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La multiplication des défauts des paiements accentue la crise des liquidités en Europe


L'enquête EPI 2012* confirme le clivage de l'Europe entre les pays de l'Europe du Nord solides, qui résistent aux difficultés économiques, et ceux du Sud qui s'enfoncent chaque jour un peu plus dans le marasme économique.




Avec une hausse de 4 % des créances passées en perte, soit un montant record de 340 milliards d'euros (contre 312 milliards en 2011), les entreprises européennes se retrouvent cette année encore dans une situation économique tendue. Le taux de perte sur créances irrécouvrables représente désormais 2,8 % du montant des créances totales.

L'augmentation des retards de paiement dus à la crise multiplie les craintes de faillites pour de nombreuses entreprises européennes. 57 % d'entre elles affirment ainsi avoir des problèmes de liquidités dus aux délais de paiement toujours trop longs ; c'est 10 % de plus que l'année dernière.

Ce sont les PME, pourtant moteurs de croissance et employeurs de 2 travailleurs sur 3 qui sont les plus concernées.

De plus en plus de disparités entre le Nord et le Sud
Si en Allemagne, dans les pays nordiques ou en Suisse le climat des affaires s'améliore, ce n'est pas le cas des pays du sud qui, eux, sont asphyxiés par la crise internationale. Dans la foulée de la Grèce, on voit bien que l'Espagne, l'Italie, ou le Portugal, peinent à trouver des solutions pour améliorer leur situation. En Grèce, le taux de pertes a bondi de 4,9 % à 5,9 %. Cela signifie que, pour 20 € de ventes, plus de 1 € est passé en pertes. Les délais pour les transactions interentreprises sont aujourd'hui de 33 jours en moyenne dans les pays du nord de l'Europe, contre 91 jours pour ceux de la Méditerranée, ce qui constitue une entrave majeure aux échanges commerciaux au sein de l'Europe.

Dans ce contexte, les entreprises pointent du doigt l'immobilisme des pouvoirs publics : 70 % des 7 800 entreprises interrogées dans le cadre de l'étude EPI estiment ne pas bénéficier du soutien législatif suffisant pour les aider à se protéger des risques et des dommages causés par les retards de paiement.

Des pratiques plus vertueuses pour les délais de paiement
La note positive de cette étude vient des pratiques de paiement qui se sont améliorées cette année. Ainsi, en 2012, les entreprises ont payé leurs créances 4 jours plus tôt qu'en 2011 (sous 52 jours contre 56 en 2011). Les particuliers, ont également révisé leurs pratiques de paiement puisque le délai moyen s'élève aujourd'hui à 38 jours contre 40 l'année dernière.
Ce point positif est tout de même à nuancer. Cette réduction se fait par la baisse du délai contractuel de paiement ; le retard lui, reste inchangé.
Les entreprises sont confrontées à deux problèmes : d'une part une législation insuffisante - 70 % des 7800 entreprises interrogées dans le cadre de l'EPI estiment ne pas bénéficier du soutien législatif conséquent - et d'autre part des difficultés à lever des fonds auprès des banques - 47 % des entreprises en Europe affirment avoir moins confiance dans la capacité des banques à les soutenir.
Elles essayent donc de régler leurs problèmes de liquidités en trouvant d'autres solutions, notamment en diminuant les délais contractuels qu'elles accordent à leurs clients.

En France, les pratiques de paiement s'améliorent mais les problèmes de liquidités subsistent
En France, la situation se dégrade pour les transactions avec les particuliers et le secteur public qui paient respectivement à 42 et 65 jours. C'est un jour de plus que l'année dernière. Alors que le contexte reste difficile pour les français : hausse du chômage, hausse de 6,6% du nombre de dossiers de surendettement déposés en un an, les entreprises elles pointent du doigt l'absence de législation pour les transactions avec les particuliers.
Fait marquant cette année, on note une amélioration des transactions interentreprises, où le délai effectif de paiement baisse de 2 jours, un jour de réduction sur le délai contractuel et un jour sur le retard. C'est la première fois qu'une baisse est enregistrée depuis 2009.
La répartition des créances est, elle aussi, meilleure qu'en 2011.

Ces résultats encourageants confirment que la loi de modernisation de l'économie semble réguler les pratiques commerciales. La réduction sur le délai contractuel de paiement est certainement liée à la fin des accords dérogatoires, effective depuis le 1er janvier 2012.
Le taux de créances passées en perte se stabilise à 2 %.

Si certains indicateurs de comportements de paiement sont positifs, le principal problème pour les entreprises françaises reste celui des liquidités. 49 % d'entre elles disent pâtir de problèmes de liquidité en raison de la crise, un chiffre en hausse de 70 % par rapport à 2011.
Les entreprises semblent prisent dans une spirale vicieuse qui les oblige à essayer de payer leurs factures le plus tard possible, tout en se faisant payer le plus tôt possible. Nombre d'entre elles restent pessimistes : 39 % des participants à l'enquête EPI estiment que le risque de retard de paiement devrait rester stable (51 % en 2011), tandis que la moitié d'entre eux estiment qu'il va augmenter (38 % en 2011).

Si l'on peut se réjouir de la baisse des délais de paiement inter-entreprises, celle-ci est encore trop insuffisante pour couvrir les besoins de liquidités.
Pour éradiquer les problèmes de liquidités, les entreprises doivent avant toute chose poursuivre leurs efforts en termes de gestion de leur poste client afin de faire baisser le retard de paiement autour de 10 jours, comme c'est par exemple le cas en Allemagne.

Jusqu'ici la bonne gestion du poste client constituait pour les entreprises un levier pour diminuer leurs coûts de financement à court terme, dorénavant face à une liquidité insuffisante, cela devient une question de survie.

*EPI : European Payment Index.
Cette étude menée par Intrum Justitia permet d'analyser et de comparer les tendances européennes en matière de délais de paiement. Cette année 28 pays d'Europe y ont participé entre janvier et mars 2012.

Intrum Justitia

Etude de 56 pages téléchargeable ci-dessous (PDF en français)

enquete_epi2012.pdf enquete_EPI2012.pdf  (4.44 Mo)


Mercredi 23 Mai 2012
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1.Posté par PERRINM le 24/05/2012 15:58 | Alerter
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Face à la crise, la bonne gestion du poste clients devient encore plus qu'hier une question de survie pour les entreprises.

C'est forcément une question de bon sens pour nous tous, membres de la communauté finance. Malheureusement, beaucoup d'entreprises ont trop tardé à intégrer le fait que transformer le poste client en cash ou éviter qu'il ne se transforme en pertes, ne s'improvise pas et demande des spécialistes.

Dans ces périodes de turbulences, les métiers du crédit management, du recouvrement et du contentieux ont à n'en pas douter un bel avenir devant eux et pourraient bien devenir la voie royale des métiers de la finance......!!

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