Lutte Anti Blanchiment : une nouvelle donne s’annonce


Un ensemble de changements se préparent dans le domaine de la lutte anti-blanchiment (LAB) aussi appelée LCB (lutte contre le blanchiment) : révision de la 3ème Directive (2005/60/CE), développement du volet « gel et confiscation des produits du crime » de l’action publique, recherche d’un cadre plus cohérent avec les autres législations de l’UE et entre Etats-membres, …




Lutte Anti Blanchiment : une nouvelle donne s’annonce
Bref un recentrage du dispositif autour de quelques idées directrices : une approche fondée sur le risque, une plus grande efficacité et une meilleure coopération à l’échelle de l’Union. Pour les entreprises et acteurs concernés, c’est une chance de voir se clarifier des exigences parfois contradictoires.

Les évolutions qui s’annoncent conjuguent plusieurs objectifs. Coordonnés par les lignes directrices du GAFI, les superviseurs s’engagent dans une démarche concertée définie comme « une évolution et pas une révolution » mais qui va néanmoins substantiellement transformer tant les méthodes des contrôleurs que les règles à respecter par les acteurs supervisés dans une logique de suivi des « standards internationaux ».

La portée de la « Risk Based Approach »
La « RBA » déjà intégrée en son principe dans la 3ème Directive va prendre un tour concret et précis. Dans l’UE, les Etats-membres devront conduire des études nationales d’évaluation des risques qui seront coordonnées au niveau de l’Union. Il est même envisagé d’organiser une structure d’évaluation au niveau communautaire.

Cette analyse aura ensuite des conséquences sur le niveau et la nature de la supervision appliquée aux entités contrôlées. Sur la base de l’évaluation des risques, le contrôle des entités devra être adapté aux risques encourus. Un contrôle « sur mesure » en quelque sorte qui change la nature de la préparation.

Des risques clarifiés
Cette évolution impose qu’en amont, il soit apporté plus de précision sur la nature des risques à surveiller. La décision d’inclure bientôt les « tax crimes » parmi les motifs de déclenchement de soupçon ne fait quasiment plus aucun doute. Il en sera de même de toutes les formes de tricherie dans les jeux d’argent.

Un corpus réglementaire harmonisé
Autre préalable : la mise en cohérence de ce nouveau dispositif avec les dispositions préexistantes des autres législations applicables. Outre les questions liées à la protection des données personnelles, pour laquelle la Commission a déjà communiqué en janvier dernier les changements prévus, devraient être modifiés à l’occasion de la Directive LCB4 : la DSP 2007/64, la DME2 2009/110 et les règles applicables en matière de passeport ainsi que le règlement 1781/2006.

Des règles précisées et homogénéisées
Côté usagers des services de paiement, le seuil de 15 000 € pour les transactions ponctuelles devrait être abaissé. Le niveau de vigilance exigé lorsqu’il n’y a pas de rencontre physique avec le consommateur ne devrait plus être systématiquement renforcé mais en revanche, le niveau simplifié ne pourra jamais signifier une absence complète de vigilance. Les prestataires de services de paiement (PSP) devront formaliser leur évaluation des risques et adaptations corrélatives du dispositif en portant une attention particulière à la vérification de la réalité du bénéficiaire ultime (vigilance sur les paiements de « tierce partie »), à la recherche de transparence et aux conséquences à tirer d’une opacité persistante. Enfin, le renforcement de la coopération entre Etats et les pouvoirs ouverts aux Etats d’accueil de prescrire mesures ou sanctions multipliera pour les PSP les contraintes à intégrer.

En conclusion, la prochaine formalisation du projet de quatrième directive sur la prévention du risque d’utilisation du système financier aux fins de blanchiment des capitaux devrait bientôt clarifier les obligations imposées aux personnes assujetties et rendre le dispositif plus rationnel donc plus efficace.

