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La valorisation astronomique d’une start-up


Par Théodore-Michel Vrangos, cofondateur d’I-TRACING.




Théodore-Michel Vrangos
Théodore-Michel Vrangos
Elle est basée à Palo Alto, existe depuis 2003, a été créée par Peter Thiel, un des fondateurs de Paypal. Elle est assez secrète, non-cotée en bourse, mais grâce à sa dernière augmentation de capital de plus de 880 millions de dollars, (son 11ème tour de table, avec plus de 2 milliards cumulés !), elle vaut actuellement plus de 20 milliards de dollars.

Elle s’appelle Palatir Technology et même en France, en ce début d’année 2016, la presse économique parle d’elle. Heureusement que la presse en parle car la société Palantir est bien mystérieuse, à l’opposé de son métier de fournisseur de ‘’transparence’’ et traçabilité…

Son métier est celui de la collecte, la corrélation, l’agrégation bigdata, la cartographie des données des utilisateurs, de leurs usages, de leur géolocalisation, de leurs actions, de leurs contacts, de leurs communications de tous types, de tous formats ; bref, de la totalité des données que nous générons. Elle capte et exploite le nuage d’informations généré en permanence autour de chaque humain.

La rumeur dit que Palantir Technology a aidé la CIA (qui est à la fois client et actionnaire historique de l’entreprise à travers son fonds InQTel) à traquer Ben Laden et aussi le FBI à identifier l’étendue de la fraude Madoff ; que ses produits ou prestations ont permis à JP Morgan de traquer la fraude financière. Mais, il n’existe aucune information officielle sur ses clients.

Inspirée des technologies anti-fraude aux paiements en ligne développées chez PayPal, elle a été utilisée par la communauté du renseignement américain dans le but de déjouer les conspirations terroristes et s’est ouverte par la suite, aux administrations locales et aux entreprises privées du secteur financier mais aussi des assurances et du médical pour déceler les fraudes bancaires et les fraudes à la sécurité sociale. Parmi ses clients, la NSA, la CIA, le Departement of Home Security, le FBI, les Marines, l'US Air force, etc.

On ne connaît pas son chiffre d’affaires - on l’estime entre 800 Millions et 1 Milliard de Dollars US - et encore moins son résultat annuel. Mais sa valorisation dépasse celle d’AirBnB ou de Snapchat….

Cela en dit long, très long sur la valeur de nos données, de nos informations agrégées suivant des règles fonctionnelles, les fameux use-case qui dépendent du contexte, des métiers, des objectifs, etc. Mais, cela en dit long surtout sur l’expertise nécessaire pour tirer profit des données et sur la capacité de valorisation. Car une des grandes difficultés techniques du sujet, vraisemblablement résolue par Palatir, est - au-delà des problématiques de traitement en masse - la corrélation et l’exploitation des données à fusionner, provenant de bases de données non-structurées, dans des formats et syntaxes différents et de tous les silos de bases de données. Un travail extrêmement complexe.

Autre élément probable d’explication. On devine que le modèle économique de l’entreprise est un mélange inhabituel d’éditeur de solutions (deux produits sont - officiellement – proposés : Palantir Gotham pour le monde du renseignement et le domaine militaire et Palantir Metropolis pour les banques-finances-assurances) et de prestataire de services : conseil amont et audit, analyse, spécifications, ingénierie, développement spécifique, tuning poussé des solutions logicielles, etc...

Le besoin d’expertise humaine est très fort et indispensable. Les solutions Big Data produisent de la donnée utile à partir d’un lac d’informations, littéralement un data lake. L'approche de Palantir Technology est de combiner les compétences du logiciel avec celles des analystes, des humains assurant le rôle clé de Data Analyst, le tout en son nom propre. C’est une approche connue dans la cybersécurité et les processus de SOC (Security Operations Center) au sein des entreprises. L’importance de l’analyse menée par des humains est donc la clé de la réussite de Palantir.

Les outils Palantir semblent bien aller au-delà du big data – data mining pour proposer des fonctions étendues d'analyse, de cartographies de la corrélation de données, de recherche et de cartographies multicritères.

Reste à voir comment l’accès à ces outils qui contiennent et manipulent énormément de données personnelles est contrôlé et surveillé. Tout cela semble se dérouler de manière discrète, car l’entreprise n’a pas pour stratégie de s’introduire en bourse.

Théodore-Michel VRANGOS
Cofondateur et président d’I-TRACING, entreprise de conseil et ingénierie entièrement dédiée à la traçabilité de l’information et à la gestion de la preuve. Ancien Président de Cyber Networks, aujourd’hui BT France, qu’il avait fondée avec Laurent Charvériat, Théodore-Michel Vrangos a démarré sa carrière en tant que IT Business Manager au sein du Groupe Générale des Eaux (Vivendi) à Paris.
Master of Science en technologie de l‘information de l‘Université de Manchester (UK) et diplômé du Groupe ESIEE.

A propos d’I-TRACING
Entreprise de services à hautes valeurs ajoutées, I-TRACING est dédiée à la traçabilité de l’information, la gestion des preuves et la sécurité des systèmes d’information, enjeux majeurs du XXIè siècle.
Fondée en 2005, cette société de conseil et d’ingénierie est installée à Puteaux et possède une filiale au Royaume-Uni. Composée aujourd’hui de plus de 50 ingénieurs et consultants, I-TRACING propose une gamme complète de prestations : conseil, audit, forensic, ingénierie et infogérance (managed services) pour des solutions de sécurité, de traçabilité, de gestion des preuves et de gouvernance SSI (log management, SIEM et conformité ISO27001, PCI DSS, CNIL, conformité Bâle 2, ARJEL…).
I-TRACING intervient sur différentes déclinaisons de la sécurité et traçabilité de l’information (contrôle des accès des utilisateurs à privilèges, détection et lutte contre la fraude, sécurité du S.I., mise en conformité légale, suivi et optimisation de la production et de l’exploitation, gouvernance SI, mise en œuvre et exploitation de SOC…) auprès de grandes entités françaises et internationales telles que Aéroports de Paris, AG2R La Mondiale, Allianz, Areva, AXA, Bouygues, Canton et République de Genève, Carrefour, CEB Banque, Cegedim, Chambre des Notaires de Paris, Dassault Systèmes, Euler Hermès, Groupama, Groupe Crédit Agricole, Humanis, KBL, La Poste, Macif, Michelin, Orange, PMU, RATP, Sanofi, SFR, Servier, Société Générale, Systra, Total, Vodafone, Yves Rocher, etc.

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Mardi 9 Février 2016
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