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France 3 et les armes à feu


Suite à l’horrible massacre de Binghamton, suite aux échauffourées de Strasbourg et à celles de Bastia, on remet sur le métier l’éternel sujet des armes à feu et de leur possession.




David Laufer
David Laufer
D’abord, dire mon horreur des armes à feu, des armes tout court, quelles qu’elles soient. Ce n’est pas un dégoût efféminé de dilettante, c’est une profonde répulsion qui me saisit lorsque je sens sous mes doigts une crosse ou que j’entends résonner le claquement sec d’un coup de 7,5mm, même dans le cadre bon enfant d’un stand de tir suisse. Voilà un objet dont le but ultime demeure très clairement la mise à mort, même si 99% des armes qui dorment dans les placards de la région ne rempliront heureusement jamais leur destin.

Sur France 3, la semaine dernière, on avait convié un sociologue – dont j’ai oublié le nom – spécialiste de la question pour nous parler des armes et de leur possession dans le monde. Des statistiques, indispensables preuves de transpiration, étayaient son propos résolument anti-armes à feu. Les USA, rappelait-il, connaissent dix fois plus de meurtres par armes à feu que l’Europe, et la Russie six fois plus. De plus, s’enthousiasmait-il, la Grande-Bretagne ne fait toujours patrouiller ses bobbies qu’avec des gourdins et la législation sur les armes y est l’une des plus répressives du monde. Malheureux exemple.

D’abord, c’est faux, puisque aujourd’hui les bobbies sont bien armés et ceux que l’on croise autour de Westminster, avec leurs pistolets-mitrailleurs, vous font volontiers croire que vous êtes à Bagdad. Mais surtout, la Grande-Bretagne est précisément un contre-exemple éclatant pour ceux qui soutiennent l’interdiction du port d’armes à feu. Rien qu’en 2008, et la tendance est à la hausse, on a compté 28 meurtres à l’arme blanche commis par des adolescents sur des adolescents. Parmi les armes utilisées, on recense un plat en pyrex saisi au vol à l’étal d’une boulangerie, ou encore des débris de fenêtre.

Voilà pour l’argument de la facilité, le plus souvent cité dès qu’on s’oppose au port d’armes. C’est-à-dire restreindre au maximum l’accès aux armes en se fondant sur l’idée selon laquelle l’occasion fait le larron. La macabre imagination et la passion destructrice des hommes ne s’arrêtent pourtant pas à ces menus détails. Lorsque vient l’envie de tuer, celle-ci trouve généralement son expression. L’esprit malade qui saisit une arme et tire au hasard parce qu’il en a l’occasion n’apparaît même pas dans les statistiques. En revanche, ce qui apparaît très clairement dans les statistiques, ce sont les morts de la route : 400 par an en Suisse, 5'000 en France, 30'000 aux USA.

En effet, on considère normal de construire des voitures dont il est illégal, voire criminel, d’user les pleines capacités du moteur. Et même si les voitures font, en Europe et aux USA, infiniment plus de morts que les armes à feu, on persiste à considérer celles-ci comme des objets indispensables de la vie quotidienne et à penser que des dizaines de milliers de morts sont un juste prix pour une telle commodité. Pour les armes à feu, on réfléchit exactement de la façon inverse puisque l’usage qu’on en fait en Europe et aux USA est très, très largement récréatif.

Intervient aussi un argument plus complexe, mais peut-être plus essentiel. Il s’agit du rapport que le citoyen individuel a avec l’état. Le sociologue rappelait que c’était sous la monarchie absolue en France qu’était né le contrôle sur les armes, les rois et les grands nobles désirant créer un monopole sur celles-ci pour s’assurer le pouvoir. Il faut donc bien comprendre qu’en interdisant ou en rendant extrêmement difficile le port d’armes pour les citoyens, on s’accorde sur un fait selon moi philosophiquement impossible, à savoir que seul l’état est armé. Les militaires, la police, les services secrets, d’accord, mais personne d’autre.

Comme c’est en réalité les états et non les individus qui tuent le plus – guerres, répression policière, opérations secrètes – je ne peux pas imaginer un monde où l’état seul est en droit de s’armer. La destruction totale des armes dans le monde est un but attrayant mais là aussi, peu convaincant sur son efficacité, lorsqu’on sait par exemple que le rhume et la grippe ont tué 80 millions d’Amérindiens en 30 ans. En revanche, pourquoi ne pas se saisir de la crise pour revoir de fond en comble la manière dont nous construisons les voitures et dont nous les conduisons.

David Laufer
Partenaire expert CFO-news
www.cfo-news.com/index.php?action=annuaire&subaction=enter&id_annuaire=17005


Mardi 7 Avril 2009
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