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Financement de la supply chain (Phillip Kerle, Demica)


Entretien avec Phillip Kerle, directeur général de Demica.




Phillip Kerle
Phillip Kerle
Qu’est-ce que le financement de la supply chain ?

Le financement de la chaîne d’approvisionnement, ou supply chain en anglais (SCF), constitue une facilité de crédit permettant aux entreprises acheteuses d'étendre les délais de paiement des factures émanant de leurs fournisseurs qui, quant à eux, voient le délai de recouvrement desdits paiements se réduire. Tout conflit d’intérêts pouvant surgir entre les différentes parties prenantes concernant les périodes de paiement se trouve ainsi résolu. Les fournisseurs peuvent tirer profit des cotes de crédit de leurs acheteurs, quand supérieures aux leurs, pour obtenir des financements à un taux très favorable et obtenir un paiement anticipé à un coût abordable. Les taux de crédit et d’intérêt des programmes SCF étant basés sur la qualité de crédit de gros acheteurs, le financement de la chaîne d’approvisionnement apparaît de plus en plus comme une alternative aux banques pour libérer des liquidités, sans pour autant augmenter les exigences au titre du capital-risque.

Comment la demande en matière de financement de la chaîne d’approvisionnement a-t-elle évoluée au cours des dernières années, et pourquoi ?

Nous avons observé une demande continue ces dernières années et les résultats de notre dernière enquête sur les taux de croissance des programmes SCF (1) vont dans ce sens. En effet, les principales banques internationales interrogées dans le cadre de cette étude ont fait état d’une croissance annuelle des services de financement de factures de l’ordre de 30 à 40% sur les trois dernières années.

Suite à la crise financière et à la contraction économique qui en a découlé, nous avons vu dans de nombreuses régions du monde une diminution du volume des prêts accordés aux entreprises. Bon nombre d’entre elles, en particulier les Petites et Moyennes Entreprises (PME), ont de plus en plus de difficultés à obtenir des crédits abordables. Dans le même temps et bien que la plupart d’entre elles ne soit pas affectée par le resserrement du crédit, les grandes entreprises s’inquiètent de la volatilité au sein de leurs chaînes d’approvisionnement et souhaitent éviter toute perturbation causée par les difficultés financières que rencontrent certains de leurs fournisseurs clés. Nous avons donc constaté ces dernières années une augmentation du nombre de programmes SCF adoptés, les grandes entreprises ayant accès à des volumes de liquidités plus importants que ceux correspondant à leurs besoins en faisant profiter leurs petits fournisseurs qui, eux, peinent à obtenir des financements.

Quelle importance revêtent les programmes SCF pour les entreprises françaises ?

Dans le contexte de faible croissance économique auquel la France fait face à l’heure actuelle, les programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement pourraient s’avérer essentiels pour les entreprises, et notamment les PME. Selon le dernier baromètre de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) sur le financement et l’accès au crédit des PME (2), 36% des dirigeants d’entreprise interrogés avouent faire face à des problèmes de trésorerie ou de financement. Deux tiers ont également confirmé leur besoin pressant de financement, ainsi que les obstacles rencontrés dans l’obtention de crédits abordables. La dernière étude de Demica (3) révèle ainsi que les programmes SCF pourraient aider les fournisseurs et acheteurs français évoluant dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et de la logistique à dégager un fonds de roulement de respectivement 43,5 milliards et 37,6 milliards d’euros.

Quelle est l’importance du financement de la supply chain au sein des marchés émergents, comme les pays d’Europe Centrale et Orientale ? Quels bénéfices les entreprises locales peuvent-elles retirer des programmes SCF ?

Les banques de la zone euro occupent une place prépondérante au sein des secteurs bancaires nationaux des pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO). Toutefois et suite à l’effondrement des marchés financiers, les banques occidentales européennes sont en train de se désendetter. Début 2013, ces dernières avaient ainsi réduit leur financement dans les PECO de l’ordre de 200 milliards de dollars par rapport au niveau record enregistré dans la région en 2008 (4). Nous nous attendons à ce que ce repli se poursuive au cours de l’année 2014, les prêteurs d’Europe occidentale redoublant d’efforts pour passer l’examen de qualité des actifs de la Banque Centrale Européenne (5).

