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Gilles André, directeur général de PolySpot


Vous avez récemment annoncé une levée de fonds 2,5 millions d’euros pour accélérer le développement de PolySpot. Dans ce contexte économique, comment expliquez-vous un tel intérêt des investisseurs ?




Gilles André
Gilles André
Toute crise appelle les entreprises à une mutation pour leur permettre de bénéficier des marchés résultants, et de tirer parti au mieux des nouvelles règles du jeu fixées par des contraintes économiques toujours plus strictes. Dans le domaine de l’informatique, un véritable New Deal est en train de voir le jour autour de trois pivots : la transparence, la réduction des coûts, les communautés. PolySpot s’inscrit dans cette mouvance et il est donc logique de voir les investisseurs s’intéresser de près à notre business model.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que vous appelez la transparence ?

Pendant des décennies, les directeurs informatique achetaient des licences onéreuses avec des délais de déploiement se comptant en années, puis expérimentaient les faiblesses des offres après avoir dépensé des sommes considérables. Achèteriez-vous un véhicule si on vous interdisait l’accès au moteur ?
La transparence c’est la volonté, l’honnêteté d’un éditeur d’exposer le code de son logiciel au plus grand nombre, de partager avec ses clients et partenaires les forces et les faiblesses de son offre, sans modérateur et de permettre à une communauté de s’approprier ses logiciels et partager leurs expériences sans restrictions. Si je devais résumer cette approche ce serait de permettre à nos prospects d’effectuer un choix en toute connaissance de ce qu’ils achètent.

Quelle approche vous permet de pouvoir tenir cette transparence en toutes circonstances ?

L’open source est un mouvement qui progresse de plus de 20 % par an, là où le reste de l’industrie logicielle stagne. C’est la démonstration que ce que les clients recherchent n’est pas tant la gratuité à tort associée à l’open source mais la réponse à ces enjeux de transparence.

PolySpot n’est pourtant pas un éditeur open source ?

C’est parce que nous avons présenté un plan stratégique visant à nous inscrire dans la mouvance open source que nos investisseurs ont vu dans notre projet un potentiel qui ne serait pas altéré par les soubresauts économiques. L’open source a permis à divers éditeurs français de prendre des places de leader sur un marché jusqu’alors dominé par les américains. Ces sociétés connaissent des croissances à 2 ou 3 chiffres depuis leur création. PolySpot est idéalement placé pour prendre une position de leader sur le marché des infrastructures de recherche en entreprise.

Le marché de l’accès et de la recherche à l’information est-il aussi porteur que cela ?

Le marché de la recherche d’information en entreprise est celui qui connait une des plus fortes croissances de l’industrie logicielle. Le rachat récent d’Autonomy par HP, d’Endeca par Oracle ou d’Exalead par Dassault Systèmes montre le caractère primordial des technologies de recherche dans la stratégie des grands éditeurs mondiaux.
Nous entrevoyons dans les années à venir une véritable démocratisation de ces technologies aux PME PMI. Un acteur open source, par sa viralité et son modèle économique, a toutes les chances de prendre une position de leader sur ce marché. C’est pourquoi PolySpot a réussi à boucler son tour de table en seulement trois mois.

Vous comparez votre offre à des acteurs qui disposent d’un historique de moyens bien supérieur au vôtre, n’est-ce pas un peu irréaliste ? Comment comptez-vous faire face à ces concurrents aux reins financièrement plus solides ?

Ce qui nous a motivé en tant qu’investisseurs et dirigeants de l’entreprise à investir sur ce projet c’est que PolySpot dispose d’une expertise de dix ans sur des briques de technologie Apache. Les acteurs précités ont choisi des technologies propriétaires là où PolySpot s’appuie sur des technologies comme Lucene ou Solr qui représentent la référence sur le marché avec des installations telles que Wikipedia, LinkedIn ou Twitter pour ne citer qu’eux.

Dans ce cas, quelle est la valeur ajoutée de PolySpot par rapport à toutes ces technologies ?

Les technologies Apache ne sont pas des produits mais des briques techniques brutes qu’il convient d’outiller pour minimiser leur coût de déploiement et de maintenance. Nous observons un délai moyen de mise en œuvre de nos solutions dix fois inférieur à une utilisation directe de ces composants.
En complément, PolySpot offre des modules d’accès à l’information, d’enrichissement et de ces informations, couplés à des applications prêtes à l’emploi.

Le marché est d’ailleurs pleinement conscient de notre valeur ajoutée par rapport à ces technologies et à la concurrence puisqu’avec une croissance de près de 100% sur 2011, PolySpot est en passe de réussir son pari.

Lundi 5 Décembre 2011
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