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L’inéluctable fédéralisation économique de la zone euro


Ce mouvement est d’une irrésistible logique. N’en déplaise aux True Finns et autres opposants aux aides aux pays périphériques.




L’inéluctable fédéralisation économique de la zone euro
Comme il ne fallait pas en douter la semaine passée, les medias se penchent dorénavant sur le cas américain, maintenant que s’estompent les craintes liées aux renflouages dans la zone euro. Pourtant, le couvercle de cette boîte de Pandore ne semble pas hermétique et il reste encore beaucoup à disserter sur les problèmes européens, notamment ceux que soulèvent la Finlande et ses divergences quant à son aide aux périphériques.

Ce cas illustre bien les écueils que la fédéralisation de la zone euro va devoir franchir. D’autres obstacles, tout aussi importants, l’attendent dans ces pays périphériques où les populations ne se réjouissent guère des mesures d’austérité draconiennes auxquelles elles vont devoir se plier. Seul le temps nous dira si les émeutes qui agitent déjà la Grèce se solderont par une victoire populaire (avec le risque de voir l’actuel gouvernement tomber et même si tout ceci tournait mal, le retour à une junte). C’est, des trois pays les plus préoccupants, celui où ce danger est le plus probable; le Portugal vient d’élire un gouvernement sur la base de son programme d’austérité et l’Irlande semble s’être résignée à une acceptation morose.

Mais la fédéralisation souffre encore d’un autre mal, celui de voir le produit fiscal des pays riches couler vers un sud insatiable, et ce ne sont pas les louvoiements qui prétendent que l’emploi de cette «fuite» sert à maintenir les banques à flot qui risquent de convaincre quiconque! Quant aux Hellènes (certains parlent même d’un retour à la drachme), la perspective d’un mécanisme de transfert comme soutènement à leur avenir proche devrait leur paraître plus attractive qu’un effondrement total de leur économie balayée par un défaut de paiement. Ils se souviendront qu’indépendamment de la crise actuelle, des jours plus heureux ont vu ce dispositif financer et moderniser de nombreuses infrastructures dans les états-membres les plus pauvres. Trichet lirait-il notre commentaire, car au lendemain de sa dernière parution, il recommandait la création d’un ministère des finances de l’UE! Le mouvement en faveur de la fédéralisation de l’UE, ou de la zone euro, est d’une irrésistible logique, quoiqu’en pensent les True Finns et autres adversaires. Evidemment, le Royaume-Uni, traditionnellement «euro-sceptique », et les autres récalcitrants à la monnaie unique, auront bien du mal à trouver un quelconque intérêt à céder davantage de leur souveraineté nationale pour rejoindre la Zone.

Nous avons érigé la Grande-Bretagne en modèle pour sa façon de sortir de la récession: elle s’est désolidarisée de la politique monétaire américaine non conventionnelle et a accepté la nécessité d’un programme d’austérité par choix politique plutôt que sous la contrainte des forces du marché. Après un an de ce régime, des doutes et l’opposition politique se manifestent, non qu’il s’agisse dorénavant de remettre ce principe en question, mais plutôt de l’alléger en rééchelonnant le terme. Voyons maintenant si la récente approbation des efforts britanniques par le FMI aidera le gouvernement de coalition à respecter son programme !

Sur l’autre rive de l’Atlantique, Bernanke continue de lutter contre les forces du marché. Il persiste à considérer tous les problèmes, y-compris la hausse des matières premières, comme temporaires. Selon lui, le retour à une croissance normale s’opérera d’ici la fin de l’année. Il estime, tout en précisant bien qu’il ne s’agit pas pour la Fed de réinvestir les fonds libérés, que la fin de sa deuxième tournée d’assouplissement quantitatif, n’aura qu’un impact limité sur les marchés financiers, et que son effet ayant été modeste pourquoi tenter un QE3? Selon nous, l’assouplissement quantitatif est une prothèse à l’économie que nous préférons ne voir employée qu’en des occasions bien spécifiques (immédiatement après la faillite de Lehman Brothers par exemple). Anticiper une troisième vague ne relève pas de la recommandation, mais d’un développement logique: l’économie américaine est si fragile que l’arrêt des mesures non-conventionnelles la poussera vers la récession, et le Président de la Fed trouvera sans peine une justification pour remettre le couvert. Combien en faudra-t-il pour qu’il comprenne qu’un problème à long terme ne se résout pas avec des mesures à court terme ?

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Jeudi 16 Juin 2011
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