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Les responsabilités des organisations au cœur des futures recherches en management : au-delà d’un effet de mode un impératif vital


Par Philippe Callot, professeur à l’ESCEM pour le Prix Académique de la Recherche en Management




Considérant "l’enfermement planétaire" auquel nous sommes tous contraints (Lebeau, 2008), il nous semble utile de reconsidérer les modèles ou théories promettant une croissance sans fin ou plus précisément sans mesure des conséquences qu’ils supposent (Reeves, 2003). Nous sommes désormais plus de sept milliards d’habitants (octobre 2011). Cette réalité avec ses contrastes colossaux, a été partiellement occultée par les questions de crise économique et financière dans certaines régions du monde (subprime, titrisation, déficits publics des Etats…).

Plus tôt, l’émergence du développement durable (rapport Bruntland, 1987) a révélé les excès des économies développées. Cela a bouleversé les codes établis et perturbé les fondamentaux managériaux. Le triptyque des variables économique, sociétale et environnementale s’est ainsi imposé, au cours de ces vingt cinq dernières années, comme la nouvelle référence. Les termes de responsabilité sociétale des entreprises puis des organisations sont apparus. Ils supposent des modifications profondes dans les approches managériales (éthique, valeurs…) et les attitudes comportementales (consom’acteurs) tant du côté de l’offre que du côté de la demande.

La post industrialisation du XXe siècle matérialise, de par ses empreintes écologiques, en occident tout du moins, les mutations nécessaires. L’accélération des phénomènes et ses conséquences (Rosa, 2010), induit des contingences de situations voire une variété de solutions. C’est la nécessité du changement, celle de ne plus pratiquer le business as usual mais au contraire d’innover en permanence afin de trouver de nouveaux espaces stratégiques (Kim et Mauborgne, 2008).

Comment la recherche en management peut-elle s’émanciper du passé et de concepts vieillissants au vu des changements climatiques, économiques, géopolitiques… ? Dans son documentaire phare H. Védrine évoque les trois grands défis auxquels la recherche doit répondre : le "compte à rebours écologique", l’économie dénommée "casino" et les incertitudes démographiques. Nous retrouvons, sous une forme différente, les trois volets du développement durable. Se pose alors la question des responsabilités individuelles (chacun de nous) et collectives (les organisations). Nous parlons de responsabilité sociétale des organisations (norme ISO 26000, 1er novembre 2010). Nous y englobons, et l’enseignement du management devrait faire de même, les responsabilités climatique, environnementale et économique (schéma 1).

Schéma 1 : l’organisation face aux pôles des responsabilités

Les responsabilités des organisations au cœur des futures recherches en management : au-delà d’un effet de mode un impératif vital

Des recherches émergent aujourd’hui autour de ces différents "pôles". Par exemple la comptabilité offre des perspectives de recherche intéressantes au titre de compléments rendus nécessaires par les mutations écologiques et environnementales. La prise en compte du social, de l’environnement, du sociétal et du mode de gouvernance comme compléments à la comptabilité "classique" tracent des perspectives soutenables de recherches. Sur d’autres fonctions, en logistique comme en production, les externalités liées aux gaz à effet de serre, devraient permettre via un bilan carbone® par exemple de revoir les choix stratégiques établis, les mobilités des acteurs. Les recherches à venir devraient également permettre d’intégrer la question de l’empreinte écologique (Rees et Wackernagel, 1996) afin d’optimiser les choix des constructions, la réutilisation de friches, l’optimisation du recyclage, par exemple. Les ressources humaines, bien évidemment, devraient faire l’objet de travaux conséquents (diversité, VAE, coopération…) et suivre l’exemple de ce qui est entrepris pour l’économie qualifiée de solidaire (Laville, 2007).

L’organisation devra, via son management et dans le contexte décrit précédemment, intégrer les quatre pôles du schéma proposé dans ses actes. La recherche en management devrait, dans un contexte de soutenabilité, orienter ses travaux autour de ces axes prometteurs. Elle participerait aux défis annoncés et favoriserait l’émergence de solutions aux questions de ce monde déséquilibré. De grands progrès indéniables sont ainsi prévisibles dans la perspective d’une démographie soutenue, avec les changements climatiques connus et une solidarité économique espérée. C’est le sens mêmes des responsabilités ou obligations du management pour le XXIe siècle.

Le Prix Académique de la Recherche en Management :
http://www.facebook.com/pages/Prix-académique-de-la-Recherche-en-Management/170091986429508

Vendredi 13 Avril 2012
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