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Les marchés asiatiques et en particulier, la Chine, ont-ils été survendus ?


Les marchés actions asiatiques ont connu une année 2008 difficile, ayant été impactés injustement par la crise financière provenant de l’Europe et des Etats-Unis. Bien évidemment, lorsqu’il s’agit de crises financières, l’Asie a des antécédents et les investisseurs s’en souviennent. Cette fois cependant, la région aurait dû être épargnée par la baisse globale.




Durant les cinq à dix dernières années, l’Asie s’est employée à mettre en place de bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise, à établir une politique monétaire cohérente et à ouvrir son économie. Nous pensons que la situation est différente de ce que l’on a pu observer précédemment et les leçons du passé ont été retenues.

Les banques asiatiques sont-elles survendues ?
En dépit de sa récente sous-performance et des incertitudes des marchés quant aux bénéfices futurs, le secteur bancaire asiatique semble bien plus sain par rapport au reste du monde, à quelques exceptions près. La raison à cela est que l’Asie n’a pas eu à faire face à de nombreux problèmes de liquidités associés à la crise du crédit. Les banques américaines et britanniques ont prêté bien au-delà de leur niveau de dépôts en comptant sur le marché du crédit pour se financer, ce qui s’est avéré mal avisé, coûteux et finalement catastrophique.

Le marché australien ressemble de près au système bancaire britannique, mais pour les autres pays asiatiques, les dépôts couvrent largement les prêts, de telle façon qu’il n’y a pas de problème de liquidité majeur.

De plus, l’Asie n’a pas connu de boom du crédit ni d’inflation massive du prix des actifs (les prix de l’immobilier aujourd’hui à Hong Kong sont toujours inférieurs à ceux de 1997), ce qui réduit le besoin de provisionner davantage. Malgré cela, les valeurs bancaires ont été massivement vendues sur les marchés en raison du sentiment général qui règne sur le secteur.

Bien qu’il y ait eu des révisions de bénéfices à la baisse dans la région, les diminutions de dividendes ont été faibles et peu nombreuses, ce qui explique pourquoi la performance des titres à fort dividende a été plus solide en Asie qu’ailleurs. Il est fort probable que la croissance des dividendes résiste encore. Cela doit en être ainsi, étant donné que durant les 20 prochaines années, près de 40% de la population asiatique sera âgée de 60 ans ou plus. Les indicateurs démographiques à long terme indiquent que la région sera de plus en plus dépendante des actions à fort rendement pour soutenir la population en retraite.

La Chine, le principal moteur ?
Parmi les marchés asiatiques, le marché chinois est celui qui présente le plus d’opportunités. Nous savons tous que la Chine bénéficie d’une histoire macroéconomique forte et que ce pays sera certainement le principal moteur de la croissance globale durant les 10 à 20 prochaines années. La question pour les gérants de fonds est, et a toujours été : Combien sommes nous prêts à payer pour cette croissance ?

Le marché chinois a été largement survalorisé au cours des récentes années mais cela a totalement changé au cours des derniers mois. C’est pourquoi nous surpondérons largement la Chine au sein du fonds Henderson Horizon Asian Dividend Income Fund. Le marché Chinois est quasiment 80% en dessous de son plus haut niveau, les valorisations sont passées de 25 à moins de 10 fois les bénéfices, soit les niveaux observés durant la crise de 1997. Il est désormais possible de trouver des sociétés de qualité, avec un bon positionnement et de bonnes perspectives, qui étaient autrefois trop chères mais qui sont aujourd’hui accessibles aux investisseurs.

La Chine est-elle toujours aussi dépendante des exportations ?
La croissance de la Chine a été tirée vers le bas par le reste du monde. Durant les trois dernières années, les exportations nettes ont contribué de façon significative à une croissance du PIB à deux chiffres mais cette contribution pourrait bien être négative en 2009 et 2010.

Les autorités chinoises sont conscientes de la situation et se sont employées à développer un programme d’investissement domestique afin de compenser le ralentissement des échanges mondiaux.

Ces initiatives gouvernementales se concentrent sur la réduction des taux d’intérêt et sur les dépenses en infrastructure. Celles-ci devraient avoir un impact d’ici un ou deux trimestres ; cet impact (7% du PIB devrait être dépensé dans l’infrastructure durant les deux prochaines années) devrait donner l’impulsion nécessaire à la croissance au cours du second semestre 2009. En prenant en compte que la croissance de la consommation doit progresser sur les mêmes niveaux qu’en 2008, la combinaison des dépenses d’investissement et la consommation devraient permettre d’atteindre une croissance du PIB de 8%, même avec une contribution nulle des exportations.

La Chine s’est diversifiée davantage en termes d’exportations. Elle se concentre moins sur la consommation des principaux marchés et exporte plus vers les marchés émergents et le reste de l’Asie. Si vous êtes un distributeur mondial (par exemple Wal-Mart, Dell ou Gap) et que vous anticipez une récession, vous allez chercher à réduire vos coûts au maximum. La Chine, en tant que producteur ayant les coûts les plus bas, devrait bénéficier de cette tendance et continuer à augmenter sa part de marché. Bien que l’impact du ralentissement mondial ne doit pas être sous estimé, les économies et les entreprises asiatiques sont mieux préparées pour y faire face que lors des deux dernières récessions.

Les valorisations en Asie sont aujourd’hui attractives et les incertitudes qui planent sur les marchés actions devraient permettre de trouver de nouvelles opportunités, notamment en Chine.

Par Mike Kerley, Gérant Asie de Henderson Global Investors

Mike Kerley gère le fonds Henderson Horizon Asian Dividend Income Fund ainsi que le Henderson Far East Income Limited Investment Trust. Mike fait partie de l’équipe Pan-asiatique qui compte 10 personnes et gère plus de $ 2,1 Milliards (à fin septembre 2008).

Fondé en 1934, Henderson Global Investors est un des acteurs majeurs de la gestion d'actifs en Europe et offre une large gamme de produits d’investissement et de services à ses clients institutionnels en Asie, Europe et aux Etats-Unis. Gestionnaire d'actifs indépendant et coté sur les bourses de Sydney et de Londres, Henderson gère environ 51,2 milliards d'Euros d’encours au 31 décembre 2008 et emploie plus de 900 collaborateurs à travers le monde. Nos équipes de gestion investissent dans les principaux marchés mondiaux et sur toutes les classes d'actifs : action, obligation, immobilier direct et indirect, capital investissement, gestion éthique, CDO et Hedge Funds. Henderson se distingue plus particulièrement par sa gestion active, une expertise éprouvée en gestion alternative ainsi qu’un savoir-faire reconnu en investissement socialement responsable.

www.henderson.com

Mercredi 11 Février 2009
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