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France | Point de conjoncture (CGPME - juin 2013)


La France a été sommée de mettre en place des réformes ambitieuses afin de conjuguer assainissement des finances publiques et retour de la compétitivité. Il s’agit là des dernières recommandations de la Commission européenne, mais aussi du FMI et de l’OCDE.




Du côté de l’assainissement des finances publiques, la France a d’ores et déjà démontré sa volonté d’atteindre les objectifs qui lui étaient assignés. Le taux de prélèvements obligatoires est évalué à 46,3 % du PIB en 2013 puis à 46,5 % du PIB sur la période 2014 - 2017. Ce taux, figurant déjà parmi les plus élevés d’Europe avant la crise, s’établit désormais à un niveau jamais atteint depuis que la statistique existe. Or, il n’a non seulement pas permis de ramener le déficit en dessous de la valeur de référence de 3 % du PIB mais surtout, la problématique de l’endettement public n’est pas levée. Ainsi, il y a lieu de penser que la stratégie mise en place n’est pas la bonne ou du moins, qu’elle est incomplète.

Sur le front de la compétitivité, les autorités publiques ont mis récemment en place de nouveaux outils. Or, toutes les Institutions s’accordent à dire que s’il s’agit là d’une évolution globalement positive, ils ne sauraient à eux seuls permettre aux entreprises d’être compétitives. En outre, au vu de la croissance économique et du climat morose qui règne en France, la question demeure en suspend : comment peut-on attendre des entreprises à bout de souffle, sur lesquelles pèse de plus en plus la fiscalité, d’être compétitives ? La compétitivité doit être envisagée comme un ensemble de politiques cohérentes au service des entreprises et in fine au service de la croissance. C’est, en résumé ce que toutes les instituions internationales, ainsi que la CGPME, recommandent depuis longtemps aux pouvoirs publiques.

France | Point de conjoncture (CGPME - juin 2013)

Croissance : aucune inflexion positive n’est prévue
La France est entrée en récession au quatrième trimestre 2012. Les premiers éléments à notre disposition laissent penser que le début du deuxième trimestre 2013 pourrait connaitre une légère croissance. Or, celle-ci risque d’être passagère : la dernière publication de l’OCDE lève tout espoir de reprise. D’après cette étude, l’Indicateur Composite Avancé (ICA) ne permet d’anticiper aucune inflexion significative de la croissance contrairement à la zone euro dans son ensemble pour laquelle l’indicateur en question montre une inflexion positive.

Hausse du déficit budgétaire
Le déficit budgétaire s’établit à 66,8 milliards d’euros soit une hausse de 14,5 % sur 12 mois.
Les dépenses ont augmenté de 5,1 % sur un an pour atteindre 140,4 milliards d’euros dont 1,3 milliards d’euros proviennent de l’augmentation de capital de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et 3,3 milliards d’euros d’un apport au Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Mises à part ces deux dépenses particulières, les dépenses s’établissent à 135,8 milliards d’euros.
Parallèlement, les recettes budgétaires ont peu évolué sur un an : elles s’élèvent à 90,835 milliards d’euros soit une baisse de 0,1 % sur un an.

Rebond des échanges en avril
Les exportations ont fortement progressé en avril (+4,1 %) pour atteindre 37,827 milliards d’euros. Quasiment touts les secteurs ont vu leurs exportations s’accroître. Ce rebond est notamment imputable à la reprise des échanges vers l’Union européenne. De même, les importations ont également fortement progressé après trois mois consécutifs de recul (+ 3,8 % et s’établissent à 42,342 milliards d’euros). Par conséquent, le déficit s’est légèrement accru (+1,3 %) et s’élève à 4,515 milliards d’euros.

Légère hausse des prix en mai
En mai, les prix ont augmenté de 0,1 %. Les prix des produits frais se sont fortement accrus en raison de la mauvaise météo qui a retardé la production (+4,4 %). Cette hausse a été quasiment compensée par la baisse du prix des produits pétroliers (-3,2 %) en lien avec le repli du cours du Brent (-0,8 % en mai après -5,9 % en avril). Sur un an, les prix à la consommation progressent de 0,8 %.

Ménages

En mai, le moral des ménages ne cesse de se dégrader depuis le début de l’année : pour la deuxième fois en 41 ans, l’indicateur correspondant se situe à son plus bas niveau historique. En particulier, les ménages considèrent que leur niveau de vie s’est nettement détérioré et qu’il continuera de suivre cette tendance au cours des prochains mois. En effet, les soldes d’opinion correspondant se situent à leur plus bas niveau depuis que la statistique existe, soit, respectivement inférieur de 36 points et 42 points à leurs moyennes de longue période.

Par ailleurs, les ménages sont toujours de plus en plus nombreux à estimer que le chômage continuera de s’accroître au cours des prochains mois : le solde d’opinion s’accroit de 6 points pour atteindre son niveau le plus élevé depuis juin 2009. En effet, le nombre de personnes inscrites à Pole emploi en catégorie A, B, C, suit une tendance à la hausse ininterrompue depuis 30 mois. Début mai, on comptabilisait 4,7992 millions de personnes dans cette catégorie, soit un accroissement de 10,8 % sur un an et de 1,2 % sur un mois. Il s’agit de la plus importante hausse depuis janvier. La seule catégorie A comptait 3,2644 millions de personnes (+12,5 % sur un an ; +1,2 % sur un mois).

Par conséquent, les ménages sont encore très nombreux à considérer que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats importants. Le mois d’avril est marqué par la chute brutale des dépenses en produits alimentaires (-3,3 % après +2,7 % en mars). A contrario, les achats de biens fabriqués rebondissent après trois mois consécutifs de baisse (+1 % après -0,6 % en mars). De même, les dépenses en énergie continuent de s’accroitre (+2,8 % après +3,2 % en mars). Ainsi, les dépenses totales de consommation des ménages reculent légèrement (-0,3 % après +1,3 % en mars).

