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La fraude : menaces et opportunités actuelles


La fraude est-elle responsable de l’actuelle crise financière mondiale ? Sans doute pas directement, mais elle a certainement joué un rôle significatif.




La fraude : menaces et opportunités actuelles
Les banques rencontrant des problèmes de liquidités avec pour conséquence une réduction des crédits accordés, les activités frauduleuses, qui peuvent entraîner la perte de clients et un affaiblissement de la confiance du marché, aggravent la situation de manière indirecte : les institutions doivent prendre en charge les coûts d’engagement pour le remplacement d’une carte qui handicape les clients suite à des transactions bloquées par erreur, sans parler de la perte de centaines de millions de dollars suite par exemple à du trading pourri.

La crise a provoqué un vent d’angoisse sur les économies et elle a des effets sur chacun, des sociétés multinationales à monsieur Tout-le-monde. Elle a propulsé les institutions financières en pleine lumière et entraîné une levée de questionnements sur la manière dont elle opèrent et sont contrôlées. Elle a également mis en évidence certaines faiblesses dans le système bancaire et entraîné un bouleversement du paysage financier qui a vu des institutions majeures se contracter, d’autres fusionner et un nombre considérable de sociétés –autant en Europe qu’aux Etats-Unis – recevoir le secours des gouvernements.

Avec le dramatique manque de fonds ayant amené à la situation désastreuse du marché du crédit, les activités frauduleuses sont un élément que les institutions financières ne peuvent se permettre d’ignorer. La Banque Barings, la Société Générale et les Caisses d’Epargne, pour ne citer que les plus récentes victimes, ont annoncé une perte de plus de 750 millions d’Euros dans le courtage de produits financiers dérivés. Ces exemples d’institutions de premier plan victimes de fraude interne ont eu un impact immédiat en termes de perte d’argent, sur l’image et sur la confiance des clients, parmi d’autres conséquences.

Le coté irritant de tout cela tient au fait que la plupart des institutions ont historiquement pris en compte la surveillance et le travail d’investigation sur la fraude en les plaçant au niveau groupe ou branche. Cette approche disparate en silo a été renforcée par le fait que la majorité des institutions ne s’appuient pas sur un outil unique, regroupant une plate-forme de gestion et de vérification et des outils analytiques sophistiquées capables d’investiguer à travers des environnements multiples, qui permet de combattre la fraude au sein des organisations. Ce constat est confirmé par les résultats de l’étude commanditée par Actimize en 2008 : l’étude Rogue Trading Peer Review, réalisée conjointement avec le cabinet indépendant Infosurv révèle que 74 % des personnes ayant répondu ont indiqué qu’elles n’avaient pas de solution en place tandis que seulement 32 % reconnaissaient faire appel à une plate-forme de case management unique.

Le problème réside dans le fait que les informations sur les activités frauduleuses se dissimulent dans une large variété de sources : dans les cartes, via internet, dans le courtage, dans les paiements, dans les ressources humaines et dans l’informatique. Les organismes de contrôle comme la FSA exigent désormais une identification des appels téléphoniques, en complément de l’obligation de surveillance des transactions. Sans la mise en place d’un système analytique transversal unifié, les différentes bases de données n’entrent pas dans un référencement multi-source et lorsque ces activités font l’objet d’une enquête, elles le sont de manière individuelle sans prise en compte des efforts simultanés déployés par d’autres groupes d’investigation.

L’étude d’Actimize Enterprise-Wide Tools to Fight AML and Fraud Peer indique que 53 % des interrogés clôturent d’eux-mêmes certaines alertes sur des activités suspectes sans mener l’enquête à fond. Cela s’explique sans doute par un manque de ressources et une incapacité à identifier au niveau entreprise ce qui est le plus important. Dans ce type de schéma, les fraudeurs apprennent rapidement comment contourner les systèmes de contrôle internes fragmentés et les institutions ont toutes les difficultés à détecter leurs activités.

Il est réellement nécessaire d’avoir une équipe ou un collaborateur dédiés pour prendre le problème dans son ensemble, et analyser les comportements et les événements à travers les différents canaux et silos, émergents ou en repli, afin d’avoir une vision pertinente du fonctionnement de la société. A partir de là, il devrait être possible de repérer toute fluctuation anormale dans les activités des clients et des salariés, généralement invisible lorsque l’on se contente de ne regarder qu’une activité ou un silo séparément et au cas par cas. C’est le seul moyen de comprendre et d’intercepter potentiellement une fraude.

