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Les paysans, ces visionnaires…


Réputée sclérosée et archaïque, l’agriculture commence tout juste à réinventer son modèle économique. L’enjeu, pour les investisseurs, est d’identifier les acteurs en mesure de forger une véritable vision de leur secteur, de réinventer son modèle et d’en extraire une valeur aujourd’hui assoupie, comme l’agriculture est en train de le faire sous nos yeux.




Le monde change vite. Plus vite, en tout cas, que la perception que nous en avons, que nous soyons investisseurs professionnels ou simples citoyens. Trop habitués à scruter des évolutions conjoncturelles à court terme et des sauts technologiques trop vite obsolètes, nous omettons d’intégrer dans nos réflexions des mutations pourtant spectaculaires qui se déroulent sous nos yeux. Prenons un exemple parmi les plus significatifs : l’agriculture. Polluant pour les sols, irrespectueux de la santé des consommateurs, inadapté à la demande, sous la perfusion permanente des contribuables… Ce secteur fait les frais d’un faisceau convergent de critiques qui cache une réalité bien plus favorable, voire exaltante.

Un débat caricaturé qui cache un changement de modèle
A la croisée des recherches en génie génétique et en nano-technologiques, les denrées agricoles sont aujourd’hui sommées de se substituer aux autres matières premières en voie d’épuisement, notamment dans les bioplastiques et les biocarburants. Un surplus de demande industrielle en perspective qui s’ajoutera à une demande alimentaire mondiale dont on sait qu’elle explosera dans les années à venir, compte tenu de facteurs démographiques et sociologiques toujours plus pressants. En dépit d’une image durablement écornée, l’agriculture recèle donc plus de valeur à long terme que n’importe quel autre secteur économique… pour peu que son modèle économique soit réinventé. Bien conscients de cette réalité, certains pays ont mis en place des environnements logistiques, fiscaux et règlementaires propices à l’émergence d’acteurs forts à même de réinventer la filière, et d’en extraire de la valeur.

Chef de file mondial dans la production de plantes oléagineuses et de céréales et promoteur d’une bio-industrie à l’avant-garde, le Canada commence ainsi à tirer des profits économiques juteux de ses choix stratégiques passés. Il convient donc de sortir des oeillères d’un débat stérile trop souvent caricaturé entre les tenants d’une agriculture intensive et les hérauts du bio à tous crins. Entre les deux, c’est l’ensemble du secteur qui se réinvente, dans l’attente d’une réorientation massive des flux d’investissement (en substitution des subventions publiques).

La création de valeur n’appartient pas à un seul secteur
Cette nouvelle réalité est riche d’enseignements, pour les investisseurs. Car en réalité, ce que certains visionnaires parviennent à appliquer à un secteur primaire réputé sclérosé peut et doit être inventé dans tout le reste de l’économie. La création de valeur n’appartient pas à un seul secteur, fût-il incontournable: internet hier, énergies renouvelable aujourd’hui, nanotechnologies demain. Bien au contraire. Des filières considérés en pointe peuvent en effet être attaqués de toutes parts et sombrer dans un environnement déflationniste suicidaire, comme par exemple l’électronique grand public ou l’aéronautique. Tous les secteurs, à un moment ou à un autre, seront donc confrontés à une obsolescence de leur modèle. L’agriculture aujourd’hui, l’économie dans son ensemble demain. L’enjeu, pour les investisseurs, est d’identifier les acteurs en mesure de réinventer celui-ci sur le long terme, d’y appliquer une véritable vision et d’en extraire une valeur aujourd’hui assoupie. C’est donc moins de hiérarchie sectorielle dont les investisseurs ont besoin, mais d’une grille de lecture qui s’attache à identifier ces exceptions dans chaque secteur de l’économie. Non pas en excluant des secteurs a priori, mais en cherchant qui est en mesure d’en dépasser les modèles économiques dominants. S’ils parviennent à dépasser leurs contradictions, les agriculteurs pourraient nous montrer la voie. Le bon sens paysan au secours de l’analyse microéconomique.

Par Delubac Asset Management


Dimanche 24 Janvier 2010
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