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Les douzes surprises pour 2012


Douze événements qui pourraient avoir une incidence sur l’allocation d’actifs et donc sur les performances des portefeuilles.




Les douzes surprises pour 2012
Cet exercice de prédiction sera renouvelé l'année prochaine
Compte tenu de la nature forcément incertaine de cet exercice et donc de la faible probabilité que nos prédictions se réalisent, la première grande surprise de 2012 serait que nos lecteurs nous demandent de répéter le même exercice de Madame Soleil l'année prochaine… Pour cela, il faudrait que nous ayons raison dans au moins 50% des cas. Pour parvenir à un tel score, il existe deux options. On peut tout d'abord dire tout et son contraire. Dans ce cas, on enregistre une bonne moyenne de prévisions correctes, mais pas forcément pour les raisons évoquées! Une autre possibilité, plus risquée mais très payante en cas de succès, consiste à décliner le même thème à différentes sauces. C'est quitte ou double mais, si ça marche, on pourra se vanter longtemps d'avoir eu un zéro faute…

Le cours EUR-CHF restera dans une fourchette étroite entre 1,20 et 1,25
Malgré les rumeurs récurrentes d'ajustement, la BNS ne modifiera en fait pas le cours plancher actuel de CHF 1,20 contre EUR. Tenter de relever le plancher reviendrait à prendre un énorme risque pour pas grand-chose. Quant à une flambée de la monnaie unique contre la devise helvétique, ce serait incohérent avec un grand nombre de prévisions ci-dessous
Corolaire évident des prévisions 3 et 12: le dollar s'appréciera aussi contre le franc suisse et le «Swissy» reviendra donc aisément au-dessus de la parité.

Le dollar s'appréciera significativement contre l'euro et retournera à 1,15
La première raison qu'une telle surprise survienne est que ce sera surtout l'euro qui se dépréciera contre le dollar…
Mais le billet vert a également deux autres grands facteurs de soutien :
- il s'agit d'un actif clairement sous-évalué contre la plupart des devises des pays développés, en termes de parité de pouvoir d'achat
- il offre un effet «décorrélant» dans les portefeuilles en cas de choc systémique. Il devrait donc s'apprécier fortement dans le cas d'un scénario catastrophe.

Les actions européennes surperformeront en 2012
Cette assertion devrait pouvoir se confirmer logiquement si, comme nous l'anticipons, deux au moins des 3 points suivants se vérifient en 2012 :
- la BCE se résigne à utiliser les grands moyens (un assouplissement quantitatif de grande ampleur)
- l'Italie et l'Espagne arrivent à regagner la confiance des marchés, en mettant en place à la fois des mesures d'austérité et des réformes structurelles crédibles pour relever la croissance potentielle de leurs économies
- la marche en avant vers une Union européenne plus intégrée politiquement et fiscalement se poursuit.
Dans ce cas, les actions européennes termineront dans le vert, au-delà des autres indices mondiaux et malgré une récession économique. Cette surperformance - en monnaie locale - sera d'autant plus logique que l'euro sera une monnaie faible (voir point précédent).

Après 10 ans de hausse consécutifs, l'or baissera en 2012
Dans un contexte de croissance américaine qui devrait être satisfaisante en 2012 (autour de +2%), d'éclaircissements rapides et encourageants à l'avenir (post-élections présidentielles) sur la trajectoire des finances publiques américaines, de reprise marquée dans l'immobilier et d'une bonne performance des actifs risqués, le marché commencera à anticiper un éventuel changement de cap de la politique monétaire de la Fed.
Comme nous l'avons toujours dit et répété, le cours de l'or est sensible à l'évolution des taux réels - ou plutôt aux anticipations. Il devrait donc pâtir d'une anticipation d'une remontée du taux directeur de la Fed et l'on pourrait assister à une forte correction du métal jaune pendant les dernières semaines de l'année…
Corollaire: les bons du Trésor américain liés à l'inflation, les fameux TIPS (Treasury Inflation Protected Securities), perdront en quelques semaines une grosse partie des gains qu'ils ont engrangés depuis début 2009.

