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Le PIB des pays d’Europe du Nord devrait dépasser les niveaux d’avant crise


Les inquiétudes liées à la dette souveraine masquent la reprise modeste dont bénéficie la zone euro




Un an après le début de la crise de la dette souveraine, une nouvelle étape vient d’être atteinte. Alors que cela semblait difficilement envisageable il y a un an, la Grèce sollicite une nouvelle aide financière et doit restructurer sa dette souveraine, selon les dernières prévisions de l'indice trimestriel EEF (Ernst & Young Eurozone Forecast).

À supposer que les gouvernements et la BCE (Banque Centrale Européenne) s’accordent sur un train de mesures pour accompagner la Grèce sur les deux prochaines années, les prévisions tablent sur une augmentation du PIB de la zone euro de seulement 2 % cette année et de 1,6 % en 2012. Il est de l’intérêt de tous d’arriver à un accord. À défaut, la restructuration désordonnée qui s’en suivrait entraînerait l’ensemble de la zone euro dans une nouvelle phase de récession. Selon Marie Diron, conseillère économique senior de l’EEF, « Nos prévisions pour 2011 ont été révisées à la hausse en raison de signaux positifs durant le premier trimestre de l’année.

Toutefois, une grande incertitude persiste quant à l’impact de la restructuration de la dette grecque sur le secteur financier et ses conséquences sur l’économie de la zone euro dans son ensemble. Nous pourrions facilement basculer dans un scénario non maîtrisé qui aurait pour effet de faire chuter le PIB de la zone euro ».

Alain Kinsch, Country Managing Partner d’Ernst & Young, Luxembourg, explique : « Pendant quelque temps, l’environnement économique de la zone euro sera difficile, marqué par une croissance faible et des investisseurs en proie au doute. Dans ce contexte, les entreprises peineront à participer à la résorption du chômage. Jusqu’en 2015, le nombre de chômeurs devrait se maintenir au-dessus de 13 millions, alors qu’il était de 11,5 millions début 2008 ».

Un répit à court terme pour la Grèce

Le nouveau plan de soutien de l’UE (Union Européenne) et du FMI (Fonds Monétaire International) à la Grèce n’apportera qu’un bref répit à ce pays. Comme l’explique Alain Kinsch : « Un tel prêt permettra certes de gérer le problème de liquidité et donnera au gouvernement grec le temps d’assainir les comptes et d’avancer dans ses réformes structurelles, mais il ne constitue pas une solution sur le long terme ». Au problème de liquidité à court terme, s’ajoute le problème de solvabilité de la Grèce, c’est-à-dire de sa capacité à dégager des ressources budgétaires suffisantes pour couvrir le coût financier de sa dette souveraine.

Selon l’EEF, la dette grecque devrait se creuser jusqu’à représenter près de 170 % du PIB, avec une charge de la dette dépassant 20 % des recettes de l’État. De plus, les difficultés du gouvernement grec à respecter les conditions des précédents plans laissent planer le doute sur sa capacité à en mettre en oeuvre un second.

La Grèce n’est pas le seul pays concerné. Marie Diron le confirme : « Une fois les négociations sur le renflouement relancées, l’UE et le FMI devront se pencher de nouveau sur les dossiers de l’Irlande et du Portugal, ce qui pourrait décrédibiliser les conditions des plans élaborés pour ces deux pays ».

Les risques de la restructuration de la dette

Selon l’EEF, le nouveau plan de rigueur doit s’accompagner d’une restructuration modeste et ordonnée de la dette. Sans résoudre tous les problèmes, cette approche apporterait une bouffée d’oxygène au gouvernement grec, tout en proposant une solution pour prémunir les secteurs financier et bancaire de la zone euro de fortes incertitudes.

Si cette restructuration restreinte risque toutefois de n’apporter qu’un soulagement provisoire, il faut privilégier ce modèle à un processus de restructuration plus large et moins ordonné qui pourrait notamment avoir pour conséquence un risque de contagion aux autres pays. Cette contagion pourrait d’abord toucher l’Irlande et le Portugal, également confrontés à des défis — quoique moins sérieux – en matière de dette. Elle pourrait même atteindre ensuite d’autres pays, y compris le Luxembourg, par le biais de leur secteur bancaire, lequel détient une part importante de la dette souveraine de pays en plus grande difficulté.

