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Les décideurs en entreprise superstitieux comme des rats


Emmanuel Dion, enseignant-chercheur à Audencia Nantes Ecole de Management, vient de publier une tribune dans laquelle il avance l’idée que les grandes entreprises sont gérées d’une façon plus aléatoire que les PME et que les décideurs ne comprennent pas toujours la logique de leurs décisions.




Le travail d’Emmanuel Dion porte sur le concept du rat ‘superstitieux’ développé par des chercheurs américains et sur le comportement des étudiants en école de commerce lors d’un jeu de management.

Une comparaison entre les rongeurs et les managers de demain montre que tous les deux intègrent certaines superstitions sans fondement logique dans leur prise de décision.

Dans le cas du rat, les chercheurs américains l’ont obligé à attendre 10 secondes dans sa cage avant d’accéder à sa nourriture. Sans les repères temporels propres à un être humain, le rat remplit ces 10 secondes avec les mêmes gestes répétitifs et rassurants. En gros, il est devenu superstitieux car ses actions n’ont aucun rapport avec sa réussite finale.

En jeu d’entreprise, Emmanuel Dion a créé le même genre de situation en introduisant un facteur X, sans aucun effet mesurable. Les étudiants qui ont opté pour ce facteur l’ont appliqué jusqu’à la fin du jeu sans savoir véritablement pourquoi. Ils sont ainsi devenus superstitieux, s’accrochant à une variable sans fondement pour expliquer en partie leur réussite.

Les résultats du jeu montrent que les équipes les plus performantes sont également celles qui ont adopté le facteur X. Transposé au monde bien réel des affaires, ce concept laisse entendre que les entreprises les plus rentables sont celles qui peuvent se permettre d’être les plus ‘superstitieuses’.

Texte original en 6 pages téléchargeable ci-dessous (version anglaise).

a_simulation_based_experiment_about_irrational_choices_in__.pdf A simulation-based experiment about irrational choices in ..pdf  (294.47 Ko)


Mercredi 22 Juin 2011
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1.Posté par ccalvo le 22/06/2011 17:31 | Alerter
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Les dirigeants et autres décideurs ne sont pas différents des autres personnes. Leurs actions peuvent être portées par des croyances, des préjugés, des représentations, ou des stéréotypes. Il est même étonnant de constater à quel point des décisions supposées stratégiques reposent parfois sur des critères, des présupposés, des discours, voire des études irrationnels. Il existe dans les entreprises des rituels et des dogmes, comme partout ailleurs dans la société. Les rapports de pouvoir et d'autorité dans les entreprises sont souvent exprimés au travers de comportements dénués de toute logique et cohérence. La subjectivité règne sur l'objectivité. Les sociologues, anthropologues de terrain, ainsi que les psychosociologues et les psychanalystes, ont depuis longtemps mis en évidence des analyses pertinentes à ce sujet.

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