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Les marchés émergents touchés par la crise économique


La crise économique se mondialise et risque d'augmenter les défauts de paiement.




Les marchés émergents touchés par la crise économique
Les prévisions de croissance du PIB ont été revues à la baisse aux Etats-Unis et dans les pays de l'UE. Selon le FMI, la croissance économique américaine devrait chuter à 0,1 % en 2009. Les Etats-Unis représentant toujours 21,3 % du PIB mondial, les pays émergents et en voie de développement ne pourront pas éviter les répercussions de la récession outre-Atlantique. Baisse des prix des matières premières et du volume des exportations, faible niveau de confiance, instabilité des marchés boursiers et, parfois, perturbations politiques; la crise économique s'étend au monde entier.

Effondrement des prix des matières premières...

Les sombres perspectives économiques ont entraîné une chute sans précédent des prix des matières premières. En juillet 2008, le baril de pétrole brut coûtait 147 dollars et le 27 octobre dernier, il se vendait à 61 dollars. Les coupes drastiques dans la production (-1,5 million de barils par jour) annoncées par les pays de l'OPEP n'ont pas permis de renverser la tendance. Cette évolution représente un véritable défi pour des pays comme l'Equateur, l'Iran, le Venezuela et la Russie qui basent leurs politiques sur les prix élevés du pétrole.

La crise économique se fait également ressentir au Moyen-Orient : les places boursières ont chuté, les banques régionales sont confrontées à la dégringolade du secteur financier américain et aux instabilités qui règnent sur le marché immobilier de Dubaï. Néanmoins, les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) devraient être en mesure de juguler la crise. La plupart d'entre eux ont créé des coussins financiers et utilisé des prix pétroliers indicatifs prudents dans leurs prévisions budgétaires. En outre, lors de la reprise économique mondiale, les prix de l'énergie risquent d'augmenter à nouveau en raison des contraintes d'approvisionnement qui ne disparaîtront pas du jour au lendemain. D'après l'Agence internationale de l'Energie, le prix du baril sera supérieur à 100 dollars entre 2008 et 2015.

Les fluctuations sans précédent du cours du pétrole ne constituent pas un événement isolé. En effet, après la chute exceptionnelle des prix du cuivre, les signes d'augmentation des ventes de maisons aux Etats-Unis ont fait monter le prix des contrats à terme sur le cuivre de 7 % en un jour. Les produits agricoles de base et les produits alimentaires sont également en-deçà de leur niveau maximum. La baisse importante des prix des produits agricoles a créé des besoins financiers imprévus en Argentine, ce qui explique probablement la décision du Président de privatiser les fonds de pension.

... plusieurs pays émergents en difficultés

Tandis que les Etats-Unis et l'UE se dirigent vers une récession, les prévisions se dégradent rapidement pour bon nombre de pays émergents. Pour la première fois en plusieurs années, l'Amérique latine doit s'attendre à un déficit de la balance de paiements. De plus, la croissance du PIB pour l'ensemble de la région pourrait également chuter en 2009 sous de la barre de 3 %. Au Mexique, les envois de titres ont déjà nettement diminué et, la banque centrale se voyant contrainte de soutenir le peso mexicain, les réserves en devises ont fondu. La confiance se dégrade également au Brésil. L'indice boursier brésilien a enregistré une baisse substantielle et les grands projets d'investissement ont été reportés.

De même, la Bourse d' Afrique du Sud a essuyé de lourdes pertes. La croissance économique devrait baisser à 3 %. Dans ces circonstances, il sera plus difficile de combler le déficit croissant de la balance des paiements. Les envois de titres, les subventions et les financements privés, y compris les investissements directs étrangers, devraient se tarir dans plusieurs pays africains, entraînant un manque de financement et ce, malgré la réduction des coûts d'importation du carburant et des denrées alimentaires.

Certaines prévisions de croissance pour la Chine, où les exportations vers les Etats-Unis représentent environ 20 % des exportations totales, sont désormais inférieures à 8 % pour 2009. La croissance annuelle du PIB en Inde devrait ralentir et atteindre environ 7 % pour la même période. Même si ces taux de croissance restent favorables, ils peuvent entraîner de graves conséquences pour ces deux pays et l'ensemble de la région. Le commerce intérieur asiatique risque de se dégrader en raison de la baisse de la demande chinoise.

Les chantiers navals asiatiques font face à des annulations de commande et à des problèmes de financement. La crainte d'une contagion financière et les réactions lentes des pouvoirs publics ont relancé les spéculations concernant le won sud-coréen. La situation est particulièrement catastrophique au Pakistan (voir ci-dessous) en raison des turbulences mondiales qui se sont ajoutées aux tensions politiques nationales.

