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Le baromètre Eurofactor montre que les patrons de PME-PMI européennes anticipent une contraction de l’activité en 2009


La 7ème édition du baromètre Eurofactor, réalisé par CSA auprès de 3.000 entreprises de 6 à 500 salariés de 7 pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Portugal) suggère que les chefs d’entreprises anticipent une contraction de l’activité en Europe en 2009, du fait de la crise financière et de ses conséquences prévisibles qui rendent peu probable un retour à la confiance à brève échéance.




- Le nombre de patrons se déclarant plutôt confiants dans leur environnement économique a fortement reculé dans pratiquement tous les pays et ils sont dans l’ensemble plus pessimistes quant à l’évolution de leur situation économique et financière en 2009.
- Cette baisse de confiance s’explique par les chocs qui les affectent, qu’ils soient communs (crise financière, cours des matières premières et de l’énergie) ou spécifiques à certaines économies (crédit, immobilier).
- La crainte de rencontrer des difficultés d’accès au financement en 2009 est présente dans l’ensemble des pays. Le resserrement pressenti est cependant relatif du fait de l’anticipation d’une amélioration progressive des conditions de financement.
- Globalement, le nombre d’entreprises européennes prévoyant de recourir au crédit est en nette diminution, moins de 30% d’entre elles par exemple en France.
- L’investissement, principal moteur de la croissance en zone euro depuis trois ans, serait appelé à fléchir au cours des prochains mois, les chefs d’entreprises étant désireux de réduire leurs dépenses dans un contexte incertain. Plus marqué pour l’investissement de capacité, du fait du freinage de la conjoncture mondiale, ce repli serait moindre pour les investissements de productivité, les entreprises européennes accusant un certain retard et restant préoccupées par la concurrence des pays émergents.

En définitive, les résultats du baromètre suggèrent que les chefs d’entreprises anticipent un net freinage de la croissance en Europe en 2009. Ces résultats masquent toutefois des hétérogénéités importantes parmi les pays. D’un côté, dans les pays subissant indirectement la crise financière (Allemagne, France, Italie, Belgique et Portugal), la dégradation de la confiance est moins brutale. Il convient de noter que, parmi ce premier groupe de pays, les chefs d’entreprises allemands restent relativement optimistes sur les perspectives d’activité en 2009. De l’autre, dans les pays affectés directement par des chocs bien identifiés (récession immobilière profonde, éclatement d’une bulle du crédit), en plus du choc financier (Espagne et Royaume-Uni), les entreprises sont nettement plus pessimistes.

1 SANTE FINANCIERE ET ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE DES PME-PMI

1.1 Chute de la confiance des chefs d’entreprises européens
Le moral des patrons de PME-PMI européens s’est nettement détérioré en 2008, en lien avec l’intensification des chocs communs (crise financière, cours des matières premières et de l’énergie) ou spécifiques à certaines économies (crédit, immobilier). Les perspectives des entreprises européennes sont nettement moins favorables que les années précédentes.

- Les entreprises espagnoles sont les plus pessimistes. La majorité d’entre elles (57 %) se prononce même sur une baisse de leur chiffre d’affaire en 2009, sans doute en raison de l’ampleur du freinage conjoncturel en cours, en lien avec la récession immobilière.
- Les PME-PMI françaises sont pessimistes sur les perspectives d’évolution de leur chiffre d’affaires : 60% d’entre elles prévoient une stabilité de leur chiffre d’affaires en 2009 ; seulement 24% anticipent une augmentation, contre près de 50 % l’année précédente ;
- Les PME-PME italiennes et portugaises connaissent des situations assez similaires à celles de leurs homologues françaises.
- La confiance des chefs d’entreprises outre-Rhin est également en baisse. La proportion de ceux qui tablent sur une hausse de leur chiffre d’affaires est toutefois encore importante (30 %).
- La Belgique et le Royaume-Uni sont les pays où la proportion (40%) de chefs d’entreprises anticipant une hausse du chiffre d’affaires en 2009 est la plus importante.

1.2 Une profitabilité en baisse sensible
Les entreprises européennes sont également pessimistes concernant l’évolution de leur rentabilité.

