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Les investisseurs doivent s'attendre à un retour brutal de l'inflation


Andrew Wells, responsable mondial des investissements en produits de taux de Fidelity : avec la détérioration des perspectives de croissance mondiale, nombreux sont ceux qui appellent à de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif, les investisseurs ne sont pas assez préparés à un retour brutal de l'inflation, les investisseurs doivent étudier attentivement les indices de référence utilisés par leurs gérants d'actifs, l'exposition au secteur financier et à certains titres de dette souveraine représente un risque important.




Ces derniers jours, les actions américaines et mondiales se sont redressées dans la perspective du discours de Ben Bernanke vendredi dernier au symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming. Malgré l'absence d'annonce d'un nouveau plan de relance de la FED, les marchés ont rebondi.

Andrew Wells, Responsable mondial des investissements en produits de taux chez Fidelity International, évoque les appels à de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif, les risques sur les marchés des changes et la possibilité d'un retour brutal de l'inflation.

Contexte et craintes de détérioration

Les derniers évènements ont ébranlé la confiance, et même si l'économie mondiale n'est pas en récession, la probabilité d'une telle issue s'est nettement accrue. Dernièrement, les rendements des bons du Trésor sont brièvement passés sous la barre des 2 %, ce qui témoigne du niveau d'anxiété des opérateurs. Pour l'heure, il est vital de maintenir une liquidité importante et d'effectuer une sélection soigneuse des titres de crédit. Sans surprise, avec la confirmation du ralentissement mondial, plusieurs voix se sont élevées pour en appeler à de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif. Toutefois, la barre est maintenant beaucoup plus élevée que lors des dernières phases de relance : les anticipations d'inflation progressent et les investisseurs commencent à s'interroger sur l'efficacité de nouvelles mesures, dans la mesure où les économies développées sont déjà inondées de liquidités.

On reproche aux politiques d'assouplissement quantitatif de contribuer à la dépréciation des devises des pays développés et de provoquer des distorsions importantes sur les marchés des changes. Si la Chine parvient à contenir artificiellement l'appréciation du renminbi pour pallier ces déséquilibres, le Brésil, au contraire, voit le taux de change du réal flamber. Certains craignent de plus en plus une véritable guerre des devises, notamment des pays comme le Brésil, qui ne cachent plus leur mécontentement. Effet collatéral évident, la flambée des prix des matières premières, dont l'impact inflationniste s'exporte désormais aux économies développées.

Retour de l'inflation ?

Pour ma part, je suis particulièrement inquiet d'un retour brutal de l'inflation. Le fait alarmant est que beaucoup d'investisseurs ne sont tout simplement pas préparés à une telle issue. Sur la plupart des marchés financiers, la liquidité se raréfie soit à la suite du Dodd Frank Act, soit parce que les banques assainissent leurs finances à l'aune de la dégradation des perspectives économiques. Les investisseurs doivent impérativement effectuer une sélection rigoureuse parmi les obligations financières, en privilégiant les meilleurs émetteurs et des tranches de capital qui ne soient pas trop exposées à d'éventuels besoins en recapitalisation.

Actions de la BCE et effets

En Europe, il ne fait aucun doute que le sentiment de marché est toujours défavorable dans les pays cœur, car l'action des politiques et la réponse des établissements financiers sont jugées inadéquates. Pourtant, la BCE fait tout son possible pour stabiliser les marchés obligataires européens : au total, ses achats de dettes souveraines se sont montés à près de 36 milliards d'euros pour compresser les rendements à 10 ans espagnols et italiens à 5 %. Ces interventions ont été très visibles, l'institut d'émission procédant à des achats quotidiens de titres. À la différence des précédents programmes d'acquisition de dette (grecque, irlandaise et portugaise), la BCE n'a pas imposé de conditions à l'Italie et à l'Espagne. De plus, ces achats d'actifs ont été stérilisés, ce qui signifie que la BCE ne les finance pas en créant plus d'euros.

Certains auraient aimé que la Banque en fasse plus ; pour ma part, j'estime qu'elle a déjà déployé tous les efforts possibles pour stabiliser les marchés. Il faut noter que l'Europe s'est également dotée de dispositifs à plus long terme. Des discussions sont déjà en cours pour étendre les pouvoirs du Fonds européen de stabilité financière (FESF), véhicule ad-hoc créé pour préserver la sécurité financière dans la zone euro. Le FESF est déjà intervenu pour financer le sauvetage de plusieurs pays périphériques en émettant des obligations AAA, démarche que certains ont assimilée à un premier pas vers la consolidation budgétaire.

