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Jacques de Larosière Président d'Eurofi lance un cri d'alarme sur le financement des PME


Interviewé par Didier Testot sur la Web Tv www.labourseetlavie.com à l'occasion des Rencontres Paris Europlace 2014, l'ancien Président du FMI décrit un système financier qui ne peut plus financer les PME et une contraction du crédit qui entraîne la faiblesse de la demande en Europe.




Jacques de Larosière
Jacques de Larosière
L'une des solutions qu'il propose est une nouvelle “titrisation”, un mot qui fait encore peur, avec des changements règlementaires, et qui pourrait concerner pour la France uniquement, près de 100 milliards d'euros. Autant dire que le sujet est d'actualité.

Retrouvez la video de cet interview sur le lien suivant :
www.labourseetlavie.com/videos/l-interview/jacques-de-larosiere-president-d-eurofi-lance-un-cri-d-alarme-pour-le-financement-des-pme,1749.html

Principaux extraits de l'interview :

À propos du financement des PME : “Normalement, ce financement devrait se faire sans problème par l'intermédiaire du système bancaire parce que ce sont les banques qui sont en vis-à-vis avec les petites et moyennes entreprises. Elles n'accèdent pas directement aux marchés financiers comme peuvent le faire les très grandes maisons. Alors, ce que l'on constate, depuis maintenant plus de deux ans, c'est que le crédit aux entreprises est en train de se réduire sur le plan, je parle du plan européen, de l'eurozone. Il se réduit et il se réduit d'une manière assez dramatique parce que les chiffres globaux sont de l'ordre de -2,5 à -3 % par an, et c'est le stock de crédit aux entreprises. Alors c'est évidemment une contraction du crédit tout à fait significative qui est en train de nourrir la faiblesse de la demande en Europe et la faiblesse de la croissance économique qui est très, très fragile et balbutiante”.

À propos de la réglementation bancaire (dite de Bâle) : “On avait pris à peu près 100 ans dans la période précédente pour doubler le capital des banques européennes, et là, on l'a fait en deux ans, deux ans et demi. Une opération aussi brutale est vouée à créer des problèmes au niveau de l'octroi de crédit. Et quand vous regardez cette banque européenne virtuelle qui est l'agrégation de toutes les banques de la zone euro et que vous regardez l'évolution du bilan avant la réglementation et après la réglementation, vous voyez que les banques prêtent moins, c'est ce que je viens de dire, prêtent de moins en moins, qu'elles prêtent de plus en plus court, de moins en moins long, et que elles s'orientent vers la détention de titres financiers qui satisfont bien aux critères de liquidité que l'on a imposés au système bancaire. Et donc vous avez un système qui est beaucoup moins efficient du point de vue de l'octroi de crédit et qui tend à faire des banques des détentrices d'actifs financiers plus que des détentrices de créances sur l'économie réelle” (...)
“La politique monétaire, elle est accommodante, les taux d'intérêt sont proches de zéro, on fournit beaucoup de liquidités aux banques, les dernières interventions de la BCE sont très remarquables de ce point de vue-là. Mais cette politique libérale en matière d'octroi de liquidités ne trouve pas son chemin dans l'économie réelle.”

Un système du crédit qui ne fonctionne plus : “Il faut se rappeler que le vrai créateur de monnaie, ce n'est pas la banque centrale, ce sont les banques. Ce sont les banques qui créent la monnaie, on l'apprenait autrefois dans les cours d'économie, on disait loans make deposit. Quand vous avez obtenu un prêt d'une banque, la première chose que vous faites, c'est que vous mettez ce prêt dans un compte de la banque et donc vous créez de la monnaie. Or cette création monétaire par le crédit, elle a disparu. Elle représente à peu près 90 % de la création monétaire sur une longue période. Donc vous avez 90 % de ce qui serait l'expansion monétaire désirée sur laquelle on a mis un frein. Alors, inutile de se demander pourquoi on a maintenant une évolution de l'inflation qui va vers 0,5 %, alors qu'elle devrait être autour de 2, inutile de vous demander pourquoi les valeurs monétaires M3 sont glissantes, tout cela, c'est parce que le canal du crédit est bloqué”.

Réhabiliter la titrisation : “Il faut la réhabiliter. Elle a une mauvaise image, et à juste titre d'ailleurs parce que dans les années 2005-2006-2007, on a abusé de la mauvaise titrisation en titrisant des crédits qui étaient de très mauvaise qualité et que l'on baptisait Triple A dans un véritable scandale qui a été celui des subprimes aux États-Unis. Mais il n'est pas du tout question de rétablir ce genre d'errements. Il est question tout au contraire de réhabiliter, comme vous l'avez justement dit, de réhabiliter cette pratique qui est en fait une pratique qui est vieille comme le monde et qui permet d'élargir au-delà des banques le financement de l'économie, il s'agit de le réhabiliter en isolant les meilleurs de ces crédits des moins bons (…). Vous avez à peu près 60 000 entreprises en France qui répondent à ces critères d'excellence et le sous-jacent, c'est-à-dire les crédits dont elles disposent et qui pourraient être titrisés, représente quelque chose comme une centaine de milliards d'euros(…)Le marché de la titrisation, il est mort depuis quelques années dans les pays comme la France et il ne peut revivre que si vous faites sauter ce verrou réglementaire qui n'a plus aucune espèce de logique car quand vous parlez aux régulateurs, vous leur dites « la base de tout ce que vous faites, c'est que vous appliquez des surcharges en capital à risque égal. Et si vous avez deux risques égaux, pourquoi est-ce que vous appliquez dans un cas huit fois plus de capital et huit fois moins dans l'autre si c'est la même qualité ?(…) Si les PME, qui sont les grandes créatrices d'emplois, plus de 50 %, 60 % des emplois sont créés par les PME, et si elles sont dans un corset qui les empêche d'emprunter aux banques et qui les empêche aussi de titriser les crédits qu'on leur a faits, elles n'auront pas de croissance et elles vont continuer à péricliter. Alors c'est vraiment un cri d'alarme”.

Retrouvez également toutes les autres interviews realisées au cours des Rencontres Paris Europlace 2014 sur ce lien : www.labourseetlavie.com/

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Vendredi 29 Août 2014
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