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La guerre du triple A aura bien lieu


Ainsi donc la France ne passera pas entre les gouttes et devra aussi se résoudre à la surveillance des agences de notation et surtout répondre aux attentes des marchés financiers.




Passé le réflexe d'orgueil nationaliste, on ne peut que constater que les prêteurs n'agissent pas différemment envers l'Etat français d'une banque qui exige des garanties vis-à-vis d'un ménage surendetté, en lui demandant notamment une feuille de route pour les années à venir, qui puisse se fonder sur des économies réelles (augmentation des impôts et taxes, baisse des dépenses) et sur des prévisions de croissance crédibles.

D'un point de vue fiscal, cette année 2011 n'aura sans doute pas satisfait les marchés : 3 lois de finances en 4 mois, une quatrième sans doute à venir, ne donnent pas l'image d'une totale sérénité dans la volonté de réduire les déficits, pas plus que la teneur des mesures proposées (un saupoudrage d'impôt sur le revenu, d'impôt sur les sociétés et probablement une augmentation ciblée du taux réduit de TVA). Il est vrai que le gouvernement ne souhaite sans doute pas, par des mesures choc, casser la faible croissance prévue pour les mois à venir. Il est vrai également que cette année 2011, préélectorale, n'est pas propice aux grandes réformes, notamment fiscales.

Vivement donc que mai 2012 rende son verdict car les marchés n'attendent pas et, en regardant le contre-exemple de la Grèce, il vaut toujours mieux anticiper que subir. Or c'est bien ce qu'on demande à la fonction politique, savoir anticiper et prendre les mesures adéquates.

Alors, permettez à l'auteur de ces lignes, qui n'engage que lui, de suggérer quelques idées pouvant utilement alimenter le débat public :
- une augmentation graduelle des impôts ou taxes (réduction des charges déductibles de l'impôt sur les sociétés, réduction des niches fiscales et de certains abattements ou exonérations en matière d'impôt sur le revenu, taux de TVA....) serait sans doute mieux perçue des contribuables et assurerait une meilleure visibilité dans l'effort de réduction des déficits publics ;
- le maintien des services publics actuels nécessitera une participation plus importante des utilisateurs ;
- choisir des priorités en matière de dépenses publiques, ce qui signifie forcément renoncer momentanément à certaines ;
- abandonner certaines prérogatives au bénéfice d'une plus grande intégration européenne.

Ne croyons pas que le citoyen français n'est pas disposé à comprendre cela, il sait bien qu'il n'y a pas de martingale : il a juste besoin qu'on lui dise des choses différentes de ce qu'il a pu entendre depuis bien des années.

Hervé Quéré
www.bakermckenzie.com

Vendredi 2 Décembre 2011
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