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ING IM : Des craintes inflationnistes profondément enracinées, mais injustifiées


Les craintes inflationnistes restent profondément enracinées auprès des investisseurs. Les injections de capitaux, la hausse de l’endettement public et la flambée des prix des matières premières sont régulièrement évoquées comme des facteurs de hausse de l’inflation. Ces craintes sont compréhensibles; la plupart des investisseurs sont assez âgés pour avoir connu les années 70 et le début des années 80, une période caractérisée par une forte hausse de l’inflation, qui a apparemment laissé des traces dans leur ADN.




La situation est différente puisque la forte croissance des pays émergents est susceptible de propulser à terme les prix des matières premières à la hausse. Il ne faut cependant pas exagérer leur impact. Même lorsque les prix pétroliers ont doublé, comme en 2007/2008, leur effet sur l’inflation générale a été limité et passager. Après tout, il faut que ces fortes hausses se reproduisent chaque année, sinon leur impact est atténué dans les comparaisons en glissement annuel. Contrairement à une spirale salaires/prix, une hausse des prix des matières premières a tendance à ne faire augmenter l’inflation que pendant de courts laps de temps.

Ce que de nombreux investisseurs ignorent, c’est que ces quinze années forment la SEULE période durant laquelle l’inflation a constitué une menace si importante. Il s’agit ainsi de la seule période des deux cents dernières années (!) pendant laquelle les taux américains à 10 ans ont clairement dépassé les 6%. La seule grande économie à avoir affiché une évolution divergente est l’Allemagne. Au début des années 80, ce pays a connu une hyperinflation qui a causé un profond traumatisme, encore vivace, et qui explique l’importance accordée à l’inflation par la Bundesbank et la BCE.

Il faut comprendre que l’expérience des années 70 a été provoquée par un concours exceptionnel de circonstances, peu susceptible de se reproduire. Il est quasiment impossible de connaître une inflation élevée persistante sans une hausse ininterrompue du principal moteur de la croissance : les salaires. La spirale salaires/prix des années 70 a eu lieu dans un contexte de gouvernements socialistes, de syndicats tout-puissants et de main-d’oeuvre jeune et florissante à la suite du « baby boom ». Et ces travailleurs n’étaient pas seulement enclins à consommer (comme les jeunes l’ont toujours fait), mais ils étaient aussi prompts à faire grève.

La réalité d’aujourd’hui est tout à fait différente. Les syndicats ont perdu beaucoup de leur pouvoir, les gouvernements sont moins socialistes et les travailleurs sont plus individualistes. La mondialisation a renforcé la mentalité darwiniste : la survie des plus forts. Le pouvoir de fixation des prix a glissé des employés vers les employeurs et ces derniers privilégient aujourd’hui clairement la réduction des coûts. Et, « last but not least », les économies occidentales sont confrontées à d’importantes surcapacités et à un vieillissement de la population, deux phénomènes de nature déflationniste. Les craintes d’une flambée de l’inflation sous-jacente semblent dès lors infondées à moyen terme.

Qu’en est-il de l’inflation générale, c’est-à-dire de l’inflation englobant l’alimentation et l’énergie?
Il reste enfin la question de savoir dans quelle mesure un endettement public élevé provoque une hausse de l’inflation. Cela n’a pas été le cas au Japon, où le ratio élevé de la dette par rapport au PIB est allé de pair avec de la déflation en raison d’erreurs politiques, du vieillissement de la population et de la forte propension à épargner. D’autres pays développés essaieront d’éviter une telle issue, même si leur propre population commence également à vieillir. Ils pourraient être tentés de le faire en « actionnant la presse à billets », une méthode qui n’est pas sans risque (hyperinflation). Les banques centrales et les gouvernements sont toutefois très conscients de ce risque, probablement plus que ce que les investisseurs pensent. Nous sommes dès lors d’avis que l’inflation restera faible pendant longtemps, en particulier en Europe. Dès lors, ne négligez pas encore les obligations d’Etat à long terme, même si leur rendement semble modeste. Il l’est peut-être pour une bonne raison.

Par Ad van Tiggelen
Stratégiste Senior, ING IM

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Mardi 3 Novembre 2009
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