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L’évolution du capital risque en France et à l’international


Une étude de Deloitte sur les tendances de l’année 2010 : une faible reprise des introductions en bourse et un environnement règlementaire instable rendent une reprise du capital-risque en France très incertaine.




Les capitaux-risqueurs en France s'attendent largement à une contraction de leur marché, tandis que ceux dans les marchés émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil comptent voir leur écosystème s’accroître au cours des cinq prochaines années, selon l’étude Global Venture Capital 2010 publiée par Deloitte en partenariat avec l’AFIC (Association française des investisseurs en capital). Plus de 83 % des répondants à l'enquête en France prévoient que le nombre de fonds de capital-risque diminuera d'ici à 2015, tendance confirmée aux Etats-Unis, au Canada et dans le reste de l’Europe, tandis que la majorité des investisseurs chinois, indiens et brésiliens anticipe une augmentation du nombre d’intervenants dans leur pays pendant la même période.

L’étude Global Venture Capital 2010, qui mesure l'opinion de plus de 500 investisseurs en capital-risque dans le monde, a également examiné les facteurs qui contribuent aux perspectives de chaque pays. Les répondants français estiment que l’industrie souffre d’un marché des introductions en bourse faible, d’un environnement réglementaire instable et de conditions économiques défavorables.

Près de 90% des répondants en France pensent également que leurs bailleurs de fonds seront moins enclins à investir dans des fonds français de capital-risque au cours des cinq prochaines années. Pourtant, malgré ces défis, les investisseurs français restent optimistes quant à la qualité des opportunités en France, grâce notamment à l’amélioration de l’environnement entrepreneurial, à une politique fiscale efficace encourageant l’investissement et la prise de risque ainsi qu’à des choix législatifs favorisant la R&D.

«Des marchés traditionnellement forts comme les États-Unis et l'Europe continueront à être des pôles importants, malgré la consolidation du nombre de capital-risqueurs », déclare Laurent Halfon, Senior Manager chez Deloitte France. "Cependant, les marchés émergents pour le capital-risque que sont la Chine, l'Inde et le Brésil devraient être des moteurs dans l’innovation dans la mesure où ils sont de plus compétitifs vis-à vis des marchés traditionnels."

« Le marché français est globalement favorable à l’essor d’un capital-risque performant : les serial-entrepreneurs, qui en sont parfois à leur seconde ou à leur troisième génération d’entreprise, sont de plus en plus nombreux en France ; les capacités de recherche et d’innovations de nos entreprises sont internationalement reconnues et des dispositifs tels que le crédit impôt recherche viennent épauler efficacement l’innovation », rappelle Hervé Schricke, Président de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC). « Cependant, nous restons particulièrement sensibles au risque pesant sur les prochaines levées de fonds du fait des évolutions réglementaires européennes, à l’instar de Solvency 2 et de Bâle 3. Il va sans dire que les conditions de renouvellement des FCPI seront par ailleurs extrêmement importantes pour permettre au capital-risque français de rester leader en Europe continentale. »

Une croissance prévue du capital-risque dans les marchés émergents; une consolidation attendue en Europe et aux Etats-Unis
62 % des répondants à l'échelle mondiale s'attendent à une baisse du nombre de fonds de capital-risque dans leur pays au cours des cinq prochaines années. Ce chiffre est principalement déterminé par les États-Unis, où 92 % des répondants prévoient une baisse du nombre d’acteurs, suivis de la France (83 %), d’Israël (80 %), et du Royaume-Uni (70 %). À l'inverse, 99 % des répondants des investisseurs chinois, 97 % des brésiliens et 85 % des indiens anticipent une croissance du nombre de fonds dans leurs pays. Par ailleurs, leurs anticipations concernant le niveau des fonds à investir suivent des tendances similaires pour chaque pays.

Les intérêts des bailleurs de fonds devraient changer de zone d’investissements
Les prévisions des investisseurs concernant les contributions des bailleurs de fonds sont cohérentes avec leurs prévisions de croissance ou de contraction du marché. En France, 89 % des personnes interrogées pensent que les bailleurs de fonds seront moins enclins à investir dans le capital-risque français. Ces estimations sont partagées par le capital-risque américain (56 %), anglais (61 %), allemands (44 %) et israélien (50 %). A l’inverse, 92 % des répondants brésiliens, 91 % des chinois, et 76 % des indiens estiment attirer plus de bailleurs de fonds.