Cependant, la nouvelle approche qu’elle va instaurer sera suffisamment novatrice pour requérir un effort d’adaptation significatif. En exigeant une analyse plus fine du risque et des menaces, cette approcher doit permettre une optimisation des moyens mobilisés au service de cette obligation réglementaire. La perspective doit donc en être intégrée sans tarder dans les projets d’adaptation de l’organisation interne, pour se préparer à une entrée en application prévisible en 2013.

Jean-Yves Rossi
CANTON-Consulting
www.cantonconsulting.eu

Egalement traité dans le dossier de la revue NDP-Les Nouvelles Dynamiques du Paiement 87
www.cantonconsulting.eu/edition/ndp/p1/lutte-anti-blanchiment-une-nouvelle-donne-s’annonce

> Le bilan de la 3è Directive : des lacunes à combler
> En route pour la 4è Directive anti-blanchiment
> Comment collaborer avec les professionnels du Droit ?
> Le calendrier prévisible


Experts Services de Paiement : experts du cabinet Canton Consulting, le think tank des nouvelles dynamiques du paiement

Canton Consulting

9-11, Av FD Roosevelt,
75008 Paris
www.cantonconsulting.eu

Thursday, July 5th 2012
Rate it




New comment:
Twitter
B i u  QUOTE  URL

ENGLISH
Articles & press releases are provided as is and have not been edited or checked for accuracy.
Any queries should be directed to the company issuing the press release or to the author issuing the article.
If you have a question for the author, or would like to comment on this article, use the box above. Your comment will be moderated before publication.
Your comment or question will appear below and the author or Finyear editor will be able to respond. Please note that your name will appear next to your comment (not your email).
Finyear does not offer financial advice of any kind and the opinions of authors are not necessarily those of Finyear.
By posting your comment, you agree to our acceptable use policy. If you read anything here that you consider inappropriate or offensive, please contact the adress : contact (at) finyear.com
Finyear: Daily News & Best Practices for the Finance Executives (CFO, Treasurer, Controller, Credit manager, accountant, financial executive, etc...).

The Financial Year by Finyear. Copyright Finyear 2007-2013. You may share using our article tools.
Please don't cut articles from Finyear.com and redistribute by email or post to the web without permission: contact (at) finyear.com

FRANCAIS
Les articles et les communiqués de presse sont fournis tels quels et n'ont pas été modifiés ou vérifiés.
Toute demande de renseignement doit être adressée à la société émettrice du communiqué de presse ou à l'auteur de l'article.
Si vous avez une question pour l'auteur, ou si vous désirez commenter cet article, utilisez la boîte ci-dessus. Votre commentaire sera modéré avant publication.
Votre commentaire ou question ci-dessous apparaîtra et l'auteur ou l'éditeur Finyear sera en mesure de répondre.
Veuillez noter, s'il vous plaît, que votre nom apparaîtra à côté de votre commentaire (pas votre adresse email).
Finyear n'offre pas de conseils financiers de quelque nature que ce soit et les opinions des auteurs ne sont pas nécessairement celles de Finyear.
En postant votre commentaire, vous acceptez notre politique d'utilisation et nos mentions légales.
Si vous lisez quelque chose ici que vous considérez inapproprié ou offensant, s'il vous plaît contacter l'adresse: contact (at) finyear.com
Finyear: actus quotidiennes et meilleures pratiques pour les cadres financiers (CFO, trésorier, contrôleur, gestionnaire de crédit, comptable, cadre financier, etc ..).

The Financial Year by Finyear. Copyright Finyear 2007-2013. Vous devez utiliser nos outils de partage situés sur les articles.
SVP ne coupez-pas les articles issus de Finyear.com, ne les reroutez-pas par message sur le web sans autorisation : contact (at) finyear.com

The real leader has no need to lead - he is content to point the way. - Henry Miller, The Wisdom of the Heart

Finyear Magazine


Finyear Research


Conferences & Webinars


White Papers / Livres blancs





Mo Tu We Th Fr Sa Su
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31