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Les banques risquent de se faire Amazoner


Entretien avec Damien Guermonprez Président de Lemon Way, Payment Solutions for the New Digital Economy.




Damien Guermonprez
Damien Guermonprez
Damien Guermonprez bonjour, jusqu’où peut aller la désintermédiation de la finance ?

Il est certain que nous avons atteint une étape supplémentaire dans la désintermédiation des professions financières avec l’arrivée des pratiques de la finance collaborative, les plateformes de financement participatif mettant directement en relation porteurs de projets et investisseurs.

Mais on assiste aussi au mouvement inverse avec l’arrivée de nouveaux intermédiaires qui accentuent l’intermédiation comme les sites comparateurs ou certains sites de crowdlending qui agissent en tant que courtiers pour les acteurs historiques du crédit à la consommation.

Si nous avons l’impression que le mouvement de désintermédiation se poursuit dans le secteur bancaire, c’est que la vitesse des transactions s’accélère au même rythme que la pénétration digitale qui nous laisse penser qu’il y a moins d’intermédiaires. Ils sont souvent aussi nombreux que dans le passé mais exécutent plus vite les opérations bancaires et se font davantage discrets, voire transparents.

Pensez-vous que les FinTechs banque peuvent un jour supplanter les banques ?

Les banque n’ont pas attendu les FinTechs pour investir dans la technologie. A l’inverse, les FinTechs sont capables d’évoluer pour devenir des banques. Oui, certaines FinTechs deviendront des banques, c’est une certitude. Certaines en ont déjà le statut mais se gardent d’en avoir l’apparence pour donner une image plus moderne.

Qu’apportent les FinTechs pour les clients ?

L’assurance de traiter avec un spécialiste contrairement aux banques qui ont souvent privilégié une approche généraliste. La certitude aussi d’être surpris par une façon nouvelle de répondre à un besoin. Enfin, un prix souvent inférieur quitte à ne pas avoir le confort d’un service client apporté par une agence bancaire.

Comment les acteurs de la FinTech se positionnent-ils dans l'univers de la banque et du paiement ?

Les FinTechs se concentrent, de façon disruptive, sur un seul produit comme le ferait un « category killer » face à un hypermarché bancaire. Elles répondent de façon immédiate à un besoin grâce à une technologie « temps réel » difficile à imiter pour les banques qui fonctionnent avec une technologie « batch » sur des systèmes robustes mais moins agiles.

Quelles solutions proposez-vous en termes de paiement mobile, et comment pourrait se développer ce marché ?

Lemon Way est née en 2007 pour offrir des solutions de paiement mobile. Nous sommes devenus les spécialistes en répondant aux multiples usages qu’en font les utilisateurs. Notre marché démarre plus rapidement en Afrique comme on pouvait s’y attendre. Nos solutions couvrent tous les types de terminaux utilisés et nous sommes agnostiques en termes d’opérateurs télécom, ce qui représente un avantage concurrentiel important. En Europe, le développement du paiement sans contact va enfin permettre le décollage du paiement mobile car il fallait que l’utilisateur y trouve un avantage par rapport à l’utilisation de sa carte de paiement, moins présente en Afrique.

Les FinTechs peuvent-elles faire tomber toutes les barrières ?

Non, la barrière règlementaire ne tombera pas car c’est l’intérêt de personne. Elle est la garantie de développer un système qui dure dans le temps en évitant les excès. Ainsi, le développement des « crypto currencies » ne se fera que de façon encadrée ou ne se fera pas. Plus généralement, l’adoption de nouvelles marques ou solutions par le grand public est possible parce que la confiance est là. Les nouvelles directives européennes en matières de Services Financiers ont fixé un cadre qui protège les consommateurs, renforce la transparence et crée les conditions nécessaires à une saine émulation entre les acteurs dans un espace économique plus important que les Etats-Unis. Si des barrières sont tombées, ce sont celles entre les pays de cet espace européen. Cela crée des opportunités pour une génération entière d’entrepreneurs FinTech.

Quelles seront les FinTech de demain ?

Celles qui auront séduit le plus grand nombre d’utilisateurs par leur usage étonnement simple, sans défaut et vendu au juste prix.

Quelles menaces pour les banques contraintes de remettre en cause leur traditionnel business model ?

L’offre des banques est souvent peu différenciée et tend à le devenir de moins en moins avec la disparition programmée de nombreuses agences qui faisaient la différence sur le terrain. Donner l’accès de leurs données aux TPPSP (Third Party Payment Service Providers) représente une des menaces les plus importantes pour elles car elles perdront l’avantage que représente le contrôle de l’information, la matière première de la banque.

L’énorme avantage qu’auront ces nouveaux acteurs, les TPPSP, en dehors du fait d’apporter aux clients la valeur ajoutée qu’ils attendent, est de pouvoir le faire à partir de données en provenance de plusieurs banques, ce que ces dernières ne pourront pas faire. C’est un peu comme si les banques devenaient les marchands d’un Amazon qui connaitrait mieux leurs clients qu’elles. En d’autres termes, elles risquent de se faire « Amazoner ».

Damien Guermonprez, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Finyear.

© Copyright Finyear. Propos recueillis par la rédaction de Finyear.

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Mercredi 6 Janvier 2016
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1.Posté par ga le 09/01/2016 01:51 | Alerter
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#quitte à ne pas avoir le confort d’un service client apporté par une agence bancaire.#

A quoi sert le service client de mon agence bancaire ?
Strictement a rien dans mon cas, sauf pour déverrouiller les nombreuses limitations de paiement par carte, par internet ou par virement.
- Virement SEPA limité a 1.000 euros dans mon cas
- Obligation de patienter 2 (DEUX) jours en cas de création d'un nouveau bénéficiaire de virement
- Retrait journalier limite
- Impossibilité de réaliser une opération bancaire durant les week end : tout est gelé.
etc etc

A quoi sert ma banque, aucune idée mais c'est cher, lent, les conseillers ne connaissent rien a rien et sont juste bon a placer les produits maisons a des rendements ridicules.
Ah oui, la fameuse saisie sur les comptes passe le seuil de 100 000 euros.
Et les fraudes sur mes comptes alors que mes fonds sont censés être en sécurité.

Bref, ma banque m'em....e. Et je suis loin d’être le seul dans ce cas.

Donc, j'attends juste la masse critique sur les crypto devises pour y basculer massivement.

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