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Le Point conjoncture CGPME - Avril 2013


Les indicateurs sont au plus bas depuis plusieurs mois, les ménages et les entreprises ont perdu confiance dans l’économie française. Or, la confiance est la clef de sortie du cercle vicieux qui, installé en France depuis plusieurs années, s’accélère depuis le mois d’août dernier : les moteurs de l’économie française, la consommation et l’investissement, sont à l’arrêt.




COMMENTAIRE DE LA CGPME

Cette conjoncture mal orientée s’auto-entretient par manque de réformes profondes. En particulier, en matière de finances publiques, la France ne peut plus se contenter d’espérer d’éventuels sursis de la part de Bruxelles pour agir. Il faut poursuivre et approfondir les efforts engagés en matière de compétitivité et de réforme du marché du travail afin de favoriser l’investissement, l’emploi et par la suite la consommation.

La France a résisté à la crise des subprimes, elle a survécu à la crise européenne, mais a-t-elle encore suffisamment de ressources pour ne pas sombrer aux prochains chocs conjoncturels ?

Le Point conjoncture CGPME - Avril 2013

ANALYSE DE LA CGPME

2013, stagnation de l’activité au premier semestre
D’après les prévisions de l’INSEE, la croissance au premier semestre serait atone (0% au premier trimestre et +0,1 % au second). En effet, la consommation serait quasiment stable sur cette période (0% au premier trimestre puis +0,1 % au deuxième trimestre) tandis que l’investissement des entreprises se réduirait de nouveau (-0,5 % aux deux premiers trimestres). Par conséquent, l’acquis de croissance pour l’année 2013 s’établit à +0,1 %.

Hausse du déficit budgétaire
Le déficit budgétaire en février s’est élevé à 27,1 milliards d’euros, soit une hausse de 12 % par rapport à la même date en 2012. Les recettes diminuent (-2,8 % sur un an) alors que les dépenses augmentent légèrement (+1,3 %).

Baisse du déficit public mais hausse de la dette publique
En 2012, le déficit public a légèrement baissé, atteignant 98,2 milliards d’euros, soit -4,8 % du PIB, contre -5,3 % du PIB en 2011. En effet, les recettes se sont élevées à 51,7 % du PIB en 2012 (après 50,6 % du PIB en 2011) soit une progression plus rapide que les dépenses, qui sont passées de 55,9 % à 56,6 % du PIB. Cet accroissement des recettes résulte notamment de la hausse du taux de prélèvements obligatoires (+1,2 point en 2012 soit 44,9 % du PIB) sous l’effet de la hausse des impôts (+5,3 %). Par ailleurs, d’après les estimations du Gouvernement, les prélèvements obligatoires devraient continuer de s’accroître au cours des prochaines années : ils s’établiraient à 46,3 % du PIB en 2013 puis à 46,5 % du PIB sur la période 2014 - 2017.

En revanche, la dette publique s’est accrue de 116,9 milliards d’euros et s’élève à 1 833,8 milliards d’euros fin 2012. Elle atteint ainsi 90,2 % du PIB fin 2012 (après 85,8 % fin 2011).

Nouvelle hausse du déficit extérieur
En février, le solde du commerce extérieur se détériore de nouveau et ce, pour le troisième mois consécutif (+6,3 % après +3 % en janvier) : le déficit s’établit donc à 6,011 milliards d’euros en février. En effet, les exportations enregistrent une nouvelle baisse (-1,9 % après -2,4 % en janvier) du fait du creux conjoncturel des livraisons aéronautiques ainsi que de la contraction des ventes vers l’Union européenne. Les exportations atteignent, donc, 35,841 milliards d’euros en février. Parallèlement, on constate une moindre contraction des importations en février (-0,8 % après 1,7 % en janvier) qui s’établissent à 41,852 milliards d’euros.

Rebond des prix en mars
En mars, les prix se sont accrus de 0,8 % après une hausse de 0,3 % en février. Cet accroissement est notamment le fait du contrecoup des soldes d’hiver : les prix des produits manufacturés ont augmenté de 2 % sous l’effet du rebond des prix de l’habillement et chaussures (+ 12,2 % en mars). Toutefois, au cours du premier trimestre 2013, la hausse des prix est plus modérée (+0,1 %). De même, la progression annuelle de l’indice des prix continue de ralentir depuis le mois d’août 2012 (+1 % comme en février, contre +2,1 % en août 2012).

