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L’économie mondiale et le Wait and See


Devant une crise économique imprévue qui a engendrée, en conséquence, une crise au niveau de la théorie économique, plusieurs analystes économique et financier se sont efforcés de puiser dans les archives afin de trouver un passé actif susceptible d’atténuer le prolongement d’un désastre. L’histoire des crises nous enseignent que les reprises sont le plus souvent laborieuses.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
Il suffit de rappeler l’économie de guerre des années 1940, sous l’égide d’un capitalisme étatique, pour comprendre mieux la croissance et les années de certitude qu’ont connu par la suite les pays guerriers (USA, Europe occidental, Japon). Pour ce qui est de la crise de cette fin de décennie 2000, les tentatives de réponses avancées par certains spécialistes révèlent que parfois il faut détruire toute un édifice et ne se contenter que d’une brique pour remonter une nouvelle issue de sortie.

Pour lier la théorie à la pratique on est amené dans les milieux universitaires à revoir les programmes de macroéconomie dont une grande partie fera l’objet de polémique et de regard critique parmi les rangs des étudiants avant les enseignants. A titre d’exemple, les conséquences de cette crise constituent-elles une attaque frontale contre la macroéconomie classique basée sur la théorie des anticipations rationnelles ? Celle-ci se trouve reléguée au second rang dans la mesure où tout ce qui est anticipé n’a pas été réalisé. Ceci étant, qu’en est-il de l’efficacité de la courbe de Phillips ? De nos jours, il semble difficile de faire un arbitrage entre inflation et chômage dans un contexte de déflation et de chômage involontaire. D’ailleurs, faut-il cibler le taux de chômage en même temps que le taux d’inflation ? Pourquoi ne pas procéder par cibler tout le carré magique de N.Kaldor ? Cette façon d’agir est de nature à responsabiliser les policymakers à atteindre les objectifs tracés et à pousser les agents économiques et les marchés en général à respecter les règles du jeu avec plus de transparence et crédibilité.

Certes, les décideurs du monde entier sont en quête d’un véritable système économique et financier alternatif reposant sur des bases saines où chacun pourrait trouver son compte. Or, avant de prescrire quoi que se soit un décideur judicieux et avisé doit se positionner entre ce qui est et ce qui devrait être. Il n’est plus question de recourir à un bricolage idéologique. La récurrence des crises nous enseigne qu’il n’y a d’équilibre économique que du long terme. La mise en œuvre d’un tel modèle est loin d’être confectionné sur le plan théorique notamment dans une économie mondialisée où tous les marchés sont en déséquilibre y compris l’équilibre mentale, celui qui relève de la morale et de l’éthique.

En somme, faut-il interpréter cette crise comme étant une destruction créatrice selon l’expression de Joseph Schumpeter ou plutôt une étape d’évolution de l’économie mondiale qui devrait faire du passé table rase. En absence d’un fondement théorique solide valable au contexte actuel, c’est la logique du « wait and see » qui prédomine l’économie mondiale dans un temps où il semble difficile de se fier à la confiance.

Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Mardi 21 Juillet 2009
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