L’augmentation des incidents de corruption de données en masse et des intrusions sur les données des titulaires de cartes dans le monde a également soulevé des inquiétudes considérables dans l’opinion publique et les institutions financières. Le défi que les institutions doivent relever, à la différence de ce qui se faisait dans le passé, est qu’elles ne peuvent plus simplement annuler un compte corrompu, à cause de l’ampleur de leur nombre. Elles doivent à l’inverse s’appuyer sur des systèmes analytiques sophistiqués pour détecter un maximum d’activités suspectes.

Depuis que le Royaume-Uni a adopté la puce électronique et le code PIN pour ses cartes, il a vu une réduction drastique des fraudes sur les retraits sur guichets automatiques et points de vente. Cependant, les fraudeurs ont complexifié très fortement leurs méthodes d’attaques, ont élevé leurs niveaux d’expertise technique et se sont détachés des vieilles méthodes telles que les faux lecteurs de cartes et les faux systèmes de vidéo surveillance, le chiffrement du code confidentiel ou encore la complicité d’employés.

Malheureusement, la puce électronique et le code PIN n’ont pas complètement résolu la question, ainsi que l’on peut le constater avec la fraude extraterritoriale : les informations de la carte sont dérobées au Royaume-Uni (procédé connu sous le nom de « skimming ») et sont soit envoyées à l’étranger, soit mises en vente sur des sites spécialisés comme le forum renommé Darkmarket. Une fois que les informations dérobées sont achetées, les criminels peuvent facilement retirer de l’argent des distributeurs de billets à l’étranger puisque la majorité d’entre eux ne prennent pas en compte la carte à puce. Si la banque n’a pas mis en place une solution de prévention en temps-réel efficace, le temps que la décision soit prise, le retrait a déjà eu lieu et il est trop tard.

La fraude« en absence physique de carte» a cru fortement, elle aussi, par le biais des transactions à distance qui ne nécessitent pas l’usage de la puce. La difficulté dans la détection de ce type de fraude provient de l’incapacité des solutions existantes à détecter et analyser la localisation de la vente au moment où les transactions sont enclenchées. C’est particulièrement vrai avec les transactions en ligne ou les transactions MOTO (Mail Order / Telephone Order).

La récente initiative britannique pour le paiement rapide est un exemple d’initiative approuvée par l’industrie ayant rendu la détection des fraude plus complexe. Les banques ont moins de temps pour suivre et vérifier les transactions, ce qui a conduit à des taux de fraudes plus élevés. Ces fraudes n’ont à nouveau baissé en intensité qu’après que les banques eurent déployé des systèmes de prévention en temps réel modernes. Un client d’Actimize a pu constater que les tentatives de fraude ont baissé seulement quelques jours après la mise en place d’une telle solution, démontrant combien les groupes criminels organisés sont prompts à réagir et à évoluer face à chaque action des banques.

Les coûts et les ressources nécessaires pour résoudre ces problèmes peuvent avoir des effets significatifs pour les institutions financières de toutes tailles, car cela dépend en réalité de la valeur de la corruption que l’on s’autorise. L’érosion de la confiance des clients influe également de manière conséquente sur le compte final, créant un besoin immédiat de restauration de la confiance dans la sécurité des cartes de débit et de crédit.

Les incidents globaux sur la fraude et les importants incidents de corruption en masse doivent être considérés avec gravité. En tant que place financière majeure, le Royaume-Uni est sans conteste en première ligne pour le crime organisé et la fraude internationale. Dans la mesure où c’est dans ce pays que transitent beaucoup de produits bancaires sophistiqués, dans une multitude de canaux, les institutions britanniques possèdent une attractivité forte pour les criminels et sont notamment les plus attaquées au monde en technique de phishing (ameçonnage), pour ne citer qu’un exemple.

La fraude sera toujours considérée comme une aubaine alléchante pour les criminels et en conséquence une menace. Il existe des solutions disponibles sur le marché. Les institutions financières ont plus que jamais besoin de déployer une technologie de gestion des risques en temps réel efficace, qui soit capable d’analyser en même temps plusieurs canaux et également d’avoir la vue d’ensemble la plus large possible afin de saisir au mieux tout le schéma transactionnel, cela non seulement pour protéger leurs clients et elles-mêmes, mais également le monde économique et financier dans son ensemble. Je reste convaincu que les organisations qui partagent ce point de vue auront d’emblée un coup d’avance par rapport à leurs concurrents et au final en récolteront de grands bénéfices.

Amir Ovad, European Vice-President et Directeur Marketing chez Actimize
www.actimize.com

Jeudi 12 Mars 2009
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