Ainsi 15% à 25% d’entre elles prévoient une baisse en 2009 (voire 44% en Espagne), un pourcentage en nette progression par rapport à l’année précédente.

La dégradation attendue tient surtout à des facteurs conjoncturels (crise financière, débouchés moins porteurs, hausse des coûts des matières premières, etc.). Au plan structurel, les efforts mis en œuvre depuis le début des années 2000 (désendettement, restructuration) ont permis d’améliorer la santé financière des entreprises et leur capacité de résilience en cas de choc.

La baisse des profits a néanmoins nécessité de recourir davantage à des sources de financements externes. A court terme, la baisse des taux d’intérêt en cours en Europe depuis la mi-2008 devrait permettre aux entreprises de bénéficier de conditions de financement un peu plus favorables

1.3 Des conditions de financement relativement resserrées
Le nombre de chefs d’entreprises prévoyant des difficultés d’accès au crédit au cours des prochains mois a augmenté :
- 50% des chefs d’entreprises espagnols interrogés jugent ainsi que l’accès au crédit sera « plutôt difficile » au cours des 12 prochains mois.
- dans les autres pays, environ 25 à 30 % des chefs d’entreprises anticipent des difficultés relatives d’accès au financement.
Ces tendances résultent des tensions persistantes sur les marchés monétaires, lesquelles ont contraint les banques à durcir leurs conditions d’accès au crédit.

Les résultats du baromètre doivent néanmoins être relativisés. En effet, à l’exception de l’Espagne, 60 à 70 % des entreprises européennes jugent l’accès au crédit « ni facile, ni difficile » ou « plutôt facile ». Ceci s’explique sans doute par le fait que les entreprises semblent aussi anticiper une amélioration progressive des conditions de financement avec de moindre tensions sur les marchés monétaires et dans le sillage des baisses de taux de la Banque centrale européenne (BCE).

Par ailleurs, le nombre d’entreprises européennes ayant l’intention d’avoir recours au crédit est en nette diminution. Cette évolution témoigne à la fois des anticipations de demandes moins fortes, en particulier dans les pays connaissant un repli d’activité plus marqué, mais aussi du resserrement relatif des conditions de crédit et de la hausse du coût du risque. Ainsi, moins de 30 % des PME-PMI françaises envisagent de recourir au crédit au cours des prochains mois.

1.4 Des perspectives d’investissement défavorables
Les résultats du baromètre suggèrent que le cycle de l’investissement en zone euro devrait marquer le pas en 2009. Dans la plupart des pays, le nombre d’entreprises prévoyant d’augmenter ou de maintenir leurs dépenses d’investissement au cours des 12 prochains mois est en baisse.

Cette réduction des dépenses devrait concerner tous les types d’investissement. Les PME-PMI européennes prévoient surtout de réduire leurs investissements de capacité du fait de la baisse des tensions sur les appareils productifs dans la plupart des pays, en lien avec le freinage anticipé de l’activité. Par ailleurs, les investissements de productivité devraient se poursuivre pour la modernisation des équipements, mais à un rythme plus lent. En effet, à l’exception de l’Espagne, le nombre d’entreprises prévoyant d’augmenter ces dépenses baisse modérément ou reste stable par rapport à 2008.
- La forte incertitude créée par l’approfondissement de la crise financière depuis le 3ème trimestre 2008 a fait chuter la confiance des agents, ce qui assombrit les perspectives de dépenses à court terme ;
- Le relatif resserrement des conditions de crédit, lié notamment aux problèmes de refinancement des banques, pèse sur les dépenses des agents ;
- Les perspectives de débouchés (domestique et extérieure) sont moins porteuses, du fait du freinage de la conjoncture mondiale.

Au total, compte tenu de tous ces facteurs défavorables, l’investissement productif devrait nettement se replier dans tous les pays européens. L’essentiel de l’ajustement devrait intervenir à la charnière fin 2008 – début 2009.