Les obligations gouvernementales de la zone euro surperformeront les autres segments du revenu fixe
Pour que cette prédiction se réalise, il n'y aura même pas besoin d'un resserrement significatif des écarts de taux entre les mauvais élèves du Sud et le Bund élève allemand… Le portage devrait être suffisant pour garantir une surperformance – en monnaie locale – de l'indice gouvernemental de la zone euro par rapport aux autres grands indices gouvernementaux (Etats-Unis, Royaume-Uni, Japon, etc…). Ce d'autant plus que les obligations des pays au cœur de la zone euro, réputés plus sûres, bénéficieront d'un contexte économique relativement plus morose que les autres grandes économies. En d'autres termes, la récession, les risques de déflation et de nouvelles baisses du taux directeur de la BCE devraient favoriser, en termes relatifs, ces pays par rapport aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Cette prévision deviendrait encore plus évidente si la BCE venait à sortir les grands moyens déjà évoqués.
En ce qui concerne les obligations non-gouvernementales, le high yield américain affichera les meilleures performances qui devraient être proches, toujours en monnaie locale, de celles du compartiment zone euro gouvernemental. Les obligations d'entreprisses devraient connaître une performance honorable mais inférieure, tandis que la dette émergente sera la grosse déception… Pour s'en convaincre il suffit de constater le niveau ridicule des taux offerts actuellement en dollars par certains émetteurs - aux fondamentaux parfois bien fragiles.

L'Asie (hors Japon) connaîtra la moins bonne performance actions
Entre l'atterrissage mouvementé de l'économie indienne et les craintes récurrentes sur la Chine en 2012, les investisseurs internationaux délaisseront temporairement cette zone géographique l'année prochaine, en attendant que les incertitudes se dissipent. Il ne serait dès lors pas surprenant que les actions asiatiques terminent à nouveau, pour une 2ème année consécutive, plutôt en queue du peloton.

La Chine éternuera et l'Australie attrapera un gros rhume
Les craintes récurrentes quant à un éventuel atterrissage forcé de l'économie chinoise dans un contexte de ralentissement nécessaire et logique de sa croissance à ce stade mettront à jour l'illusion entourant le miracle australien. Réduit comme peau de chagrin au cours de la décennie écoulée sous l'effet de l'appétit pantagruélique de son ogre de voisin, le déficit australien de la balance des comptes courants recommencera à se creuser. Les banques et le marché des actions australiennes, qui sont passés à travers les gouttes de l'éclatement de la bulle TMT et des subprimes, se retrouveront fort démunis lorsque les cours des métaux industriels ne seront plus aussi porteurs et que la bulle de l'immobilier australien éclatera enfin l'année prochaine. Le dollar australien sera ainsi perçu comme un «big short» évident pour se prémunir d'un éventuel accident sur la croissance chinoise.

Le yen et les obligations japonaises seront sous pression
En d'autres termes, les gérants macro auront un excellent cru en termes de performance… Après des années où les gens sensés ont perdu de l'argent en pariant sur la baisse du yen ou des obligations japonaises, l'année 2012 viendra enfin récompenser en partie les plus persévérants. La chute ne sera pas brutale, mais un début de changement de tendance s'amorcera sous l'effet d'une diminution de l'excédent de la balance des comptes courants et de quelques difficultés pour le gouvernement à placer/refinancer sa montagne de dette sur un marché local, qui se sera encore réduit (de moins en moins d'épargne).
Corollaire: les actions japonaises pourraient être les grandes bénéficiaires de ces tendances à la baisse sur la devise nippone et les obligations. Leurs performances seront, quoi qu'il en soit, à nouveau les plus décorrélées des autres grands marchés actions en 2012.

Forte reprise de l'immobilier résidentiel US et atterrissage en douceur de l'immobilier suisse
La purge est désormais quasiment terminée dans l'immobilier résidentiel américain. Les prix ont suffisamment baissé et le stock de maisons invendues a fortement diminué dans le neuf et continue à refluer graduellement dans l'ancien. Les saisies immobilières reculeront en 2012 et la proportion des hypothèques en souffrance/retard de paiement baissera significativement. Comme les taux hypothécaires demeureront encore extrêmement bas et que les salaires progresseront de manière satisfaisante (en parallèle aux créations d'emplois, environ 2 millions d'emplois créés en 2012 – soit un moyenne d'environ 170.000 par mois) rétablissant en partie la confiance du consommateur, l'accès à la propriété connaîtra des conditions très favorables. L'activité et les prix dans le résidentiel pourront ainsi connaître un début de véritable reprise en 2012, avec des gains supérieurs à 10%.
Parallèlement, en Suisse, les perspectives économiques s'assombriront. Le contrecoup du franc fort, d'un secteur financier en restructuration et de la récession en Europe conduiront à une forte remontée du taux de chômage (au-delà de 4% contre 3% actuellement), ce qui agira comme en coup de frein sur l'activité résidentielle, étant donné les niveaux actuels des prix (déjà stratosphériques) et des taux (déjà au plus bas). L'immobilier commercial ne sera pas non plus à la fête, avec les soucis dans les secteurs du tourisme, du commerce de détail et des machines-outils.

