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Les deux pôles de l’économie mondiale entre la crise et la reprise


Nul ne conteste que les pays en développement, qualifiés de pôle sud de l’économie mondiale, aient des difficultés à décoller, sur un horizon de temps précis, et à rattraper le retard du développement vis-à-vis des pays du nord.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
Pour ne pas revenir sur les vieux débats théoriques traitant du sous développement des uns et du développement des autres, il fallait juste s’attarder sur quelques concepts en vogue marquant cette fin de la décennie 2000, ayant trait à la libéralisation outrancière de l’économie et de la finance, en l’occurrence les notions de crise et de reprise de l’économie mondiale. L’appréhension de ces deux concepts n’a pas la même valeur et le même impact, en termes de diagnostic et de remède, quand on est une économie du pôle nord où une économie du pôle sud de l’économie mondiale. Ce ci est tout à fait normal eu égard à la richesse que créent les deux pôles.

Ceci étant, si la plupart des grandes crises économiques et financières sont issues du pôle nord de l’économie mondiale, il n’en demeure pas moins que leurs manifestations n’ont fait qu’aggraver la situation dans les économies du pôle sud avec plus de ramifications et d’imbrications. La question qui se pose réside au niveau de la réaction de la communauté mondiale face à l’avènement d’une crise et les solutions globales qu’il faudrait préconiser et qui devraient faire tache d’huile sur d’autres coins de la planète. Il ne faut pas raisonner « mondial » et suggérer des thérapies au niveau « local ». A la lumière de la crise financière de 2008, tant que cette dernière est issue du nord, tout le monde s’est mobilisé d’une façon où d’une autre, conférences, rencontres, sommets et concertations, afin d’extraire le mal de sa source sans se soucier de l’effet contagion de cette crise sur un grand nombre de pays du sud qui ne font qu’endosser les conséquences. De peur que cette crise soit profonde et durable, un diagnostic a été effectué pour cerner le fléau et des points précis qui entravent le bon fonctionnement du système financier ont été ciblés et mis l’approbation d’un groupe restreint de pays, entre Londres et Pittsburgh, formant dorénavant le magistrat de l’économie mondiale. Les efforts se sont conjugués, en course contre le temps, et les moyens susceptibles pour relancer de nouveau l’économie du pôle nord, et mettre un terme à la boursouflure, ont été mis en œuvre. Au bout d’un semestre, ces efforts se sont couronnés de succès avec des signes de reprise donnant lieu à des prévisions qui s’annoncent optimistes comme si rien n’a été. C’est l’économie politique d’un pôle nord solidaire.

Quant au pôle sud de l’économie mondiale, qui a subi les externalités de cette crise, le remède qui pourrait apporter des solutions efficaces aux problèmes structurelles, dont souffre ce pôle malade, s’avère difficile à prescrire et à concrétiser dans la mesure où le diagnostic fait aux économies du sud demeure général et dépassent le caractère d’une crise financière. Bien plus, la crise est présente dans plusieurs compartiments de ses économies jugées hétérogènes. Il importe également d’ajouter que les pays du pôle sud non pas d’influence suffisante pour imposer leurs choix et revendications et demeurent exclus des sommets de décisions stratégiques. En l’absence d’une solidarité et d’une volonté de faire du développement un objectif à atteindre sur un horizon limité dans le temps, le pôle sud subira toujours les effets du dysfonctionnement de l’économie mondiale. D’ailleurs, le groupe du G20, nait de la crise financière éclatée en 2008, nous enseigne que pour accéder au pôle nord de l’économie mondiale, il faut travailler plus et mieux. Autrement dit, on ne peut parler d’une économie mondiale homogène que lorsque le G20 s’élargit et devient un G150 ou un G180.

Tant que c’est le poids économique qui fait la différence, l’adage qui dit que « le travail récompense la richesse et la pauvreté sanctionne la paresse » est toujours d’actualité. Sauf que le pont entre la pauvreté et la richesse, demeure une bonne gouvernance économique, un domaine de recherche primé par un prix Nobel d’économie 2009.

Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Mercredi 14 Octobre 2009
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