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Les stress tests déjà dans l’impasse


Pourquoi un bâtiment censé être sécurisé contre les risques d’incendies devrait-il faire l’objet d’un exercice d’évacuation ?




Les stress tests déjà dans l’impasse
Pourquoi le Comité Européen des Contrôleurs Bancaires (CEBS), chargé de conduire les stress tests soumis le mois prochain aux banques, devrait-il y inclure le scénario d’une dévaluation massive de la valeur de la dette grecque, alors que les régulateurs ont soutenu jusqu’ici qu’un tel événement restait tout à fait improbable ?

Même si des rénovations ont récemment été apportées à l’édifice, si un plan massif (et rassurant) de restructuration de la dette a été mis en place, il y a largement de quoi semer le doute parmi ses occupants, les opérateurs du marché. Ils se sentiront forcément moins à l’aise dans ces lieux, ou n’auront plus envie d’y investir.Au moins seront-ils peu enclins à s’acquitter du même loyer, ou de la même prime de risque.

Absurde? C’est pourtant cette interprétation que fera probablement le marché au sujet de la décision de tenir compte de l’éventualité d’un défaut souverain. Lequel pourrait dès lors être (à nouveau) perçu comme une réelle possibilité, malgré les engagements des gouvernements à la discipline budgétaire (visant à étouffer le foyer de contagion en Europe).

Le contenu des premiers documents préparatoires aux stress tests européens commence à filtrer et apporte des éléments de réponse aux principales interrogations des observateurs. Quelle sera la substance de ces mises à l’épreuve, alors que certaines autorités nationales chercheraient à occulter plusieurs scénarios pour éviter de mettre en lumière les faiblesses de leurs établissements bancaires ?

Selon l’ébauche préparatoire d’une réunion des ministres des Finances à Bruxelles les 12 et 13 juillet prochains, «une méthodologie appropriée doit évaluer la résistance des banques européennes en tenant compte de leur exposition aux dettes publiques».

On imagine de toute façon assez mal comment les tests, dont la crédibilité est déjà affaiblie par la précipitation dans laquelle ils sont préparés, pourraient ne pas inclure ce paramètre. Selon les dernières statistiques de la BRI, les banques européennes étaient globalement exposées à hauteur de 2300 milliards de dollars aux dettes grecques, italiennes, portugaises et espagnoles à fin 2009. Les exclure du scénario reviendrait à rendre ses résultats insignifiants aux yeux des investisseurs. Et ne serait d’aucune aide au rétablissement espéré de la confiance.

A peine entamée, l’esquisse de commencement du processus fait déjà apparaître une première impasse.
Les pompiers vont devoir ajuster leur itinéraire.

Par Servan Peca
Editorial du 29 juin 2010

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Dimanche 11 Juillet 2010
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