Les tests de résistance bancaire (stress tests) qui seront publiés en juillet permettront sans doute d’en savoir plus sur la santé du secteur bancaire, même si leur crédibilité est remise en question, comme l’année dernière, en raison d’hypothèses jugées trop favorables. Alain Kinsch apporte les précisions suivantes : « Une restructuration désordonnée aurait des répercussions sur l’économie de la zone euro dans son ensemble, avec des banques plus réticentes à octroyer des prêts et un indice de confiance des entreprises et des ménages en baisse ».

Des opportunités dans une Europe à deux vitesses

En ce qui concerne les prévisions à cinq ans, si la croissance sera globalement faible dans la zone euro, avec d’importants risques baissiers, elle sera robuste dans certains pays. En effet, le PIB de certains pays comme l’Allemagne, la France et les Pays-Bas devrait enregistrer une augmentation moyenne annuelle de 2,2 % entre 2011 et 2015, soit un taux de croissance légèrement supérieur à celui de la décennie d’avant crise. De fait, pour 2011, l’EEF prévoit une croissance de 3,5 % en Allemagne, 4,1 % en Finlande et 2,2 % aux Pays-Bas. A contrario, le PIB de pays comme le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne ne devrait progresser que de 1,2 % au cours de la même période, soit un taux inférieur de plus de moitié à celui de la décennie d’avant crise.

L’explication d’Alain Kinsch est la suivante : « Cette croissance génère d’importantes opportunités pour les entreprises qui cherchent à tirer parti d’un pouvoir d’achat en hausse dans les pays concernés. De plus, les bénéficiant d’un bilan solide peuvent se diriger vers les pays dont les coûts de production vont vraisemblablement diminuer, à l’instar de l’Irlande où les coûts de la main d’oeuvre ont déjà baissé. »

Les perspectives de croissance dans la zone euro varient également selon les secteurs. Les services aux entreprises ont le vent en poupe car la zone euro s’appuie sur une main d’oeuvre qualifiée et compétente dans ce domaine. On s’attend également à une reprise plus rapide du secteur manufacturier car il bénéficie d’une forte demande extérieure, en particulier de la part des marchés émergents.

Des choix épineux en matière d’inflation et de taux d’intérêt

La BCE est toujours confrontée à des choix difficiles pour gérer l’inflation relativement élevée, les prévisions de croissance faible et le déséquilibre entre pays en bonne santé et plus en difficultés. Jusqu’à présent, elle a privilégié une inflation élevée.

Alain Kinsch précise en conclusion que « Ce durcissement est prématuré car il augmente la pression sur les économies des pays plus en difficultés, d’autant qu’une politique monétaire plus rigoureuse entraînera une hausse de l’euro. Les risques baissiers qui pèsent sur la zone euro sont tels que la BCE devra peut-être faire machine arrière, ce qui ne serait pas sans conséquences en termes de crédibilité. Au final, nous ne pensons pas qu’un taux d’inflation élevé, comme celui que l’on constate actuellement, puisse se généraliser aux salaires et aux prix. Au contraire, nous prévoyons que l’inflation dans la zone euro redescendra en dessous de 2 % au début de l’année prochaine ».

À propos d’Ernst & Young Eurozone Forecast et d’Ernst & Young
Les prévisions et analyses présentées dans l'EY Eurozone Forecast sont basées sur le modèle de la Banque Centrale Européenne pour l’économie de la zone euro. Ce modèle intègre une théorie et des techniques économiques de pointe et est utilisé par la BCE pour produire ses prévisions trimestrielles pour la zone euro.

A propos d’Ernst & Young
Ernst & Young est l’un des leaders mondiaux de services professionnels en audit, fiscalité, transaction et services de conseil. Au quotidien, nos valeurs communes et notre engagement inébranlable pour la qualité guident nos 141.000 collaborateurs mondialement. C’est en accompagnant nos employés, nos clients et tous nos interlocuteurs dans la valorisation de leur potentiel que nous créons la différence.
Ernst & Young désigne les membres d'Ernst & Young Global Limited, qui sont chacun des entités juridiques distinctes. Ernst & Young Global Limited, société britannique à responsabilité limitée par garantie, ne fournit pas de prestations aux clients. Ce communiqué de presse a été publié par Ernst & Young Luxembourg S.A., un membre de l'organisation Ernst & Young Global Limited. L’organisation Ernst & Young est divisée en 5 zones géographiques avec des bureaux appartenant à l’une des entités juridiques suivantes : Ernst & Young Americas LLC, Ernst & Young EMEIA Limited, Ernst & & Young Far East Area Limited et Ernst & & Young Young Oceania Limited. Ces entités ne fournissent pas de services aux clients.
ey.com/Luxembourg

Mercredi 20 Juillet 2011
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