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Gestion des risques de prix agricoles : mode d’emploi (Agritel)


Les entreprises du secteur agroalimentaire devront s’y faire. La volatilité est devenue une donne structurelle avec laquelle chacune devra désormais compter.




Résultat, nul industriel souhaitant protéger le coût de ses intrants contre des variations de cours intempestives ne peut plus faire l’économie d’une gestion de
ces nouveaux risques. Pire, la brutalité inédite des variations de cours rend impossible de rester figé sur une même position. La gestion des risques de prix doit donc être résolument active, sous peine de menacer à terme les niveaux de marge.

Il en va donc de la survie des acteurs de la filière. C’est la grande leçon de l’année écoulée, qui pourrait présager l’environnement structurellement erratique de demain. Mais comment faire, au juste ? Quelles techniques utiliser pour se couvrir contre ce risque de prix et ajuster au jour-le-jour ces mêmes couvertures ? Retour sur quelques principes de base.

Prenons un industriel quelconque de la filière agroalimentaire. Structurellement acheteur de matières premières, celui-ci profite aujourd’hui de prix de marché très bas, après la chute des prix amorcée pendant le second semestre 2008. Son intérêt est donc de figer le prix de ses achats au cours actuels sur des horizons lointains, afin de sécuriser ses marges le plus longtemps possible. Seul problème, les marchés à terme n’offrent pas une liquidité suffisante au-delà de 15 à 18 mois.

Que faire alors, pour figer ses prix d’achat au-delà ? La seule solution est de chercher des couvertures de gré à gré en s’adressant à des banques, seuls acteurs
ayant la capacité de proposer des contrats à long terme en gérant très activement leurs propres positions dans le temps. Même si la crise financière a généré des risques de contreparties bancaires jusqu’alors inédits, comme la faillite de Lehman Brothers en témoigne, le gré à gré offre encore un très large panel de solutions, qui peuvent notamment répondre à des cas de figure très complexes.

Comment gérer ces couvertures dans le temps ? Si les prix restent étales, voire augmentent, tout va bien pour l’industriel, dont les marges restent durablement sécurisées. Il ne touche alors à rien et se borne à reconduire ses positions dans le temps. Si en revanche, les prix baissent, l’industriel perd un avantage concurrentiel vis-à-vis de ses concurrents qui avaient choisi de ne pas se couvrir et qui ont la possibilité de baisser leurs prix de vente pour accroître leurs parts de marché. Sa couverture devient dès lors un handicap et l’oblige à resensibiliser sa couverture à la baisse.

Concrètement, il peut ainsi acheter des puts sur les marchés d’options et gérer très activement cette nouvelle position pour tirer profit de tout mouvement baissier. Si l’acheteur de matières premières profite d’une configuration de marché a priori favorable, le vendeur, de plus en plus contraint de travailler à contre-marge depuis quelques mois, est logiquement dans la situation inverse. Pour peu que sa trésorerie soit suffisante, son intérêt est alors de ne pas vendre sa production en attendant des jours meilleurs. Le cas échéant, il peut vendre sa production et se repositionner sur des contrats à terme ou sur des options d’achat, afin de tirer profit de tout mouvement haussier. Autrement dit, il troque sa position physique en se resensibilisant sur le papier.

Mais la configuration de marché actuelle, favorable aux acheteurs, celle- ci pourrait bien ne pas durer et être le prélude à un renchérissement des denrées
agricoles, qui profiterait alors cette fois-ci aux vendeurs. Au lieu de travailler à contre-marge, un industriel aurait alors intérêt à travailler en flux tendus, sans stocks. D’un risque de prix, il passerait donc à un risque d’approvisionnement, qu’il pourrait neutraliser en se portant sur des « contrats à prime ». Ceux-ci permettent de sécuriser les achats à l’avance et de les payer à un « prix à fixer », qui est fonction d’un prix de référence (par exemple le cours futur constaté sur Nyse Euronext) auquel est ajoutée une décote en fonction de critères tels que la qualité ou encore les coûts de logistique. Si la volatilité des prix agricoles constitue une nouvelle menace particulièrement importante pour la filière, de nombreuses solutions existent donc pour répondre à tous les cas de figure possibles. Une seule chose est sûre : quelle que soit le contexte de marché, le plus dangereux est de ne rien faire.

A propos d’Agritel
Agritel est une société de conseil spécialisée dans la gestion du risque de prix dans le secteur agroalimentaire et agroindustriel. Son objectif est d’apporter à cette filière, confrontée à une volatilité des prix croissante, les outils, les techniques, les connaissances et le savoir-faire utilisés depuis plusieurs décennies dans le monde de la finance. Agritel apporte également son expertise aux acteurs du monde financier sur les fondamentaux des marchés agricoles. Créé en 2000, l’expertise d’Agritel se décline en 3 métiers : formation, information et conseil.

Cette chronique est signée Michel Portier, fondateur et gérant d’Agritel.

www.agritel.fr://
www.agritel.fr

Jeudi 12 Février 2009
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