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Les comportements de paiement des entreprises en Europe (3e TRI 2010)


Sur le 3ème trimestre 2010, les comportements de paiement des entreprises s’améliorent en Europe mais se tendent en France.




Les comportements de paiement des entreprises en Europe (3e TRI 2010)
Les retards de paiement descendent sous les 14 jours en Europe et repassent au-dessus des 12 jours en France. Les entreprises allemandes et néerlandaises renforcent leur leadership. Les comportements de paiement ont tendance à s’améliorer en Espagne, Irlande et Italie et se stabiliser au Royaume-Uni. En revanche, ils continuent de se dégrader en Belgique et se durcissent en France. Les paiements restent sous pression dans l’Industrie.

Le spécialiste de la connaissance interentreprises Altares, membre du réseau mondial Dun & Bradstreet, constate qu’au troisième trimestre 2010, les entreprises en Europe payent leurs fournisseurs avec un retard moyen de 13,8 jours. Sur un an, les reports de paiement baissent d’une journée. Ce niveau de reports de règlement est le plus faible depuis deux ans. A l’inverse, en France, s’ils restent inférieurs à la moyenne européenne, les retards de paiement, à 12,4 jours, n’ont jamais été aussi hauts au cours des deux dernières années.

L’analyse des balances âgées des entreprises européennes, par le programme international
DunTrade1, avait permis de confi rmer combien la crise avait, dès 2008 puis en 2009, fortement pesé sur les comportements de paiements. Depuis le début de l’année 2010, l’amélioration est sensible même si les retards de paiement sont encore supérieurs d’une journée à leur valeur d’avant crise.
8,9 % des entreprises européennes retardent leurs paiements de plus de 30 jours ; ce ratio est au plus bas depuis 2 ans. Cette amélioration suggère que les trésoreries, quoiqu’encore fragiles dans cette phase de reprise, se redressent, favorisant la pérennité des entreprises. En effet, retards de paiement et défaillances d’entreprises sont indissociables. Altares constate depuis longtemps au travers des mesures de performance de ses scores de risque que les entreprises retardant leurs règlements fournisseurs de plus de 30 jours présentent une probabilité de défaillance multipliée par six.

Confirmation du redressement sur ce troisième trimestre 2010, 41 % des entreprises européennes
règlent leurs fournisseurs sans retard. Ce taux, qui peut sembler insuffi sant, est toutefois un des meilleurs constatés depuis 2006. Plus des deux tiers des entreprises françaises règlent leurs fournisseurs en retard. En France, la période de crise s’était paradoxalement accompagnée d’une lente mais régulière amélioration des comportements de paiement. Cet été marque un retournement avec une dégradation de près d’une journée en seulement trois mois des retards de paiement. Ceux-ci s’établissent désormais à 12,4 jours. Cet allongement des retards de paiement traduit une plus forte proportion d’entreprises reportant leurs règlements.

68,2 % ne respectent pas les délais contractuels convenus avec leurs fournisseurs ; elles sont 59 % en Europe. Le ratio français se dégrade de plus de 3 % par rapport au 1er trimestre 2010. C’est dans les Transports que le durcissement des paiements est le plus sensible. Sur ce 3ème trimestre, 80,6 % des transporteurs payent en retard contre 75,5 % il y a 3 mois. Les comportements de paiements se durcissent également dans l’Industrie où 72,6 % des règlements sont retardés ce trimestre contre 69,4 % il y a trois mois. En Belgique, les retards de paiement sont au plus hauts sur un an à 14,6 jours. Lente et régulière depuis l’été 2009, l’augmentation des retards s’est accélérée sur ce 3ème trimestre 2010.

66,2 % des entreprises belges payent leurs fournisseurs après la date d’échéance prévue. Pour 17,3 %, ces reports de paiement se situent entre 23 et 90 jours. Au Royaume-Uni, les retards de paiements, en forte hausse depuis 2007, se stabilisent depuis le début de l’année 2010 autour de 18,5 jours, une valeur qui reste élevée. 76,4 % des entreprises britanniques règlent leurs fournisseurs en retard ; c’est 17,4 % de plus que la moyenne européenne.