Ménages
En mars, la confiance des ménages se dégrade légèrement : l’indicateur correspondant perd 2 points et son niveau oscille toujours autour de 15 points en dessous de sa moyenne de longue période depuis août 2012. En particulier, les ménages estiment que leur niveau de vie s’est dégradé et qu’il continuera de même au cours des prochains mois (les soldes d’opinion sont inférieurs, respectivement, de 31 points et 38 points à leurs moyennes). De même, ils sont toujours plus nombreux à anticiper de nouvelles hausses de chômage (avec un indicateur supérieur de 44 points à sa moyenne).

Dans les faits, le chômage poursuit son ascension : en février, on comptabilisait 4,707 millions de personnes inscrites à Pole emploi en catégorie A, B, C, soit une hausse de 0,6 % sur un mois et de 9,8 % en un an. De même, la seule catégorie A comptait 3,188 millions de personnes, soit une progression de 0,6 % sur un mois et de 10,8 % sur un an. Ces effectifs ne cessent de s’étoffer depuis mai 2011.

De même, le taux de chômage au sens du BIT continuerait de s’accroître au cours du premier semestre 2013 : mi-2013, il s’élèverait à 10,6 % en France métropolitaine (11,0 % y compris Dom) après 9,9 % (10,6 % y compris les DOM) au quatrième trimestre. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le deuxième trimestre 1999.

Ainsi, les ménages sont encore très nombreux à considérer que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats importants (le solde d’opinion est inférieur de 16 points à sa moyenne). Les dépenses totales de consommation des ménages seraient quasi stables au premier semestre 2013 (0 % puis +0,1 % au deuxième trimestre). En effet, au premier trimestre 2013, les achats de produits manufacturés reculeraient sensiblement (-0,7 %) et se redresseraient très légèrement au cours du deuxième trimestre (+0,2 %). Parallèlement, les dépenses en énergie s’accéléreraient en raison des conditions climatiques de début 2013 (+2,5 % contre +0,2 % fin 2012), avant de se contracter au deuxième trimestre (-1,7 %). Ainsi, l’acquis de croissance de la consommation en 2013 s’établirait à +0,3 % après la stagnation observée en 2012.

De manière corollaire, le taux d’épargne s’adapterait aux dépenses exceptionnelles des ménages liées notamment au calendrier d’entrée en vigueur des hausses d’impôts. Après avoir baissé à 15,5 % au quatrième trimestre 2012, il rebondirait au premier semestre 2013 (15,8 %).

Entreprises
En mars, le climat des affaires demeure mal orienté. D’une part, l’indicateur perd un point pour s’établir 14 points en dessous de son niveau de longue période après quatre mois consécutifs de stagnation. Il fait partie des plus bas depuis septembre 2009. D’autre part, l’inquiétude des dirigeants de PME face à la situation économique n’a jamais été aussi présente depuis la création du baromètre KPMG-CGPME : elle touche 92 % d’entre eux.

Parallèlement, 61 100 défaillances d’entreprises ont été dénombrées en janvier 2013, soit une hausse de 1,7 % par rapport à la même date en 2012. Les PME et micro entreprises, qui représentent 93,5 % des défaillances, ont vu leur nombre s’accroître de 1,2% en un an. La progression la plus marquante est toujours enregistrée au niveau des ETI et les grandes entreprises (+16,4 %).

Par ailleurs, l’offre de crédit rebondit légèrement : en février, le taux de croissance annuel s’est élevé à +1 % après +0,5 % en janvier pour atteindre 815 milliards d’euros. En effet, la croissance des crédits à l’investissement continue de ralentir en février (+2,1 % après +2,3 en janvier, soit 562 milliards d’euros). Parallèlement, la régression des encours de crédits de trésorerie s’estompe légèrement : en février, le taux de croissance atteint -3,4 % (après -4,9 % en janvier) portant à 173 milliards d’euros les encours de cette catégorie de crédit.

