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L’échappatoire de la monétisation


Le réveil est brutal : les principaux marchés actions n’ont pas progressé d’un iota depuis le début de l’année. Ils ont décroché. Et le parfum de krach des derniers jours rappelle une réalité macroéconomique écartée prématurément en 2009.




L’échappatoire de la monétisation
Tout le monde évoquait alors les problèmes d’endettement des Etats, mais les prévisionnistes n’ont pas jugé bon d’intégrer le risque lié aux finances publiques dans leur scénario. La correction semble parfaitement logique. Elle n’empêche pas de nombreux stratèges de rester bullish à moyen terme. Ils ont probablement raison, mais le prix à payer pour cette hausse anticipée est de nature à susciter de nouvelles craintes. Une fois de plus, le déversement de liquidités est la seule issue proposée aux déséquilibres fondamentaux.

On ne fait pourtant, aujourd’hui, qu’entrevoir les conséquences des plans de sauvetage. La capitulation de la Banque centrale européenne (BCE), qui accepte de recourir à la monétisation de la dette, semble particulièrement alarmante. En achetant des obligations d’Etat, la BCE finit par succomber à la stratégie du pire. Même si elle s’est engagée à stériliser la liquidité créée ex nihilo, rien ne prouve qu’elle parviendra à éponger une masse monétaire qui ne cesse d’exploser.

Les banques centrales explorent aujourd’hui des terres inconnues. Quelles seront les répercussions de cette création monétaire? La première hypothèse suggère le retour de l’hyperinflation. A moins d’une explosion des cours des matières premières et d’une chute de l’euro, cette thèse a toutefois peu de chance de se matérialiser. L’autre écueil est nettement plus inquiétant: en l’absence d’inflation, la liquidité finit toujours par se reporter sur les actifs. Elle crée des bulles, qui finissent par se dégonfler à travers des crises à chaque fois plus violentes et rapprochées. C’est la situation vécue par l’économie mondiale depuis le début des années 1990.

De fait, les excès de l’industrie financière ne font que masquer les errements de la politique économique. Le recours systématique à l’injection de liquidités permet de maintenir artificiellement le niveau de vie des pays occidentaux. Et d’éviter la stagdéflation, résultant d’une croissance molle couplée à la désinflation exportée par les émergents.

Casser ce cercle vicieux prendra du temps. L’inévitable réduction du levier sur les opérations financières ne suffira pas. Plus fondamentalement, la nécessité de rétablir un semblant d’équilibre dans les balances commerciales passe par une hausse de la consommation chinoise et une réindustrialisation en Occident. On en est encore loin. La longue phase d’adaptation à la mondialisation est appelée à se poursuivre par à-coups.

Editorial de Gaspard KÜHN du mardi 25 mai 2010.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Mardi 25 Mai 2010
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