Toutefois, la plupart des pays qui ont dû compter sur les fonds (d'urgence) du FMI se trouvent en Europe. Les déficits malsains de la balance de paiements et la perte de confiance des investisseurs ont assombri l'avenir économique des pays émergents d'Europe comme l'Ukraine (voir ci-dessous) et la Hongrie, qui sont les exemples les plus frappants. La Biélorussie a également fait appel au financement du FMI et la Turquie envisage une nouvelle intervention de l'institution internationale.

Lorsque des problèmes internes aggravent la crise...
Exemples de l'Ukraine, du Pakistan et de la République démocratique du Congo

Ukraine : le risque d'un véritable marasme

L'Ukraine semble être le marché émergent le plus vulnérable face à une crise en pleine expansion. Outre d'énormes besoins financiers externes, un système financier sous-développé, une devise menacée et l'inflation la plus élevée d'Europe, l'Ukraine se bat pour surmonter une impasse politique. Devant l'accumulation de tous ces facteurs, la capitulation du pays face à ses obligations à court terme n'était qu'une question de temps. Le prêt substantiel du FMI (16,7 milliards de dollars) annoncé fin octobre a été approuvé. Il représentait la seule issue viable pour résoudre les problèmes à court terme du pays.

L'aide du FMI permettra de tester la capacité décisionnaire politique, car sans mesures de réforme structurelle cette aide n’est que pur gaspillage. L'orthodoxie budgétaire sera particulièrement difficile, les dépenses sociales devant être réduites alors que les élections générales et présidentielles approchent et que le populisme gagne du terrain. Quoi qu'il en soit, l'Ukraine est au pied du mur, confrontée aux menaces qui pèsent sur sa devise et à une économie au bord du gouffre.

Pakistan : la crise économique empire et le risque de non-paiement de la dette extérieure est réel
Le Pakistan est confronté à une grave crise économique après qu’une succession d'événements internes et externes se soit détériorée. Dans un contexte d'instabilité politique et d'insécurité croissante, le climat économique s'est dégradé lorsque l'envolée des prix pétroliers a conduit à un niveau d’inflation à deux chiffres, augmentant considérablement le prix des importations de pétrole brut. Associé à un ralentissement des exportations, le déficit de la balance des paiements a doublé en un an. Son financement semble de plus en plus complexe étant donné l'exode de capitaux des investisseurs qui n'ont plus confiance en une économie dépendant largement des capitaux étrangers. Par conséquent, les réserves en devises ont chuté à un niveau de couverture des importations d’un mois et demi seulement. La crise financière mondiale et le resserrement des conditions de crédit touchent également la roupie, en déclin constant depuis janvier. Les autorités pakistanaises recherchent actuellement une assistance multilatérale et bilatérale, dont les prêts du FMI.

Face aux sorties massives de capitaux conduisant à une diminution rapide des réserves en devises et à la chute de la roupie, les perspectives économiques ne sont pas réjouissantes. Le Pakistan a besoin d'une aide d'urgence pour financer une partie de ses importations et éviter le non-paiement de la dette étrangère. L'intervention du FMI semble inévitable.

République démocratique du Congo (RDC) : les rebelles avancent dans l'Est du Congo
Un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Adolphe Muzito a été nommé par le Président Joseph Kabila. Des nouveaux postes ont été créés, mais Martin Kabwelulu est toujours Ministre des Mines. D'autres ministères importants, comme celui des finances, restent également inchangés. En attendant, le pays connaît une nouvelle escalade de la violence malgré les accords de paix. Le CNDP, le parti du général rebelle Laurent Nkunda qui contrôle plusieurs villages du Kivu, a annoncé qu'il allait attaquer Goma, la capitale du Nord-Kivu.

La guerre va probablement retarder des réformes économiques plus que nécessaires et détourner les ressources déjà peu abondantes. Dès lors, outre la crise humanitaire qui touche le Kivu, c'est la reprise économique de l'ensemble du pays qui est en jeu.

Conclusions
Mis à part les pays du CCG qui devraient être en mesure de surmonter ces turbulences, la crise économique se mondialise. L'aide publique des institutions financières et l'assouplissement de la politique monétaire aux Etats-Unis et dans l'UE peuvent quelque peu contenir la crise économique mais, visiblement, celle-ci a déjà contaminé les marchés émergents. Cette crise sera vraisemblablement plus importante que les dernières récessions économiques (d'après-guerre) et la reprise prendra du temps. En d'autres termes, l'on peut s'attendre à une augmentation dans un futur proche des défauts de paiement.

www.ducroire.be

Mardi 25 Novembre 2008
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1.Posté par SHIKA le 17/03/2009 18:25 | Alerter
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'la croissance du PIB devrait également chuté' - phrase aberrante pour un économiste ! Dans ce cas on ne parle pas de croissance mais de décroissance de l'ordre de XXX, ou alors de repli de la croissance. C'est dommage d'entacher un article si bien ficelé par des incohérences de ce genre.

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