Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

Lean Six Sigma en plein test…


Un jeune étudiant fraîchement diplômé est reçu pour un poste de direction et est interviewé par le manager d’une multinationale. A la fin de l’entretien, le directeur regarde à travers la fenêtre de son opulent bureau. Deux voitures sont garées sur le parking de l’entreprise: une longue et magnifique limousine noire, ainsi qu’une petite voiture citadine.




« - D’après vous, laquelle de ces voitures est la mienne ?, demanda le PDG en désignant de la tête le parking.
- La petite Monsieur, répondit le jeune garçon
- Pourquoi ?, interrogea le patron extrêmement surpris
- Parce que l’on ne donne pas 10 ans d’avance à une entreprise avec des outils qui ont 10 ans de retard. », rétorqua le candidat.

A la fin de cette publicité automobile, le jeune candidat quitte le parking au volant de la petite voiture. L’histoire ne dit pas si le poste lui fut attribué. Cependant, il est difficile d’oublier sa remarque…pourtant nous allons la contredire.

Les industriels nous en ont apporté la preuve avec la généralisation de la méthodologie Lean Six Sigma. Plus qu’une simple méthode d’optimisation des coûts, la doctrine place les besoins clients au centre des considérations. Cela a permis à de nombreux industriels de réaliser une percée décisive sur leurs marchés en alliant économie et satisfaction client. Depuis les années 2000 et la crise de 2008, les financiers rêvent de les imiter.

Nous allons parler de ceux qui trouvent la réponse dans la mise en place d’un nouveau système informatique bancaire promettant des synergies…mais au prix de quels efforts ?

Un état des lieux de l’existant, une analyse des besoins, l’ébauche d’une situation idéale, une analyse des écarts, plusieurs phases de tests…toutes ces étapes révèlent au fil du temps de nouvelles difficultés. On ne compte plus les dépassements budgétaires qui se chiffrent en millions d’Euros lors de la mise en place d’outils bancaires. Pourtant, il est possible d’éviter les déconvenues, surtout à l’approche d’une échéance clef comme une mise en production.

Ainsi, un Value Stream Mapping tiré de Lean Six Sigma, permet de définir (en plus des activités du processus), les profils des utilisateurs exhaustifs pour chaque fonction opérationnelle ». Le Value Stream Mapping est un exercice qui consiste à schématiser les parties prenantes d’un processus et leurs apports (contributeurs directs et indirects). L’équipe ainsi constituée cerne parfaitement le processus mais aussi l’amont et l’aval. Ainsi les risques d’omettre une action ou une situation sont quasi nuls.

C’est trop souvent la phase de test qui met en évidence les manquements issus de l’analyse comme par exemple l’impossibilité des utilisateurs à effectuer une opération. Si dans le cas d’un problème de restriction d’accès, la correction est rapide, il peut arriver qu’une modification du fonctionnement du système soit nécessaire (ou qu’il faille gérer une situation imprévue). Dans ce cas, un nouveau cycle d’analyse - développement – test est requis, ce qui, en phase finale d’un projet met en péril la date de passage en production.

Autre exemple important dans le monde bancaire : le reporting. Trop souvent de multiples rapports sont définis pour satisfaire de nombreux besoins « ad hoc ». Au cours de l’activité des institutions financières, le nombre de ces relevés ne fait que s’accroître. Est-ce vraiment une nécessité ? L’expérience nous montre qu’il n’y a peu de concertation sur les types de rapports à générer. Ces derniers sont définis pour les besoins spécifiques d’un client et sont bien souvent redondants avec des documents déjà existants.
Lors du Value Stream Mapping, les conditions sont réunies pour lister les exigences en matière de reporting et de constituer un cahier des charges centralisé. Ainsi tous les rapports seront définis en concertation entre les parties prenantes. La probabilité de produire des doublons devient dans ce cas extrêmement faible.

Parlons enfin de l’application de Lean Six Sigma lors de la conception des phases de test. Un Value Stream Mapping détaillé permet de mettre en évidence les chemins logiques du processus. Ainsi, il est tout à fait possible de construire des scénarii de test « end to end » en impliquant toutes les parties prenantes au lieu de se restreindre à des itérations au sein d’un même service. En reproduisant fidèlement les situations réelles jusqu’à leur terme, la pertinence, l’exhaustivité et la fiabilité des tests sont améliorées.

Nous avons volontairement centré notre article sur le Value Stream Mapping, mais nombreuses sont les opportunités offertes par la méthodologie Lean Six Sigma. La gestion des défauts peut tout aussi bien être optimisée par des décompositions causales (technique des « Cinq Pourquoi ») ou des analyses de Pareto. L’essence même de la méthode permet de fiabiliser un processus, alors pourquoi ne pas en profiter pour l’adapter aux phases de test et en optimiser les scenarii pour les rendre les plus réels possible. Structurer la démarche de test évite les déconvenues lors des étapes finales des projets et permet de gagner du temps tout en contenant les dépassements budgétaires. Le challenge est donc de transposer efficacement une méthode industrielle au secteur tertiaire qui partage beaucoup de ses contraintes avec les manufacturiers.


Sébastien Gillot
Lean Six Sigma Black Belt
Ineum Consulting


Retrouvez chaque jeudi l'actualité du BPM sur :
www.bpm-channel.com

Jeudi 4 Mars 2010
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs




Blockchain Daily News