C’est dans l’Industrie que les règlements tardifs sont les plus courants. Plus de 8 industriels britanniques sur dix (83,4 %) payent au-delà de la date de facture prévue. Les paiements des entreprises espagnoles durant l’été 2010 reviennent à près de 19 jours. L’effort est surtout porté sur les très grands retards. Sur ce 3ème trimestre, 5,7 % des entreprises règlent leurs factures avec plus de 120 jours de retard, elles étaient 8,4 % il y a trois mois. L’amélioration de ce taux est d’autant plus souhaitable
que dans ce pays, comme chez son voisin portugais, les délais habituels de paiement, supérieurs à 90 jours, sont parmi les plus longs en Europe. Le Portugal détient le taux de très grands retards le plus haut en Europe à 6,5 % ; dans ce pays, près de 80 % des entreprises payent après la date d’échéance pour un retard moyen de 28,7 jours. Les retards les plus fréquents sont observés dans le Bâtiment au Portugal (89,6 % des entreprises) et l’Administration en Espagne (75,6 %).

Les entreprises italiennes s’inscrivent en amélioration. Les retards de paiement sont retombés en-dessous de 16 jours (15,8 jours). 42,5 % des entreprises italiennes respectent les dates de règlements fournisseurs mais les délais contractuels italiens sont relativement longs, supérieurs à 90 jours. Malgré ces meilleurs comportements de paiement, encore plus d’une entreprise italienne sur dix (11,2 %) repousse ses paiements de plus de 30 jours. Dans l’Industrie, les retards de paiement sont plus fréquents sur ce 3ème trimestre : 60,5 % des entreprises italiennes règlent leurs fournisseurs en retard contre 55,9 % le trimestre précédent.

L’Allemagne et les Pays-Bas tirent la performance européenne avec des retards de paiement au plus bas, ramenés respectivement à près de 8 jours et 8,5 jours. Dans ces deux pays, plus d’une entreprise sur deux respecte les conditions de paiement ; 61,3 % en Allemagne et 51,9 % aux Pays-Bas. Malgré ces bonnes tendances, 57,3 % des transporteurs allemands et 62,4 % des industriels néerlandais payent en retard.

Les paiements s’améliorent dans la plupart des secteurs mais restent tendus dans l’Industrie.
Dans l’Industrie, les paiements restent sous pression en Europe. Les retards de paiement se sont maintenus aux environs de 14 jours depuis la fin 2008. Ils ont faiblement baissé à 13,6 jours au cours du deuxième trimestre 2010 et se stabilisent sur l’été 2010. Cette stabilité est observée sur la plupart des pays. 38,2 % des entreprises européennes respectent la date d’échéance de paiement. C’est moins bien que lors du deuxième trimestre 2010 (40 %). A 27,4 % la France affi che une dégradation de plus de 3 % par rapport au trimestre précédent. Les Pays-Bas, habitués à de meilleures places, sont, dans l’Industrie, sur une performance de milieu de tableau ; seulement 37,6 % des industriels néerlandais payent leurs fournisseurs sans retard. Dans le Transport, en Europe, les retards de paiement avaient atteint 16 jours sur le 2ème trimestre 2009. Ils se réduisent depuis et retrouvent, sur ce 3ème trimestre 2010, leur niveau de début 2008 à 15 jours. 35 % des transporteurs en Europe respectent la date d’échéance de paiement. Le Portugal affi che le pire ratio avec 14,4 % d’entreprises réglant leurs fournisseurs sans retard. La France fait à peine mieux avec un taux de 19,4 % derrière le Royaume-Uni à 22,3 %. Les meilleurs élèves sont les Pays-Bas (48,4 %), l’Italie (48,1 %) et l’Allemagne (41,7 %).

Le Bâtiment poursuit le redressement amorcé depuis un an. Les retards de paiement sont désormais à moins de 14 jours (13,6 jours) proches de leur niveau de l’été 2008. Ils sont néanmoins encore deux jours supérieurs à leurs valeurs de 2007.
Les écarts sont très importants selon les pays. Ainsi, les retards de paiements sont-ils de 42 jours au Portugal, 27,5 jours en Espagne ou 20,9 jours en Irlande. Le trio de tête fait beaucoup mieux avec des reports inférieurs à 10 jours : 9,5 jours en France et 9 jours aux Pays-Bas et en Allemagne. Ces fortes disparités masquent pourtant des comportements de paiement compliqués dans la plupart des pays. 43 % des entreprises européennes du Bâtiment règlent leurs fournisseurs sans retard.

