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L’exode industriel


« La crise actuelle affecte, bien entendu, la France, et plus particulièrement son industrie. (…) Chacun sent bien qu’une époque s’achève et tente de discerner le nouveau paysage. (…) Mais sortir de la crise, est-ce sortir de l’industrie ? » Ces propos servaient d’introduction au chapitre V de l’ouvrage de Denis Woronoff « Histoire de l’industrie en France », relatant la crise des années 1973 – 1974.



Thierry Charles
Thierry Charles
Au fil des pages, l’auteur dressait un constat en tout point similaire au débat actuel : « Un moindre rendement du capital, des frais financiers en augmentation, des capacités de production inemployées, tout se ligue pour dissuader les entreprises d’investir. La crise nourrit la crise. Ce retard à investir se paiera d’un retard à bénéficier de la reprise ».

Et de poursuivre, car « la modernisation permanente est la base de la compétition, en économie ouverte », tout en faisant référence (non sans malice) à un « Etat d’urgence ».

En effet, « la désindustrialisation est insupportable dans ses deux conséquences, perte de souveraineté pour les branches « stratégiques », effondrement régional de l’emploi. Aussi, « l’Etat bouclier doit être un Etat fer de lance, savoir passer à l’offensive et aider, plus que jamais, à la modernisation ». Le parallèle avec la loi de modernisation de l’économie (LME), votée en août 2008, est pertinent. Bis repetita placent.

A l’époque déjà, un dispositif de fonds spéciaux et de crédits divers, comme le Comité interministériel pour l’aménagement des structures industrielles (CIASI) créé en 1974, est mis en place « pour différer des licenciements que l’on sait inévitables et éviter l’explosion sociale » ; l’économiste Elie Cohen parlant même « d’infirmerie de campagne ». Il s’agissait d’aider les PME en difficulté, mais dont la trésorerie était « fondamentalement saine ».

Les premières conclusions sur les mesures de financement en faveur des sous-traitants de la commission pour le soutien aux sous-traitants automobiles, présentées en novembre 2009, à Christian ESTROSI, ministre chargé de l’industrie, vont dans le même sens : création d’un fonds au sein du Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (FMEA) destiné aux sous-traitants de rang 2 et plus (doté de 50 M€ provenant de Faurecia, Valeo, Plastic Omnium, Bosch, Hutchinson, du FMEA et du Fond stratégique d’investissement) ; accès facilité pour les PME de la filière automobile, en rapport avec son importance économique, aux 2 milliards d'euros gérés par Oseo et le FSI pour le renforcement des fonds propres ou quasi fonds propres. Autant de mesures mis en place dans le cadre du plan de financement des PME.

Sur les mesures d’accompagnement des mutations stratégiques et économiques, il est également prévu un financement par l'Etat de diagnostics stratégiques pour les PME de la filière qui en feront la demande, cela afin de les aider à bâtir une stratégie et de définir un cap.

Outre la mise en place, dans les grandes régions automobiles d’une plateforme ou « guichet unique » constituée, sous l’égide du Préfet, d'une équipe de personnes compétentes qui pourra renseigner efficacement les PME de la filière automobile sur les différents outils disponibles en matière de financement et d’accompagnement des mutations économiques, l’Etat prévoit la poursuite des réflexions sur l’évolution de l’emploi dans la filière automobile grâce à la mise en place d’un groupe de travail ad hoc placé auprès de la Plateforme automobile, ainsi que la création d’un « conseil scientifique » au sein de la Plateforme automobile afin d’apporter un éclairage technique sur les évolutions de la filière pour anticiper et gérer au mieux les surcapacités des différents secteurs de la filière automobile.

A l’époque, on avait reproché au CIASI de jouer au « mécano industriel », tant il est vrai, qu’au fil du temps, il avait été accusé d’être « l’instrument d’une politique de sauvetage ou, plus souvent d’euthanasie ». Attention, les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets…

Mais le constat ne s’arrête pas là, dès 1975, l’alarme est donnée sur la pénalisation des PME par un crédit trop cher et par des délais de paiement trop longs qui ne leur laissent, en fait d’investissement, que la voie de l’autofinancement. Dans le même temps, le système de la sous-traitance qui « arrime financièrement les PME à leurs puissants donneurs d’ordres » était condamnée : « Elles dépendent toutes des décisions des grandes entreprises, non seulement quant au volume et au calendrier des commandes mais quant à leur existence même » !

Le PDG de Péchiney, Jean Gandois, en appelaient alors à une « nouvelle politique de sous-traitance », tandis que Dominique Taddei reconnaissait une « responsabilité civique » des grandes entreprises.

Quarante ans après, tout reste à faire !

« Les PME sont comme les haies du bocage ». Hervé Le Tellier
« Le remembrement (industriel) ne doit pas déclencher l’érosion des sols. » Denis Woronoff

Thierry CHARLES
Docteur en droit
Directeur des Affaires Juridiques d’Allizé-Plasturgie
Membre du Comité des Relations Inter-industrielles de Sous-Traitance (CORIST) au sein de la Fédération de la Plasturgie
t.charles@allize-plasturgie.com

Jeudi 7 Janvier 2010
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