Entreprises

En mai, le climat des affaires est stable mais demeure mal orienté : l’indicateur s’établit de nouveau 16 points en dessous de son niveau de longue période. Il est au plus bas depuis août 2009. De même la crainte des gérants de PME concernant la conjoncture est toujours très vive : 89 % d’entre eux se déclaraient inquiets pour l’économie française en mai. Depuis un an, cet indicateur oscille autour de son niveau le plus haut jamais atteint depuis la mise en place du baromètre KPMG-CGPME.

Le principal motif d’inquiétude est la baisse d’activité : 57 % des dirigeants de PME font face à une baisse de leur chiffre d’affaires. Cette proportion augmente de manière quasiment constante depuis juin 2012.
De même les défaillances continuent de s’accroitre : cumulé sur 12 mois, le nombre de défaillances s’est élevé à 60 803 entreprises en mars, soit une hausse de 1,9 % sur un an.

Ainsi, ces sujets de préoccupation s’ajoutent aux difficultés d’accès au financement : ces dernières ont touché 25 % des gérants de PME. Surtout, 71 % d’entre eux ont été confrontés à au moins un obstacle dans leur démarche. Or, les besoins en financement s’accentuent depuis décembre dernier et sont exprimés par 65 % des gérants de PME en mai : ces besoins se concentrent particulièrement autour du financement d’exploitation (44 % des chefs d’entreprises).

De fait, les encours de crédit de trésorerie suivent une tendance à la baisse quasiment constante depuis octobre 2011. En avril, ces encours atteignaient 173 milliards d’euros soit une baisse de 0,2 % sur trois mois (après une chute de 1,1 % en mars). La progression des encours de crédit à l’investissement continue de ralentir (+0,1 % sur trois mois après +0,3 % en mars) pour s’établir à 563 milliards d’euros. Au total, les encours de crédit aux entreprises stagnent pour le deuxième mois consécutif et s’élèvent à 817 milliards d’euros.

L’industrie

En mai, le climat des affaires s’améliore légèrement dans l’industrie : l’indicateur gagne 4 points, après 3 mois consécutif de baisse, et s’établit 8 points en dessous de sa moyenne de longue période.

Les industriels estiment que les carnets de commandes se sont regarnis ces derniers mois : l’indicateur correspondant progresse de 7 points après le point bas de mars. Il reste, toutefois, inférieur de 15 points à sa moyenne de longue période. D’ailleurs, le chiffre d’affaires dans l’ensemble de l’industrie, s’est accru de 0,8 % en mars exclusivement soutenu par la forte croissance des ventes de matériels de transport (+9,9 % dont +15,8 % à l’exportation). Au cours des trois derniers mois, le chiffre de d’affaires de l’industrie manufacturière a reculé de 0,2 %.

Par ailleurs, les stocks continuent de s’accumuler. Néanmoins, la production manufacturière s’est nettement accrue en avril (+2,6 % après -0,7 % en mars) sous l’effet du rebond de la production des matériels de transport (+5,7 % après +0,3 % en mars). Malgré ce récent rebond, la production manufacturière est inférieure de 2,3 % à son niveau d’avril 2012.

Par conséquent, les perspectives générales de production sont quasiment inchangées par rapport au mois précédent et demeurent mal orientées.

Le commerce

En mai, le climat des affaires est toujours aussi morose : l’indicateur ne connait aucune variation et se situe toujours 13 points en dessous de sa moyenne de longue période. Il n’avait pas été aussi bas depuis juin 2009.

Les ventes au cours de ces derniers mois ont de nouveau été perçues en nette baisse. Le chiffre d’affaires dans le commerce et la réparation d’autos et de motos se dégrade depuis septembre 2012 (-2 % au cours des trois derniers mois). De même, celui réalisé dans le commerce de gros hors autos et motos s’est nettement contracté au cours des trois derniers mois (-1 %). En revanche, le chiffre d’affaires dans le commerce de détail hors autos et motos est de nouveau quasiment stable (-0,2 % au cours des trois derniers mois).

Ainsi, les stocks se sont regarnis et les chefs d’entreprises réduisent les commandes auprès de leurs fournisseurs. Pour les mois à venir, les commerçants anticipent une nouvelle détérioration des ventes. Les perspectives générales d’activité sont au plus bas depuis avril 2009.

Les services

En avril, le climat des affaires reste dégradé dans les services : l’indicateur correspondant se situe, de nouveau, 17 points en dessous de sa moyenne.

L’activité de ces derniers mois s’est légèrement contractée selon les chefs d’entreprise. Le chiffre d’affaires réalisé dans le secteur de l’hébergement-restauration se replie depuis le mois de novembre : au cours des trois derniers mois, la baisse atteint 2,1 %. Celui réalisé dans les services aux ménages est quasiment stable depuis août 2012 (-0,4 % calculé sur trois mois). De même, le chiffre d’affaires des secteurs du soutien aux entreprises accuse une baisse brisant la dynamique à la hausse connue dans ce secteur depuis septembre dernier (-0,4 % sur trois mois). Seules les activités immobilières voient leur chiffre d’affaires augmenter de +0,9 % sur trois mois.

Pour les prochains mois, les chefs d’entreprise estiment que la demande demeurera mal orientée : les perspectives générales d’activité sont stables mais à un niveau très éloigné de leur moyenne.

CGPME
Direction des Affaires EConomiques
www.cgpme.fr

Mercredi 10 Juillet 2013
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