1.5 Coût d’arrêt des créations de l’emploi
Les créations d’emploi devraient marquer un coup d’arrêt en 2009.
- Dans la plupart des pays, environ 10% des entreprises anticipent une diminution de leurs effectifs au cours des prochains mois, un chiffre en forte augmentation par rapport à 2008 et qui atteint même 30% en Espagne compte tenu de la conjoncture.
- La majorité des PME-PMI européennes (environ 80%) prévoit une stabilisation de leurs effectifs au cours des prochains mois.
- En Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni, l’emploi devrait sans doute moins reculer que dans les autres pays. En effet, le nombre d’entreprises se déclarant prêtes à embaucher y est plus élevé qu’ailleurs (15 à 30 %). Ce point doit cependant être relativisé, l’enquête ayant été réalisée avant que l’amplification de la crise financière n’entraîne une détérioration nette de la conjoncture et du marché du travail au Royaume Uni notamment.

1.6 Les risques pesant sur l’environnement global se sont intensifiés
La chute de la confiance des chefs d’entreprises européens tient à une série de chocs qui ont pesé sur l’environnement global en 2008, notamment le choc pétrolier intervenu en première partie d’année 2008.
L’évolution des prix des matières premières et de l’énergie est citée comme principal facteur de préoccupation des entreprises. La hausse induite des coûts des consommations intermédiaires a pesé sur les marges des entreprises et l’intensité de la concurrence internationale ne leur a pas permis de reporter complètement cette augmentation du coût des intrants sur le consommateur final.

En outre, on note que l’ensemble des phénomènes résultant directement de l’intensification de la crise financière (taux d’intérêt et taux de change) arrive en deuxième position parmi les facteurs de risques cités par les chefs d’entreprises.

Enfin, certains facteurs structurels restent une source importante de préoccupation, notamment la concurrence des pays émergents, en particulier la Chine et les pays d’Europe centrale membres de l’UE, bien que ces derniers soient également perçus comme une opportunité.

2 LA GESTION DU POSTE CLIENTS

2.1 Les délais de paiement clients ne convergent pas
Globalement en Europe, une PME-PMI se fait payer, en moyenne, à un horizon de deux mois et une semaine, avec de fortes disparités selon les pays :
- En Allemagne (37j en 2008 / -2j par rapport à 2007) et en Grande-Bretagne (42j / -1j) ces délais sont les plus courts et se sont raccourcis en 2008.
- En France (68j / + 2j) et en Belgique (61j / +1j), ces délais se sont légèrement allongés en 2008.
- En Espagne (78j / + 5j), en Italie (98j / + 4j) et au Portugal (112j / +13j), ces délais parmi les plus importants d’Europe se sont allongés en 2008, alors qu’ils avaient diminué en 2007 en Espagne.

C’est au Portugal que l’on observe l’allongement le plus important des délais de paiement depuis 2001, les délais étaient alors de 63 j.

L’Allemagne reste le pays d’Europe dont les termes de paiement (échéance théorique) et les nombres moyens de jours de paiement pratiqués sont les plus faibles malgré une activité exportatrice importante sur des pays à risque.

Les délais de paiement des clients sont à mettre en perspective avec les soldes des crédits interentreprises (crédits clients – dettes fournisseurs). Selon une observation du comité européen des centrales de bilan, entre 1990 et 2005, ces soldes sont assez proches malgré des délais de règlement très différents, faibles ou élevés selon les pays, mais qui se compensent. Ainsi le recours au crédit fournisseur reste une variable d’ajustement en fonction des variations des délais clients, même s’il dépend toutefois du secteur, de la taille, et de l’appartenance de l’entreprise à un groupe.

Le secteur public contribue largement à l’allongement des délais de paiement, surtout au Portugal et en Italie mais aussi en Belgique.

La moyenne des retards de paiement est de 3 semaines. Elle varie néanmoins d’environ 11j en Allemagne et en Grande-Bretagne et à plus d’un mois au Portugal.