Toutefois, ceux qui espéraient l'annonce d'un programme d'euro-obligations ont été déçus. Personnellement, je pense que cela aurait été une erreur. Le problème est qu'un programme centralisé ne tiendrait pas compte des différences économiques structurelles entre les États et qu'il ne résoudrait pas les déséquilibres budgétaires actuels. Nous pourrions aboutir à une hausse des coûts de l'emprunt dans les pays cœur couplée à un financement moins cher pour la dette périphérique. La zone euro doit d'abord résoudre ses difficultés budgétaires.

Ces incertitudes ont entraîné un repli en masse sur les titres refuge que sont les obligations souveraines de qualité et les métaux précieux. En Europe, cette tendance a bénéficié aux pays cœur, parfois au détriment de la périphérie. Sur les marchés du crédit, les obligations financières ont sous-performé, mais les autres secteurs ont permis de redresser la balance. Sur les marchés du haut rendement, affaiblis par l'aversion pour le risque, les gérants peuvent maintenant identifier des opportunités attrayantes.

Allocation d'actifs

L'allocation d'actifs joue un rôle de plus en plus important dans l'investissement obligataire, alors que l'économie mondiale est entrée dans une configuration à deux vitesses. Malgré le déclassement des États-Unis par Standard and Poor's, les bons du Trésor offrent une liquidité et une diversité considérables. Le marché obligataire américain est toujours le plus vaste et le plus liquide au monde. Les marchés de taux asiatiques présentent des opportunités exceptionnelles, dans la mesure où la croissance du PIB régional est nettement supérieure à celle des États-Unis ou de l'Europe. Vu la solidité actuelle des fondamentaux du crédit corporate et souverain en Asie, toute stratégie de diversification en faveur de la région serait bénéfique. Malgré de possibles inquiétudes entourant le ralentissement de la croissance, les risques souverains et les déséquilibres sur les marchés des changes, les investisseurs peuvent toujours profiter d'une exposition diversifiée et d'une sélection soigneuse des titres de crédit.

Indices à surveiller

À plus long terme, il est conseillé d'étudier attentivement les indices de référence sur lesquels sont basés les processus d'investissement, car la notion d'actifs sans risque n'existe plus. Les investisseurs doivent se méfier particulièrement d'une exposition excessive à des États et des sociétés financières dont le bilan est critique ou se détériore.

La composition actuelle des indices internationaux pourrait exposer sensiblement les portefeuilles à la hausse des besoins de financement de ces émetteurs. Aujourd'hui plus que jamais : « on ne prête qu'à ceux qui n'en ont pas besoin ». Les investisseurs doivent privilégier les gérants obligataires qui recourent à des recherches fondamentales minutieuses pour identifier différentes sources de performance : cette approche multi-stratégie permet de répartir le risque sur l'ensemble des valeurs.

Fidelity International fournit des produits et solutions d'investissement à destination des particuliers et des professionnels en Europe et en Asie. Créé en 1969, le groupe compte près de 5400 salariés établis dans 23 pays et gère 176,2 milliards d'euros d'actifs au 30 juin 2011. Fidelity gère en direct plus de 7 millions de comptes clients. Les équipes de gestion proposent plus de 750 fonds actions, produits de taux, immobiliers et d'allocation d'actifs. Fidelity dispose de l'une des plus grandes équipes internes d'analystes du monde qui lui permet de couvrir 95% de la capitalisation mondiale. En France Fidelity exerce une activité de gestion locale et une activité de commercialisation de solutions d'investissement, SICAV et fonds dédiés. La structure française de gestion, FIL Gestion, couvre les fonds d'allocation d'actifs et les fonds actions ainsi que des mandats dédiés pour les institutionnels. Les activités de gestion sont assurées par 4 gérants. Les équipes de commercialisation distribuent des SICAV dans le cadre d'une activité multi-canal qui s'adresse aux distributeurs tels que les conseillers en gestion de patrimoine, les compagnies d'assurance et les banques, ainsi que les acteurs institutionnels, sélectionneurs de fonds, caisses de retraite. Fidelity commercialise également directement aux particuliers Fidelity Vie, un contrat d'assurance vie.FIL Limited ("FIL") et ses filiales fournissent aux principaux marchés du monde des produits et des services d'investissement destinés aux particuliers et aux investisseurs institutionnels hors Etats-Unis. L'organisation FIL gère un total de 176,2 milliards d'euros d'actifs. (Source : Fidelity au 30.06.11). CP 201189. Publié par FIL Investissements, 29 rue de Berri, 75008 Paris.

FIL Investissements
fil.com

Mercredi 7 Septembre 2011
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