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Les entreprises du CAC 40 préservent la valeur de leurs actifs incorporels dans les comptes 2008...


...mais l’amplification de la crise économique restera-t-elle sans effet en 2009 ?




Les entreprises du CAC 40 préservent la valeur de leurs actifs incorporels dans les comptes 2008...
Alors que les normes comptables IFRS se retrouvent régulièrement au banc des accusés de la crise, PricewaterhouseCoopers publie les résultats de son étude annuelle sur la communication financière des sociétés du CAC 40 sur l’application de la norme IAS 36 relative aux dépréciations d’actifs non financiers. Fin 2008, les marchés anticipaient des charges de dépréciation importantes ; finalement, le recours à la valeur d’utilité qui, selon la norme IAS 36, se fonde sur la rentabilité des actifs sur le long terme pour le groupe, a permis de limiter les pertes de valeurs dans les comptes consolidés de 2008. Son application a également conduit les sociétés à plus de transparence, pour justifier le maintien de valeurs comptables souvent supérieures aux valeurs boursières. Selon PwC cependant, avec l’amplification de la crise économique au 1er semestre 2009, les valeurs d’utilité pourraient encore baisser, et les entreprises pourront difficilement faire l’impasse sur une revue des valeurs au 30 juin 2009. Il n’est alors pas certain que les valeurs comptables puissent être maintenues encore longtemps…

Près de 500 milliards d’euros d’actifs incorporels résistent à la crise en 2008
La somme des actifs incorporels des sociétés du CAC 40 représentait environ deux tiers de leurs capitaux propres en 2008, soit près de 500 milliards d’euros, dont plus de la moitié constitués par des goodwills. Si le montant des charges de dépréciation d’actifs non financiers a quasiment doublé en un an, passant de 6,3 milliards d’euros en 2007 à 12,4 milliards en 2008, ces chiffres doivent toutefois être nuancés : environ les deux tiers de cette somme ont été comptabilisés par 3 sociétés seulement, chacune ayant enregistré des dépréciations supérieures à un milliard d’euros. Au final, les charges de dépréciation ont représenté environ 2% de la valeur des actifs. Au regard de l’évolution du CAC 40, cette perte de valeur comptable est faible, montrant bien l’effet d’amortisseur de la norme IAS 36.

Alors que des charges de dépréciation importantes étaient attendues au 31 décembre 2008, l’application de la norme IAS 36 sur les actifs non financiers a permis aux entreprises du CAC 40 de limiter les pertes de valeur en introduisant le long terme dans l’évaluation des actifs. En effet, cette norme permet le recours à la valeur d’utilité, qui évalue les actifs non financiers à l’échelle du groupe et dans une perspective de long terme.

Vers une révision des valeurs au 30 juin 2009 ?
À quelques semaines de la publication de leurs résultats semestriels, les entreprises intégreront nécessairement les effets de la crise et les incertitudes sur sa durée et son ampleur dans leurs business plans. « Nous ne sommes pas à l’abri de surprises au 30 juin 2009. Les dirigeants disposent maintenant de recul sur l’impact de la crise dans leur société et ne pourront faire l’impasse sur l’affinage de leurs projections pour le 2nd semestre 2009 », analyse Françoise Gintrac, associé responsable du département Evaluation et Stratégie de PwC.

La norme IAS 36 impose de réaliser un « test » des actifs non financiers, le « test d’impairment ». Il doit être effectué au moins une fois par an pour les actifs incorporels, et également lorsque survient un indice de perte de valeur. La valeur comptable des actifs est alors comparée à leur valeur recouvrable. Compte tenu du contexte actuel, des tests d’impairment sont à prévoir par les entreprises au 30 juin, afin de donner une information financière la plus exacte possible et d’anticiper les ajustements de valeurs. « La vision du management au 31 décembre 2008 n’intégrait sans doute que partiellement les effets de la crise, qui s’est réellement transformée en crise économique en 2009. De nombreuses sociétés présentent déjà de faibles marges de manœuvre. Ces sociétés pourraient avoir de plus en plus de difficultés à justifier dans leurs comptes 2009 des écarts significatifs entre les valeurs d’utilité retenues et des capitalisations boursières durablement faibles », commente Isabelle Cros, directeur au sein du département Evaluation et Stratégie de PricewaterhouseCoopers.

