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Guillaume Devaux, Associé en charge de la cellule Financement & trésorerie d’entreprise chez Mazars


Entretien avec Guillaume Devaux, Associé en charge de la cellule Financement & trésorerie d’entreprise chez Mazars.




Guillaume Devaux
Guillaume Devaux
Guillaume Devaux bonjour, parlez-nous un peu des origines de cette étude que Mazars vient de réaliser sur les prévisions de trésorerie*…

Nos différentes interventions auprès des directions trésorerie et financement nous ont permis de constater que le sujet prenait de plus en plus d’importance. Si les trésoriers se sont toujours préoccupés de l’anticipation de leurs encaissements et décaissements, la crise de 2008 et ses conséquences (raréfaction de la liquidité, volatilité, etc.) a été un accélérateur de ce phénomène. Nous avons décidé de prolonger un cycle de missions consacré à ce sujet auprès de différentes entreprises en allant plus loin, c'est-à-dire en essayant de mieux comprendre les pratiques de place en la matière.

Quels sont les objectifs de l’analyse menée par Mazars et quelle a été la méthodologie employée ?

L’objectif est de mieux cerner la diversité des pratiques en matière de prévisions de trésorerie. De ce point de vue, nous constatons aujourd’hui que les trésoriers sont nombreux à vouloir faire évoluer leurs processus et leurs outils, mais qu’ils se sentent souvent démunis d’un point de vue méthodologique pour faire face aux objectifs qu’ils s’assignent, par exemple mettre en place des formats de prévisions adaptés à leur entreprise, disposer des outils adéquats, fédérer les acteurs en interne, ou encore diffuser un reporting adapté. En effet, toutes les phases incontournables d’un projet de mise en place de prévisions de trésorerie ne s’improvisent pas et impliquent de formuler en amont un diagnostic complet et nuancé.

Au niveau des principaux enseignements de votre étude, quels sont les process en vigueur au sein de la majorité des entreprises aujourd’hui ? Sont-ils adaptés et efficaces ?

D’une entreprise à l’autre, les process mis en place diffèrent. Si beaucoup d’entreprises sont encore à un stade de recherche de maturité dans le domaine de la prévision, notre étude nous a cependant permis de dégager quelques tendances de fond. Par exemple, dans la grande majorité des cas, les prévisions de trésorerie sont pilotées par les trésoriers eux-mêmes qui s’appuient sur des informations issues des filiales et d’autres départements (contrôle de gestion, consolidation, salle des marchés, etc.). Par ailleurs, autre tendance constatée, plus de 8 entreprises sur 10 utilisent un Treasury Management System (TMS). Si certains systèmes d’information offrent la possibilité de générer des prévisions de trésorerie à partir des budgets, quasiment aucune entreprise sondée n’utilise cette possibilité. En d’autres termes, dans la grande majorité des cas et dans le domaine de la prévision, Excel demeure l’outil privilégié des trésoriers en raison de sa flexibilité.

Quelles sont les best practices aujourd’hui pour une entreprise qui souhaite optimiser ses prévisions de trésorerie ? Quels sont les écueils ou les obstacles à surmonter ?

Chaque entreprise doit diagnostiquer un type de prévision de trésorerie qui lui convienne le mieux, qui intègre ses objectifs de gestion et son type d’activité. La mise en place d’une équipe dédiée et d’un Cash Controller donnera incontestablement plus de latitude. A contrario, pour une entreprise de taille moyenne la prévision de trésorerie est souvent un sujet parmi bien d’autres, traitée par un seul et même collaborateur.

De ce point de vue, dans ces entreprises, les prévisions de trésorerie sont plus souvent volatiles et les flux de même nature moins récurrents. Il s’agit donc davantage de sécuriser l’information relative aux flux d’encaissement et de décaissement, de mettre en place des outils proportionnés à l’environnement de gestion et de faire en sorte que les collaborateurs en charge de ces questions développent des réflexes permettant à l’entreprise en croissance de bénéficier des retombées positives liés à une bonne anticipation de son niveau de trésorerie. Dans les grands groupes, l’une des difficultés peut parfois provenir de la nécessité de fédérer dans la durée un grand nombre de filiales autour d’un même processus de prévisions, avec l’utilisation d’un outil commun et d’une méthodologie partagée.

Pourquoi est-ce si crucial aujourd’hui pour les entreprises de bénéficier de prévisions de trésorerie fiables ?

Les prévisions de trésorerie contribuent à une gestion moderne, saine et rigoureuse de l’entreprise, qu’elle que soit le stade de développement de cette dernière. Elles constituent un enjeu croissant pour la gestion financière de l’entreprise : elles permettent en effet de mieux anticiper les besoins opérationnels, d’assurer la solvabilité et le financement du développement, de minimiser les coûts financiers, de mieux appréhender les cycles d’activité de l’entreprise, de se prémunir contre les différents risques (placements, emprunts, etc.), ou encore de faciliter les opérations liées à l’environnement entrepreneurial (fusions, acquisitions, etc.). Dans un environnement de taux bas, elles permettent de déterminer le niveau de trésorerie adéquat pour la conduite de l’activité et d’apparier le BFR aux fluctuations d’encaissement et de décaissement.

Vous évoquez dans votre étude la « culture cash » ; qu’est-ce que cela représente exactement et en quoi est-ce si important ?

L’instillation d’une « culture cash » est un préalable fort à la mise en place de prévisions de trésorerie fiables. Elle permet de s’assurer que tous les acteurs, et notamment les contributeurs les plus importants aux encaissements et aux décaissements au sein de l’entreprise, soient sensibilisés aux enjeux liés à l’optimisation de trésorerie et à son impact sur l’activité financière de l’entreprise. La « culture cash » est donc une communauté de réflexes et de partage d’informations liés à la gestion financière. Autrement dit, il s’agit d’un échange de bonnes pratiques qui sera d’autant plus pérenne qu’il bénéficiera d’un sponsorship fort de la Direction.

Guillaume Devaux, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Finyear.


*Pour télécharger l’étude gratuitement :

© Copyright Finyear. Propos recueillis par la rédaction de Finyear.

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Mercredi 2 Mars 2016
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