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Les trois crises"


Cette semaine, Nicolas Bouzou, directeur général d'Asterès, revient sur les trois facteurs à l'origine de la récession et exclut un scénario de reprise en V.




Nicolas Bouzou
Nicolas Bouzou
Les comptes trimestriels qui sont publiés actuellement nous apprennent que, dans nombre de pays développés, la récession a commencé relativement tôt et, en tous cas, avant la crise de liquidité bancaire qui a suivi la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Cette donnée est importante et éclaire d’un nouveau jour la violence de la récession actuelle. Pour simplifier, celle-ci s’avère finalement comme la résultante d’un triple choc : choc pétrolier (plus globalement, choc de prix des matières premières), éclatement de la bulle immobilière mondiale, crise financière muée en crise bancaire. Certes, l’envol des cours des matières premières, la bulle immobilière et l’essor des innovations financières ont au moins une cause commune : la faiblesse des taux d’intérêt (à court et long terme) aux Etats-Unis pendant la plus grande partie des années 2000. Mais il est remarquable que tous les effets pervers de cette politique se soient manifestés quasiment au même moment.

Il est maintenant clair que l’économie mondiale a donc subi un traumatisme proprement extraordinaire, qui exclut un scénario de reprise en V (traumatisme aggravé par le fait que la mondialisation ait créé une synchronisation internationale des cycles économiques). L’histoire a d’ailleurs montré que la reprise qui suivait une récession couplée à une crise bancaire et financière était toujours lente, du fait de la nécessité des banques de restaurer leurs ratios de liquidité et de solvabilité (ce qui passe par des restrictions de l’offre de crédits), et de la nécessité des ménages et des entreprises d’accroître leur taux d’épargne (ce qui passe par une faible demande globale).

Bien sûr, la politique économique a donné, ces derniers mois, une impulsion majeure à l’économie, mais il ne faut pas trop fantasmer sur les plans de relance, dont les effets multiplicateurs sont souvent faibles (voire inexistants) et les délais de mise en oeuvre toujours trop longs (et pas seulement en France). Ainsi, plus de 6 mois après que Barak Obama a approuvé une augmentation des dépenses publiques de près de 800 milliards de dollars, le gouvernement fédéral a mis en circulation moins de 6 % de cette somme, principalement sous forme de remboursement de dépenses sociales aux Etats.

Article publié dans Boursorama le 25 mai 2009.

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
 
 
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Mardi 26 Mai 2009
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