En raison de ce mouvement général en faveur du désendettement, de nombreux fournisseurs locaux originaires des pays d’Europe Centrale et Orientale sont actuellement aux prises avec des difficultés en matière de financement et de liquidités. Dans ce contexte, le financement de la chaîne d’approvisionnement est davantage perçu comme un outil efficace permettant de pallier aux problèmes de trésorerie et de gérer les besoins en fonds de roulement. Notre dernière enquêté (6) révèle ainsi que le financement de la chaîne d’approvisionnement pourrait aider à dégager plus de 16 milliards d’euros de fonds de roulement en faveur des fournisseurs basés en Pologne, en République Tchèque et en Hongrie et évoluant dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et de la logistique. Quant aux entreprises acheteuses dont le siège se trouve dans ces mêmes pays, elles pourraient potentiellement bénéficier de la libération de 15,4 milliards d’euros de liquidités grâce aux programmes SCF.

Quelles sont les perspectives d’avenir pour le financement de la chaîne d’approvisionnement ?

Nous avons tout lieu d’être optimistes en ce qui concerne les perspectives de croissances des programmes SCF, comme le montre l’une des dernières enquêtes de Demica (7). Les taux de croissance du financement de la chaîne d’approvisionnement devraient ainsi se stabiliser aux alentours de 20-30% d’ici 2015, puis 10% par an d’ici 2020. Presque 90% des banques interrogées dans le cadre de cette étude considèrent le financement de factures comme un produit financier incontournable pour les entreprises, et plus des trois quarts comme un produit à valeur ajoutée.

Le financement de la chaîne d’approvisionnement occupant une place grandissante dans l’arsenal des échanges commerciaux, nous croyons que le recours à cette facilité de crédit va se généraliser et que les programmes SCF vont devenir de véritables « must » pour les entreprises, perdant leur statut de produits secondaires pour faire partie intégrante des offres bancaires. Il est également probable que la demande grandissante en matière de SCF voie l’émergence de nouveaux acteurs et, par conséquent, une intensification de la concurrence sur les marchés. En plus de vouloir optimiser leurs fonds de roulement, les entreprises mettent de plus en plus l’accent sur la réduction des coûts ; le financement de la chaîne d’approvisionnement va donc s'avérer un atout de plus en plus important pour les entreprises dans la réalisation de leurs objectifs financiers.

À propos de Demica
Demica est l'un des premiers prestataires mondiaux de solutions spécialisées de fonds de roulement et de traitement de données financières. Créée en 1992 et basée à Londres, Demica est une filiale en propriété exclusive de la J.M. Huber Corporation, une société à capitaux privés basée aux États-Unis qui possède des opérations et des employés à travers le monde. Demica collabore avec des banques et autres institutions financières et intermédiaires, des multinationales, des sociétés de private equity et des sociétés d'assurance-crédit du monde entier. Grâce à sa plate-forme de traitement Citadel, Demica permet à ses clients de monter et d'exécuter des structures de financement optimales basées sur le reporting en temps réel et en devises multiples pour différentes filiales à travers des juridictions multiples.

Demica a été auditée à la norme ISO/IEC 27001:2005 de système de gestion de la sécurité de l'information de la British Standards Institution (BSI) pour la prestation de solutions de besoins en fonds de roulement avec services connexes de consultation, conseil et technologie. Elle a également passé avec succès un examen de type 2 dans le cadre de la Norme internationale de missions d’assurance ISAE 3402 (anciennement SAS70).

Phillip Kerle, je vous remercie et vous donne rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Finyear.

Pour obtenir de plus amples information sur Demica et visionner une démonstration en ligne de sa plateforme Citadel, veuillez visiter www.demica.com

(1) Demica, Forging New Links, May 2013. www.demica.com/images/PDFs/forging_new_links.PDF
(2) Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), Baromètre sur le financement et l’accès au crédit des PME, 12th February 2014. www.cgpme-pdl.fr/12-02-2014-barometre-de-kpmg-et-de-la-cgpme-sur-le-financement-et-l-acces-au-credit-des-pme.html
(3) Demica, Linkedin report, October 2013. www.demica.com/images/PDFs/linked_in_demica_research_report_20.PDF
(4) Raiffeisen Research, CEE banking sector report, May 2013
(5) IMF, CESEE Deleveraging and Credit Monitor, 14 February 2014. www.imf.org/external/np/pp/eng/2014/021414.pdf
(6) Cf. ibid.
(7) Demica, Forging New Links, May 2013. www.demica.com/images/PDFs/forging_new_links.PDF

© Copyright Finyear. Propos recueillis par la rédaction de Finyear.

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Vendredi 11 Avril 2014
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