L’Immobilier conserve des retards de règlement plus importants que dans les autres secteurs d’activité mais l’amélioration est très sensible. Encore à 20,7 jours fin 2009, les reports de paiement ont été ramenés à 18,7 jours début 2010 puis 17,8 jours sur le deuxième trimestre et sont désormais à 17 jours. Ils sont néanmoins encore supérieurs de 4 jours à leur valeur de début 2007. Dans l’Immobilier, 38 % des entreprises européennes payent leurs fournisseurs sans retard. La France (24 %)
fait à peine mieux que le Portugal et le Royaume-Uni (23 %).

Dans la Vente de détail, les retards de paiement sont globalement stables à 15 jours. Les comportements de paiement sont relativement homogènes en Europe. 41,2 % des détaillants européens respectent les dates d’échéance.
L’amélioration est également sensible dans le Commerce interentreprises où les retards de paiement sont désormais à 13,4 jours en baisse régulière depuis leur plus haut niveau de fi n 2008 (14,8 jours). Ils sont encore un jour au-dessus de leurs valeurs d’avant crise. 39 % des entreprises européennes de commerce de gros respectent les dates d’échéance.
Les retards de paiement dans les Services en Europe se stabilisent à 13,3 jours ce trimestre, valeur proche de celle observée au printemps 2008 mais encore supérieure d’une journée à celles relevées en 2007. 41 % des entreprises règlent leurs fournisseurs à la date prévue contractuellement. Ce taux, à peine inférieur à celui du trimestre précédent (41,4 %), reste le meilleur observé depuis le printemps 2006.

L’Administration conserve son leadership avec des retards stables redescendus à moins de 12 jours dès ce début d’année 2010 après avoir approché les 15 jours en fi n d’année 2008. Dans ce secteur, les comportements de paiement sont très hétérogènes selon les pays. 47 % des Administrations en Europe payent les fournisseurs sans retard.

« Le mouvement de détente observé depuis le début de l’année 2010 en Europe sur le front des paiements interentreprises se confi rme sur ce troisième trimestre. Néanmoins, à l’instar de leurs croissances respectives, les pays s’inscrivent sur des dynamiques très différentes », relève Thierry Millon, responsable des analyses Altares.

« Pendant que les entreprises allemandes et néerlandaises présentent des comportements de paiement meilleurs qu’avant crise, les italiennes retrouvent progressivement des valeurs de printemps 2008 tandis que les espagnoles et les britanniques sont encore à la peine. En France, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas, les entreprises ont globalement mieux résisté, écartant un recours excessif au crédit interentreprises. La crise peut même avoir contribué à renforcer les niveaux de trésorerie par une réduction du BFR. En phase de reprise, la reconstitution des stocks, l’augmentation de la production, l’alourdissement des créances clients vont nécessiter de gérer une trésorerie, non plus de récession, mais de croissance. C’est pourquoi, paradoxalement, en période de regain d’activité, les comportements de paiement peuvent se dégrader, comme en France ce trimestre. Le fi nancement du BFR, donc du cycle d’exploitation, sera une clé essentielle du succès pour les entreprises. Or, le cycle d’exploitation est long ; il débute dès l’arrivée des marchandises ou matières premières dans l’entreprise et ne s’achève qu’au paiement des produits ou services livrés. Chaque retard de paiement pèse donc sur l’équilibre du BFR et compromet le retour à la croissance voire engage la pérennité du créancier ; rappelons qu’une défaillance sur quatre est due à des retards de règlement. Les entreprises doivent donc renforcer la sécurisation de leurs transactions commerciales. Cela passe par la mise en place d’outils simples mais effi caces de connaissance des prospects, de suivi des comportements de paiement et de la solvabilité des clients ».

ALTARES

(1) Depuis 45 ans aux Etats-Unis et 25 ans en Europe, le programme DunTrade, unique au monde, analyse les informations provenant directement de la comptabilité client de milliers de sociétés participantes. (Voir méthodologie).

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Mercredi 1 Décembre 2010
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