La peur de la déflation supplantera celle de l'inflation en 2012
Croissance économique mondiale en berne, prix des matières premières en recul, force du billet vert: les investisseurs se mettront à craindre la déflation. Cette peur sera alimentée par le reflux du taux d'inflation, avec ou sans la composante énergie, dans l'ensemble des grandes économies (marchés émergents compris). Sauf au Japon, paradoxalement, où la faiblesse du yen éloignera finalement une réalité bien ancrée depuis plusieurs années.
Même si le taux d'inflation pourrait s'afficher temporairement dans le rouge en zone euro ou aux Etats-Unis, les investisseurs prendront pendant quelque temps, comme souvent, des vessies pour des lanternes en confondant désinflation avec déflation… Quoi qu'il en soit, le risque de déflation supplantera celui d'inflation en 2012.

Pas de catastrophes naturelles, pas d'attaques terroristes et pas de nouveaux conflits armés
Pour une fois qu'on peut se permettre une bonne dose d'utopie à bon compte, pourquoi s'en priver? Nous osons imaginer et sincèrement espérer que l'année 2012 ne sera émaillée d'aucune catastrophe naturelle, que les derniers tyrans se retireront sur la pointe des pieds, que la Corée du Nord se réconciliera gentiment avec son voisin du Sud, que la grippe aviaire restera aviaire et que l'on évitera un conflit armé avec l'Iran. Si l'on pouvait en plus faire des pronostics audacieux sur l'éradication de quelques pandémies l'année prochaine, cela nous permettrait déjà à tous d'avoir moins de malheurs à supporter et une meilleure santé dans le futur, à défaut de vous promettre à coup sûr encore plus de prospérité.

Par Fabrizio Quirighetti
Syz Asset Management

Les possibles actions de la BCE

La BCE ayant finalement inversé sa politique monétaire cet automne, ce qui a réduit le différentiel de taux d'intérêt positif avec le dollar, la monnaie unique est désormais plus exposée aux flux de nouvelles négatives découlant soit de son activité économique – qui sera au mieux en berne – soit de la poursuite de la crise de la dette souveraine. La tendance baissière de l'euro au cours des derniers mois de 2011 pourrait donc de se prolonger en 2012. En effet, la monnaie européenne devra affronter l'année prochaine des vents contraires bien plus forts que ceux qui souffleront encore contre le dollar, faisant de l'euro, le maillon le plus faible parmi ses deux grandes devises mondiales.

La BCE va continuer à réduire son taux directeur (-50 points de base à 0,50%) et devra finalement se résoudre à sortir les grands moyens en se livrant à un large assouplissement quantitatif sous une forme ou une autre. La croissance du PIB sera plus faible en Europe qu'aux États-Unis. Même la dynamique de la balance des comptes courants sera en défaveur de l'euro: alors que les Etats-Unis ont structurellement un déficit important de leur compte courant (l'une des principales faiblesses structurelles du billet vert depuis le début des années 2000), ce dernier va continuer à se réduire en 2012 du fait de la faible demande intérieure qui limite la progression des importations, tandis que les exportations américaines bénéficient de la sous-évaluation du dollar et du dynamisme relatif de l'économie mondiale.

Pendant ce temps, la zone euro, qui enregistre un léger surplus du compte courant, connaîtra dorénavant une tendance moins favorable, avec de grandes économies, comme la France ou l'Italie, qui afficheront des déficits commerciaux significatifs. L'excédent de l'Allemagne avec les pays non européens ne sera pas suffisant pour compenser la balance sur l'ensemble de la zone... Par conséquent, bien conscients qu'aucune de ces 2 monnaies n'est exempte de défauts et de faiblesses, nous estimons que c'est l'euro qui fera les frais de l'actualité en 2012.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Jeudi 12 Janvier 2012
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