2.2 Les impayés touchent de nombreuses PME PMI
Le taux de créances impayés se stabilise globalement en 2008.
- La part des PME-PMI allemandes qui ont des créances impayées tend à diminuer depuis 2005. Notons qu’il s’agit surtout d’entreprises de plus de 500 salariés (89 %).
- Les PME-PMI espagnoles sont les entreprises européennes ayant le plus faible taux de créances impayées. Ce taux atteint son maximum dans les structures de 50 à 500 salariés (93 %).
- 67 % des PME-PMI britanniques déclarent avoir des créances impayées. Les plus touchées sont les structures de plus de 50 salariés (75 % de réponses) et les entreprises du BTP (73 %) alors qu'à l’inverse, les entreprises de 6 à 9 salariés sont moins fréquemment face à cette situation (62 %).
- La France est un des pays où la proportion d'entreprises ayant des créances impayées est parmi les plus faibles. La proportion de créances impayées augmente avec la taille de l’entreprise (81 % des entreprises de 50 à 500 salariés). Le secteur du commerce est plus exposé aux impayés (81 %).
- La proportion de PME-PMI italiennes ayant des créances impayées s’élève en 2008 à 79 %. Ce taux, même s’il diminue légèrement depuis 2006 reste l’un des plus élevés d’Europe. Les impayés touchent tous les secteurs et tailles d’entreprises.
- Au Portugal les créances impayées concernent principalement les entreprises de 20 à 49 salariés (91 %) et celles du secteur du commerce (87 %) et de l’industrie (86 %).
- La proportion de PME-PMI belges ayant des créances impayées se situe dans la moyenne de celle des PME-PMI européennes. Elle atteint son maximum dans les entreprises du secteur du commerce (85 %).

Ces chiffres qui retracent l’importance du choc de la crise économique dans les différents pays sont cependant à mettre en perspective avec le nombre d’entreprises en défaillance du pays et surtout les lois et usages sur les défaillances d’entreprises.

Le recours au recouvrement et son évolution sont très disparates selon les pays et les secteurs : tandis que les entreprises allemandes et britanniques tendent à faire moins souvent appel au recouvrement, la tendance est inversée en Espagne et en Italie.
Cela s’explique par les relations commerciales interentreprises, par le cycle de production du secteur concerné et par le rapport de force entre l’acheteur et le vendeur. C’est toutefois un facteur de risque accru de non paiement.
Globalement le processus de recouvrement quand il est lancé, l’est plus d’un mois au-delà de l’échéance théorique de la créance.

Par ailleurs, la facturation des intérêts de retard progresse dans l’ensemble des pays, sauf en Grande Bretagne et en Belgique.
Elle est courante en Allemagne (54 % des entreprises), moins répandue au Portugal, en Italie et en Espagne (respectivement 29 %, 22 % et 21 % des entreprises) et faible en France et au Royaume Uni (respectivement 12 % et 14 % des entreprises).

On note cependant que dès lors qu’ils sont facturés, les intérêts de retard sont très majoritairement encaissés (près de 90% des entreprises).

2.3 Les entreprises européennes utilisent des services externes
Les deux tiers des sociétés des pays sous étude font appel à des services externes pour la gestion de leur poste clients même si les services utilisés et les situations sont contrastés selon les pays.

Service le plus fréquemment utilisé, le recours à des avocats progresse encore en 2008 dans plusieurs pays. Les experts comptables viennent en second, puis l’assurance crédit, pour une entreprise européenne sur cinq (exception faite de l’Italie 14%).

Les autres solutions (renseignements commerciaux, affacturage,…) sont utilisées dans les mêmes proportions que les années précédentes, à l’exception de l’Espagne où elles progressent.

Compte tenu du contexte économique, on peut y voir un paradoxe avec le fait que les PME-PMI considèrent notamment l’assurance crédit comme une protection importante de l’entreprise contre toute défaillance des débiteurs, et une mesure de sauvegarde pour sa pérennité.

A propos d’Eurofactor
Eurofactor est numéro 1 de l’affacturage en France, et le premier réseau intégré d'affacturage en Europe, implanté en Allemagne, au Benelux, en Espagne, en France, au Portugal, en Grande- Bretagne et en Italie.
Filiale de Crédit Agricole SA, Eurofactor accompagne le développement de toutes les entreprises en construisant avec elles la solution de gestion du poste clients la mieux adaptée à leur stratégie, à leur secteur d'activité, à leur taille et à la typologie de leur clientèle, en France et à l'International, en développant notamment une offre paneuropéenne, European Pass®.

www.eurofactor.com

Jeudi 5 Février 2009
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