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La Grèce et Les CDS


Au début des années 90, Georges SOROS avait fait capitulé la livre sterling jusqu’à la mettre à parité avec le dollar américain. Le Franc français était passé près de la Roche Tarpéienne grâce à des interventions musclées et combinées de la Bundesbank et de la Banque de France et des propos définitifs des gouvernements allemand et français.




Dominique Chesneau
Dominique Chesneau
Les « fondamentaux » sont toujours là : un pays dont les errements budgétaires sont connus depuis de nombreuses années, et en dépit des avertissements de la Commission Européenne, court le risque fort d’une sanction des marchés. Certes, depuis cette époque, les règlementations et la taille du marché européen auraient dû nous prémunir contre des aventures du type « sterling ». Aucun fond ou coalition de fonds ne serait assez forte pour chahuter l’Euro. Voire !

L’attaque directe par les changes est difficile ? L’attaque se fera par le flan. Les CDS sont arrivés : sus à la dette.

En effet, il est possible d’acheter des dérivés de crédit (CDS) sur la dette grecque pour un montant initial faible (aux appels de marge près) correspondant à la prime payée. Comme, la règlementation sur la compensation des CDS n’est pas encore en vigueur profitons-en !

Par le biais des arbitrages, la hausse des CDS pousse vers le haut le spread contre Bund de la totalité de la dette grecque.

Une fois ces opérations closes avec profit pour les hedge funds, il est possible de « tester » les dettes espagnoles et portugaises.

Cette défiance à l’égard de la dette grecque entraine deux réactions. La première est celle d’une pression vendeuse sur l’Euro ; la seconde conduit à une recherche de qualité et donc d’achat de la dette allemande qui accroit à son tour l’écart de rendement entre dettes allemande et grecque.

Certes, ces mouvements ne seront pas suffisamment importants pour détruire l’euro mais, pour le moins, l’Europe monétaire risque de traverser la plus grande crise de confiance de sa courte histoire !

Les déclarations du G 20 suivies par les propositions de règlementation nouvelle des gouvernants européens et américains semblent pour l’instant guère suivies d’effets. Et pourtant, l’urgence est grande.

Est il sain, hors données fondamentales évoquées plus haut, qu’un établissement bancaire, si puissant soit-il, puisse sonner la charge contre un pays…après, semble-t-il, l’avoir conseillé dans le maquillage de ses statistiques, et la recherche de financement, sachant donc avant les autres la réalité économique du pays ?

Que penser d’établissements financiers sauvés avec l’argent des états et financés depuis, gratuitement ou presque, par les banques centrales, qui utilisent ces fonds pour engager une lutte frontale avec ces mêmes états et ces mêmes banques centrales ? Cela rappelle tristement la fable du chien qui revient mordre la main qui l’a nourri !

N’assiste-t-on pas, comme cela a été rappelé à Davos, à une dénaturation du capitalisme ?

Il est vraiment temps de mettre en place la régulation que chacun attend depuis les premiers G20.

La riposte aux évènements sur la livre sterling est apparue avec la mise en chantier du traité d’union européenne porteur de l’Euro…auquel le Royaume-Uni ne s’est pas associé.

La crise « grecque » actuelle nous conduira-t-elle, vers un renforcement de l’Europe.

Dominique CHESNEAU
Président Tresorisk

31, place Saint Ferdinand
75017 PARIS
L.D. / Fax : + 33 1 40 55 93 98
Mobile : + 33 6 81 70 73 81
dch@tresorisk.com

Vendredi 12 Février 2010
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