Ralentissement ou stabilisation des opérations transfrontalières
Globalement, seulement 34 % de tous les répondants ont indiqué qu'ils s'attendaient à une augmentation de leur activité d'investissement en dehors de leur propre pays, ce qui suggère que l'activité transfrontalière d’investissement est en phase de stabilisation. Les pays ayant l’intérêt le plus marqué pour les opérations transfrontalières sont : la France (56 % s'attendent à une augmentation de cette activité), Israël (50 %) et le Royaume-Uni (49 %), contrairement au Brésil (19 %), l'Inde (15 %), et la Chine (11 %) qui pensent se focaliser sur leur activité domestique.

"Les marchés asiatiques, en particulier, sont marqués par un fort esprit d'entreprise, une énergie et un effort à la fois des secteurs privé et public pour tirer la croissance économique aussi loin que possible», a déclaré Trevor Loy, General Partner de Flywheel Ventures. "La croissance rapide des marchés émergents représente également de nouvelles sources de revenus, d’investissements, de création d'emplois, et de liquidité pour les start-up technologiques basées aux Etats-Unis et particulièrement celles ayant su développer des capacités de R&D leur permettant de répondre aux besoins d'infrastructures essentielles en matière d'énergie, d'eau, de matériaux et de communications."

De nombreux défis, notamment en France
Les facteurs les plus cités pour justifier un climat d'investissement défavorable en France sont un environnement règlementaire instable (72 %), les difficultés à réussir les désinvestissements (67 %) et une situation économique défavorable (50 %). Ces facteurs sont cohérents avec ceux observés aux Etats-Unis. Ces problèmes tels qu’identifiés aujourd’hui contrastent avec les réponses obtenues il y a cinq ans lorsque ces facteurs étaient à peine sur l'écran radar des investisseurs américains. Malgré les risques mis en avant cette année, les investisseurs relèvent également un certain nombre de points positifs tels que l’amélioration de l’environnement entrepreneurial (67 %), une politique fiscale efficace encourageant l’investissement et la prise de risque (61 %) ainsi que des choix législatifs favorisant la R&D (56 %).

Les principaux facteurs limitant cités dans les autres pays interrogés sont les difficultés de sortie (aux Etats-Unis – 88 %-, au Royaume-Uni -80 %-, au Canada -75 %-, en Inde -71 %- et en Israël -70 %). Les politiques fiscales sont citées par 81 % des répondants brésiliens comme étant un obstacle. Un environnement instable réglementaire a été le facteur le plus souvent cités par les répondants chinois à 62%.

Les opportunités entrepreneuriales demeurent
Les investisseurs français, à l’instar de leurs homologues israéliens, ne sont que 6 % à anticiper une hausse des valorisations (10 % pour Israël) à comparer aux résultats obtenus en Inde (68 %), en Chine (62%) voire aux Etats-Unis (32 %).

Malgré les inquiétudes sur la contraction du marché, en Europe et aux États-Unis, 57 % de tous les répondants estiment la quantité de flux d'affaires augmentera au cours des cinq prochaines années et 56 % s'attendent également à une amélioration de la qualité des opportunités. Cette prévision est particulièrement forte chez les répondants en provenance de Chine, du Brésil et d'Inde.

Bruce Evans, managing director de Summit Partners ajoute à propos du marché européen que "les facteurs limitants pour une société d'investissement américaines qui envisagerait d’investir en Europe sont principalement une réglementation du travail rigide, la faiblesse de l'économie de la zone euro, la langue et les différences culturelles. En outre, les entreprises américaines doivent financer leur expansion européenne sur leurs résultats et ce au moment où les propositions de modification de la politique fiscale américaine sur le carried interest (ou plus généralement la taxation des fonds investis) devraient limiter la volonté d’expansion internationale des fonds américains. Cependant des opportunités demeurent. L’état d’esprit des entrepreneurs européens performants correspond à celui que nous avons connu aux Etats-Unis. De surcroit, la mondialisation des marchés induit que les produits à succès sont aussi susceptibles d’être développés en Europe qu’ailleurs. "

"Le marché de capital-risque actuel fait apparaître des signes de force et de confiance malgré les difficultés récentes", conclut Laurent Halfon. "Il y a des possibilités infinies à venir, tant aux États-Unis qu’en Europe, pour les pays désireux de s’y investir."

Deloitte et AFIC

Mardi 21 Septembre 2010
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