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Les sociétés familiales performent mieux !


En Europe et aux Etats-Unis, les entreprises familiales réagissent mieux à la crise que les sociétés dont l'actionnariat est dispersé dans le public. En France, des sociétés telles que PPR, Rémy Cointreau et Iliad confirment cette tendance.




Les sociétés familiales performent mieux !
On considère souvent les entreprises familiales comme endormies et peu compétitives. Pourtant, de nombreuses études en Europe et aux Etats-Unis montrent au contraire qu'elles obtiennent de meilleurs résultats et ont surperformé de +60% le marché au cours de ces 10 dernières années, de 2002 à 2012.

Les sociétés familiales performent mieux !

La famille regarde à long terme
En effet, l’obsession des marchés pour des résultats immédiats pousse trop d’entreprises non-familiales à négliger d'orienter leur stratégie sur le long terme, ce qui engendre une volatilité néfaste dans les investissements et dans les effectifs.

Au contraire, le manager d'une entreprise familiale opère à plus longue échéance et peut ainsi effectuer des investissements importants, même s’ils ont un impact négatif sur la profitabilité à court terme.
Un bon exemple d'une entreprise familiale française à succès vieille de plusieurs générations est Remy Cointreau. La société, dont l'origine remonte à 1663, a su résister à la tentation de vendre son stock de cognac – et réaliser ainsi des profits rapides – pour les laisser vieillir et bénéficier ainsi d'une position inégalée dans le très haut de gamme, avec des perspectives de croissances uniques en Asie.

Ceci est rendu possible grâce à la stabilité de l’actionnariat, mais également grâce à celle des dirigeants, puisque, le CEO d'une société familiale reste en moyenne 14 ans (contre moins de 7 ans pour les autres), ce qui assure une meilleure continuité de la vision et permet de développer une marque forte.

Les bilans sont plus solides
Les entreprises familiales ont aussi des bilans plus solides. Alors qu'un actionnaire externe vise à maximiser les bénéfices, voire à les gonfler artificiellement pour "plaire" au marché et faire ainsi monter le cours de l'action en bourse, les actionnaires familiaux cherchent le plus souvent à minimiser les impôts et adoptent donc des normes comptables plus conservatrices, avec des réserves importantes et des politiques d'amortissements rapides. De ce fait, une entreprise familiale sera moins dépendante des mouvements des marchés boursiers et pourra engager des dépenses d'infrastructure et de recherche & développement plus importantes et anticycliques.

C'est ainsi le cas de Schindler, acteur mondial incontournable dans les ascenseurs, qui se distingue par la solidité de son bilan : absence de dette, marge opérationnelle et trésorerie nette en augmentation de façon récurrente, malgré les investissements effectués et le versement de dividendes.

La flexibilité au service de la création de valeur
Le conservatisme financier des sociétés familiales est particulièrement appréciable dans les périodes troublées, non seulement du fait de la solidité supplémentaire que cela procure, mais aussi parce que leurs réserves peuvent financer des acquisitions, lorsque les conditions de crédit sont plus restrictives et qu'il est plus difficile d'obtenir des financements.

Grâce à une structure décisionnelle plus simple, les sociétés familiales sont plus flexibles et peuvent réagir rapidement pour tirer parti des opportunités d’acquisition.

En France, PPR, l’un des leaders mondiaux de l’habillement et des accessoires de luxe, du sport et du lifestyle, a su se transformer et construire un ensemble équilibré de marques. Du fait de sa structure familiale, le groupe issu de la distribution spécialisée en France a pu changer rapidement et dramatiquement de profil avec l’acquisition de Gucci en 2001, suivie par YSL et Puma, combinées avec la cession de Rexel, Conforama et CFAO.

Parmi les récents exemples d'entreprises à succès de première génération, on trouve Iliad. Fournisseur français d'accès et de téléphonie mobile sous la marque "Free", fondée par Xavier Niel en 1996 et qui atteint une part de marché de 20% dans l'accès haut débit et vient de lancer une offre de téléphonie mobile à prix cassés.

La meilleure performance des sociétés familiales ne doit pas laisser penser qu'elles sont exemptes de risques, notamment pour les actionnaires minoritaires externes. Le risque le plus évident est celui de la dépendance de l’entreprise à son fondateur ou, plus grave encore, celui de la toute-puissance du manager-fondateur qui prendrait trop de risques, favoriserait le népotisme et créerait des conflits d’intérêt pouvant nuire à la préservation des intérêts minoritaires.

L'un des atouts essentiels des sociétés familiales tient dans la préservation d'un ADN qui se transmet aux générations suivantes. Elles ont ainsi les qualités et les moyens pour continuer à surperformer le marché dans les années à venir.

Le 25 février 2013
Par Eric Bendahan, SYZ Asset Management SA, Gérant des Fonds OYSTER European Opportunities et OYSTER European Selection

Jeudi 4 Avril 2013
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