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Le rôle des actions va diminuer


MCKINSEY. Une étude analyse les raisons d’une évolution prévisible d’ici 2020 sous l’effet des émergents avec possibilité d’y remédier.




Le rôle des actions va diminuer
La part d'actions dans les portefeuilles des investisseurs devrait diminuer de 28% actuellement à 22% en moyenne d'ici 2020 selon une étude publiée le mois dernier par le cabinet McKinsey. Cette évolution résulte principalement du poids grandissant des patrimoines et des économies émergentes, mais aussi du vieillissement des populations, dans les économies développées surtout, du développement des placements alternatifs, des changements affectant les fonds de pensions (vers des régimes à primauté de contributions) ainsi qu'une évolution réglementaire de nature à renchérir la détention d'actions pour les agents financiers.

Cette évolution préjudiciable aux actions ne manquera pas d'affecter les modalités de financement des entreprises. Même si, sur la base du scénario de base des auteurs de l'étude, la demande en actions continuera d'augmenter de plus de 25'000 milliards de dollars au cours de la décennie à venir, cette demande ne suffira pas à couvrir les besoins en fonds propres supplémentaires des entreprises.

Sur la base d'un modèle formé de dix économies matures et de huit autres du monde émergent, les entreprises auront en effet besoin de lever 37.400 milliards de dollars pour financer leurs croissance. Dans ce contexte, ce déséquilibre pourrait être préjudiciable aux actions. Et inciter les entreprises à recourir davantage à l'endettement. Une évolution qui se traduira par un rôle moindre joué par les actions dans le système financier mondial.

Avec des conséquences que Mckinsey s'est aussi attaché à mettre en évidence. Une part moindre de financement en fonds propres pourrait en effet entraver la croissance des économies. Car «les actions constituent une source de financement à long terme mais aussi un moyen important d'absorber les risques et de les répartir entre un grand nombre d'investisseurs. Durant les phases de déclin économique, des niveaux d'endettement élevés – pour les ménages, les entreprises ou les pouvoirs publics – accroissent en effet les risques de faillites. L'effet procyclique d'un endettement élevé contribue à exacerber la phase récessive. Alors qu'une trop grande dépendance à l'égard du financement par dettes est de nature à favoriser la formation de bulles de surévaluation».

A mesure que les jeunes économies deviennent plus prospères, celles-ci tendent certes - à quelques exceptions près comme celle du Japon - à voir leurs marchés d'actions gagner en importance pour le financement de la croissance et la constitution de l'épargne. La part des pays émergents dans la capitalisation mondiale a ainsi passé de 6% en 2000 à 26% en 2010. Il n'en reste pas moins qu'une bonne part de ces actions est détenue par des investisseurs des pays développés ou par des Etats plutôt que par les ménages et les investisseurs institutionnels. Selon les pays, la part des actions représente de 8% à 20% des portefeuilles des ménages des grandes économies émergentes, contre quelque 30% pour les pays industrialisés.

Selon les estimations de McKinsey, si les investisseurs des marchés émergents sont en mesure de rehausser leurs allocations en actions aux niveaux prévalant actuellement aux Etats-Unis, au cours de la décennie à venir, cet écart pourrait être comblé et la demande en actions des investisseurs mondiaux pourrait répondre aux besoins des entreprises. Mais une telle évolution marquerait un changement soudain et peu probable qui nécessiterait une adaptation des institutions sans précédent.

Selon les auteurs de l'étude, le niveau de réglementation des marchés d'actions dans la plupart des pays émergents est encore insuffisant pour gagner la confiance des investisseurs ordinaires et atteindre les niveaux des pays développés. Ces marchés souffrent encore d'un manque de transparence et de gouvernance des entreprises et d'un éventail de canaux d'investissements en actions trop restreint. Alors que les lignes de cotations sont dominées par des entreprises publiques, ou qui l'ont été, dans les secteurs de la banque et des matières premières, offrant ainsi un choix insuffisant aux investisseurs.
Cette inadéquation de l'offre et de la demande au niveau des actions (Equity Gap) va pourtant surtout être ressentie dans les pays développés car ceux-ci contrôlent encore les quatre cinquièmes des actifs financiers mondiaux. Les entreprises y auront des besoins de financement substantiels à satisfaire pour garder le cap sur la croissance, alors qu'un rendement relativement bas de leurs actifs (ROIC) limite leur capacité à financer celle-ci par la rétention des bénéfices.

Après avoir analysé les multiples implications possibles d'un monde confronté à une moindre allocation en actions, les auteurs étudient diverses options pour remédier aux répercussions négatives sur la croissance mondiale. Ils prônent par exemple la mise en place de conditions plus propices aux financements par actions sur les marchés émergents. Y compris Sur le plan fiscal. En favorisant l'essor des investisseurs institutionnels. Ainsi que l'accès à ce type de financement pour les entreprises de tailles plus réduites.

Par Piotr Kaczor - Zurich

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Vendredi 6 Janvier 2012
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