Par conséquent, étant donné que les perspectives d’activité ne sont pas favorables à l’investissement et ce, dans tous les secteurs, les entrepreneurs reporteraient de nouveau leurs projets d’investissement au cours du premier semestre (-0,5 % aux deux premiers trimestres après -1,2 % fin 2012).

De même, ils réduiraient légèrement la production au premier trimestre 2013 (-0,1 %) puis la stabiliseraient au deuxième (0,0 %). L’acquis de croissance de la production pour 2013 s’établirait à -0,3 % après +0,1 % en 2012. En conséquence, les chefs d’entreprise continueraient donc de déstocker au premier semestre 2013 : la contribution à la croissance de la variation des stocks serait quasi nulle après avoir été négative au quatrième trimestre 2012, (-0,4 point).

ACTIVITE DES SECTEURS

L’industrie
En mars, le climat des affaires est stable dans l’industrie : l’indicateur demeure inférieur de 10 points à sa moyenne de longue période.
Les carnets de commandes restent jugés comme étant peu fournis. De manière générale, le chiffre d’affaires dans l’industrie prise dans son ensemble, a baissé en janvier (-1,9 %) après la hausse observée en décembre (+2,1 %). De même, le chiffre d’affaires de l’industrie s’est replié de 1,2 % au cours du dernier trimestre et de 0,2 % par rapport à la même période l’an dernier. Ces résultats reflètent le contrecoup constaté dans l’industrie automobile. En effet, les ménages ayant anticipé les achats d’automobiles en fin d’année dernière, le chiffre d’affaires s’est replié en début d’année (-11,6 % dans le secteur), impactant le secteur industriel dans son ensemble.

Néanmoins, la production industrielle s’est accrue de 0,7 % en février (contre -0,8 % en janvier), soutenue par le secteur de la cokéfaction et raffinage (+17 % après +0,5 % en janvier). Toutefois, au cours des trois dernier mois, on observe un léger repli de la production industrielle (-0,1 %). De même, comparée aux trois mêmes mois de l’année précédente, la production des trois derniers mois recule nettement (-2,8 %) : la seule production dans les matériels de transport chute de 9,5 % sur cette période.
Ainsi, les perspectives générales de production se détériorent nettement : l’indicateur correspondant perd 5 points et se situe 33 points en dessous de sa moyenne.

Le Point conjoncture CGPME - Avril 2013

Le commerce
En mars, le climat des affaires se détériore : l’indicateur correspondant perd deux points et se situe désormais 13 points en dessous de sa moyenne de longue période.

Les ventes au cours de ces derniers mois ont de nouveau été perçues en nette baisse. Le chiffre d’affaires continue de diminuer dans le commerce et la réparation d’autos et de motos (-2,5 % sur trois mois) : le secteur n’a pas connu de croissance de son chiffre d’affaires positive depuis novembre 2011. Par ailleurs, la dégradation du chiffre d’affaires est moins prononcée dans le commerce de détail hors autos et motos (-0,3 % au cours des trois derniers mois). Celui réalisé dans le commerce de gros hors autos et motos est stable sur trois mois).

Pour les mois à venir, les commerçants anticipent une nouvelle détérioration des ventes. Ainsi, les chefs d’entreprises réduisent de nouveau leurs stocks

Le Point conjoncture CGPME - Avril 2013

Les services
En mars, le climat des affaires s’est de nouveau sensiblement dégradé dans les services : l’indicateur correspondant perd 4 points et se situe 16 points en dessous de sa moyenne.

L’activité de ces derniers mois a été perçue en repli par les chefs d’entreprise. Au cours des trois derniers mois, le chiffre d’affaires réalisé dans le secteur de l’hébergement-restauration a diminué (-1 %) tandis que celui réalisé dans les services aux ménages a été stable. A contrario, les secteurs du soutien aux entreprises et le secteur des activités immobilières ont connu une certaine progression de leurs chiffres d’affaires (respectivement +0,6 % et +1,1 % sur trois mois).

Pour les prochains mois, les chefs d’entreprises anticipent de nouveau une baisse de la demande : ils restent, donc, pessimistes quant aux perspectives générales d’activité dans leur secteur.

Le Point conjoncture CGPME - Avril 2013

Source : Direction des Affaires Economiques - CGPME

Vendredi 26 Avril 2013
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