, de taux et de placements complexes et inappropriés à une politique de gestion prudente des risques financiers
- Recours au cours historique pour les prorogations de change à terme, cours hors marché ayant pour effet de ne pas faire apparaître les pertes ou profits latents sur les opérations prorogées (contrairement à l’utilisation du cours du jour) si ces opérations ne font pas l’objet d’un contrôle spécifique
- Gestion peu approfondie des risques sur OPCVM, entraînant l’absence de vérification entre les objectifs de gestion figurant dans le prospectus et ceux annoncés par les commerciaux, analyse superficielle du risque de contrepartie sur dépositaire, non prise en compte du risque de liquidité ne permettant pas à la société de gestion d’honorer les rachats.

2. Gestion prévisionnelle des risques insuffisante
- Non-détection à temps d’une crise de liquidité, se traduisant par une insuffisance de lignes de crédit auprès des banques, due à l’inexistence ou au manque de fiabilité des prévisions et du budget de trésorerie
- Absence de gestion préventive des covenants sur les prêts ou lignes de crédit confirmé pouvant, en cas de non-respect, rendre immédiatement exigibles ces concours à moyen et long termes et obliger les entreprises utilisant les normes IFRS à les reclasser en passif courant(2).
- Connaissance insuffisante du montant du sous-jacent pour la gestion des risques de change et de taux, de nature à générer des sur ou sous-couvertures.

3. Manque de rigueur dans l’organisation
- Non-respect du principe de séparation des tâches entre front et back office, trésorerie et comptabilité, trésorerie et contrôle de gestion, voire audit
- Accès aux systèmes d’information non sécurisé (profils utilisateurs, gestion des mots de passe, traçabilité…)
- Absence de rapprochement systématique au fil de l’eau entre les confirmations d’opérations de marché émises par les banques et les entreprises et le traitement rapide des éventuels écarts.

Moyens de prévention
Face à l’importance des montants gérés par la trésorerie, cette activité constitue des enjeux spécifiques, tant par la technicité des instruments utilisés que par le risque de générer rapidement des pertes significatives.
En conséquence, la crise financière actuelle montre avec acuité que la maîtrise de la trésorerie ne peut pas attendre la programmation pluriannuelle d’une prochaine mission d’audit… ou la survenance d’un sinistre.
Au contraire, elle nécessite de procéder fréquemment à des audits opérationnels, de mettre en place des contrôles permanents, comprenant une évaluation des procédures de contrôle interne, qui ne se limite pas à une simple auto-évaluation en interne, comme c’est le cas dans 70% des entreprises analysées dans dernier rapport de l’AMF sur ce sujet.

En conclusion, pour allier connaissance de l’entreprise et valeur ajoutée d’un regard extérieur et rendre ces audits plus pertinents, un nombre croissant de comités d’audit, dont le rôle est d’assurer le suivi de l’efficacité des systèmes de contrôle interne et de gestion des risques, font effectuer ces contrôles systématiquement par des équipes mixtes. Elles sont composées d’auditeurs internes, ayant une connaissance approfondie de l’entreprise et de prestataires externes ayant une connaissance métier des opérations de trésorerie et de gestion des risques financiers … sous réserve que ces derniers ne se trouvent pas en situation de conflit d’intérêt avec les commissaires aux comptes.

Charles-Henri TAUFFLIEB Associé Tresofi by Sidetrade
1. Revue mensuelle de l’AMF, décembre 2007.
1. En application des recommandations de l’AMF pour la clôture des comptes 2008.

www.sidetrade.fr

Lundi 2 Novembre 2009
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