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Les banques captives attendront


L’annonce déconcertante de la création d’une filiale bancaire pour compte propre par le groupe Siemens n’inspire guère l’industrie suisse.




Les banques captives attendront
Le groupe d’électronique allemand Siemens donne une expression concrète au mécontentement des industriels par rapport aux conditions des banques. Son directeur financier Joe Kaeser a annoncé qu’une demande de licence pour exercer des opérations de financement en interne a été déposée auprès de l’autorité de surveillance allemande (Ba- Fin). De manière symbolique, il remonte ainsi aux origines de Deutsche Bank dont Georg von Siemens a été le président à ses débuts. Les financements export figurent en bonne place parmi les raisons invoquées. Un critère particulièrement important pour les groupes dont le modèle d’affaires comporte des montants par commande élevés. Les liquidités de près de 9 milliards d’euros de Siemens ont certainement facilité la décision du directeur financier. Le groupe sera ainsi en mesure de proposer toute la gamme de financements de projets d’envergure. Les fabricants de voitures (qui, eux, sont surtout intéressés par une activité leasing maison) ne sont ainsi plus les seules grandes sociétés allemandes à disposer d’une licence bancaire.

Beaucoup de critères évoqués par Siemens correspondent bien aux caractéristiques de bon nombre d’entreprises suisses, elles aussi fortement orientées vers l’exportation d’importants volumes de commandes et disposant d’une bonne base de liquidités. Mais aucune d’entre elles ne comprend actuellement une unité liée au groupe détenant une licence bancaire. Les producteurs d’électricité Alpiq (Alpiq Swisstrade) et FMB (BKW enex) ont des licences de négociants en valeurs mobilières pour leurs unités de trading. Seul l’ancien aciériste reconverti dans les composants électriques et électroniques von Roll a une banque portant son nom, fondée en décembre 2007 et basée à Zurich. Initialement destinée en effet au financement de la société, son profil a toutefois été redéfini en janvier 2009 pour se rapprocher clairement de celui d’une banque privée. Les anciens banquiers von Finck comptent ainsi à nouveau un établissement dans leur portefeuille, s’adressant à des clients à la recherche d’un style de gestion basé sur les valeurs réelles.

Le groupe suisse au profil le plus proche de celui de Siemens, ABB, a toutefois connu une période de près de quarante ans où il avait disposé de sa propre banque, précisément pour les financements exports, comme le souligne son nom initial Export Finanzierungs AG (EFAG). L’obtention de la licence bancaire après la fusion avec le suédois Asea en 1996 a permis à la nouvelle ABB Export Bank d’élargir ses mandats vers d’autres financements d’infrastructures et d’industrie n’ayant pas de lien direct avec les affaires de la maison-mère et d’atteindre une somme de bilan supérieure à un milliard de francs. Cependant, les difficultés financières du groupe au début des années 2000 ont conduit à des transformations profondes. La finance structurée a été cédée à General Electric (plus tard lui-même en proie à d’importantes difficultés financières liées notamment à son activité dans les crédits privés) pour 2,7 milliards de dollars, tandis que la banque, désormais en mains d’investisseurs privés suédois, a été renommée Nordkap Bank. Même si ses activités semblent aujourd’hui plutôt liées au marché des matières premières, cet établissement reste focalisé sur les prêts pour la réalisation de projets d’infrastructure. Son président du conseil d’administration Lennart Blecher a d’ailleurs travaillé pendant 14 ans pour ABB, entre autres à la tête de la finance structurée. Les liens paraissent ainsi loin d’être complètement coupés.

Il n’en reste pas moins que les autres grands groupes suisses ne semblent guère tentés par l’obtention d’une licence bancaire. Peut-être aussi parce que les multiples témoignages d’attachement aux entreprises de la part des deux grandes banques, conscientes du rôle de pivot de cette clientèle, se sont en effet traduits dans des conditions plus favorables que dans d’autres pays.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Lundi 12 Juillet 2010
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