Un nécessaire accroissement de la transparence en période d’incertitude économique
Dans l’ensemble, l’information financière fournie par les sociétés étudiées sur l’application de la norme IAS 36 est plus complète en 2008 que par le passé. « Les fortes incertitudes de l’environnement économique ont poussé les sociétés à davantage de transparence pour justifier les valeurs retenues dans le cadre des tests de dépréciation des actifs au 31 décembre 2008. L’objectif principal est de rassurer le marché », analyse Isabelle Cros.

Les sociétés ont ainsi expliqué les hypothèses et options retenues permettant de justifier le maintien des valeurs comptables, pour certaines supérieures aux valeurs boursières. Elles ont également présenté des analyses de sensibilité permettant de quantifier les incidences comptables de l’évolution de certaines hypothèses : 27 sociétés du CAC 40 ont présenté des analyses de sensibilité en 2008, contre 14 en 2007.

Toutefois, les entreprises doivent encore fournir des efforts pour présenter des états financiers intégrant les incertitudes inhérentes à leur activité, en particulier en temps de crise : « Compte tenu de la conjoncture économique et du constat des premiers effets de la crise fin 2008, nous nous attendions à une information plus détaillée, notamment du côté des analyses de sensibilité qui permettent de prendre en compte plusieurs scenarios d’évolution des indicateurs économiques. L’amplification de la crise en 2009 devrait conduire les entreprises à renforcer la présentation de ces éléments dans leurs états financiers, afin de mieux anticiper de possibles évolutions de la valeur de leurs actifs », précise Françoise Gintrac.

À propos de l’étude « La communication financière sur l’application de la norme IAS 36 »
L’étude est fondée sur les informations publiques disponibles dans les rapports annuels publiés par les sociétés du CAC 40 en 2008. Les sociétés analysées sont Accor, Air France, Air Liquide, Alcatel-Lucent, Alstom, Arcelor-Mittal, Axa, BNP Paribas, Bouygues, Cap Gemini, Carrefour , Crédit Agricole SA, Danone, Dexia, EADS, EDF, Essilor, France Telecom, GDF-Suez, Lafarge, Lagardère, L'Oréal, LVMH, Michelin, Pernod-Ricard, PPR, PSA Peugeot Citroën, Renault, Saint-Gobain, Sanofi-Aventis, Schneider Electric, Société Générale, Suez Environnement, Total, Unibail-Rodamco, Vallourec, Veolia Environnement, Vinci, Vivendi.

STMicroelectronics (comptes publiés en US GAAP) n’a pas été retenu dans l’étude. Air France et Alstom (clôture au 31 mars) ont été retenus sur la base des comptes au 31 mars 2008. Pernod Ricard (clôture au 30 juin) a été retenu sur la base des comptes au 30 juin 2008.

À propos de l’équipe Evaluation et Stratégie de PricewaterhouseCoopers
Une équipe française de spécialistes, leader sur son marché et intégrée dans le premier réseau mondial dédié aux évaluations.
Des expertises de premier plan s’appuyant sur la maîtrise des techniques d’évaluation classiques (méthode des Discounted Cash Flows, approche de marché) et complexes (Economic Value Added, Enhanced Discounted Cash Flows, Real Option Valuation).
Une expérience acquise auprès des plus grands groupes cotés, dont une trentaine de sociétés du CAC 40, de PME et de fonds d’investissement.
Une maîtrise des enjeux juridiques, fiscaux et comptables et une parfaite connaissance des référentiels d’évaluation grâce à l’expérience d’une équipe impliquée dans la définition des standards nationaux et internationaux.
Un positionnement de leader qui lui permet de bénéficier d’une expertise sectorielle reconnue, fruit d’une solide expérience en particulier dans les secteurs des biens d’équipement, services, distribution, biens de consommation, énergie, télécommunications, médias et secteur financier.

À propos de PricewaterhouseCoopers
PricewaterhouseCoopers développe des missions d’audit, de conseil et d’expertise comptable pour des entreprises et des organisations, publiques et privées, privilégiant des approches sectorielles et assurant confiance et valeur ajoutée pour ses clients et l’ensemble des parties prenantes.
Plus de 155 000 personnes travaillent en réseau dans 153 pays, partageant points de vue, expériences et solutions pour proposer des perspectives innovantes et des conseils adaptés à chaque problématique.
En France, PwC développe cette approche avec Landwell, cabinet d'avocats membre du réseau PricewaterhouseCoopers.
Constitué d’entités légalement autonomes et indépendantes, membres du réseau PricewaterhouseCoopers International Limited, PricewaterhouseCoopers rassemble en France 3 800 personnes dans 25 bureaux.
www.pwc.fr

Mardi 9 Juin 2009
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