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Europe : l'espoir d'une sortie de crise


Conclusions de l'étude GfK sur le climat de la consommation en Europe au troisième trimestre 2013.




L'espoir que l'économie commence progressivement à se redresser se répand dans toute l'Europe. Au deuxième trimestre, plusieurs pays ont enregistré une croissance significative dans certains secteurs alors que la tendance à la baisse s'est au moins ralentie dans d'autres. Telles sont les conclusions de l'étude GfK sur le climat de la consommation en Europe au troisième trimestre 2013; qui offre un aperçu de l'évolution des anticipations économiques, des revenus et de la disposition à acheter parmi les consommateurs de 14 pays européens.

Depuis le deuxième trimestre, l'espoir que la crise financière a atteint le creux de la vague a été ravivé. L'économie de l'Union européenne (UE) a encore enregistré une légère croissance, de 0,4 % par rapport au trimestre précédent. La France, l'Allemagne, le Portugal et le Royaume-Uni ont tous enregistré des hausses dans certains secteurs. Les économies italienne et espagnole semblent également s'être légèrement redressées, mais elles se contractent toujours. En France, le déficit du commerce extérieur s'est dissipé et en Grèce, il a même réussi à passer en territoire positif. Au Portugal, le nombre de chômeurs a diminué pour la première fois en deux ans.

Cette reprise en Europe est due à plusieurs raisons. Les exportateurs bénéficient d'une croissance mondiale modeste. Dans certains pays, les consommateurs sont de plus en plus disposés à se remettre à dépenser davantage. La politique s'écarte un peu plus nettement de l'austérité draconienne, qui avait freiné les économies nationales. En particulier dans les pays en crise du Sud, le tourisme a contribué à améliorer la situation.

En été, l'UE a enregistré son premier léger recul du nombre total de chômeurs. Toutefois, le chômage s'élève toujours au taux de 11,0 %. Un véritable renversement de tendance sur le marché du travail ne se profile donc pas encore à l'horizon. En fait, on prévoit même que davantage de gens se retrouveront au chômage dans l'année à venir. Ce n'est qu'à partir de 2015 qu'on s'attend à un recul significatif. Cependant, les experts ne pensent pas que le niveau d'avant-crise soit atteint dans le moyen terme.

En outre, le niveau des prêts bancaires est toujours extrêmement faible. Et la faible stimulation de la croissance susceptible de se développer dans les mois à venir ne sera certainement pas suffisante pour enrayer la hausse continue de la montagne de dettes des pays de l'UE.

France : une légère reprise, mais il reste encore beaucoup à faire

La deuxième économie nationale d'Europe est maintenant sortie de la récession, et ceci avec un dynamisme bien plus grand que prévu. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %. Malgré cela, la situation demeure fragile. Le gouvernement n'a pas exclu la possibilité que le PIB se contracte légèrement sur l'ensemble de l'année 2013. Le chômage a continué d'augmenter. En outre, le gouvernement a du mal à contrôler son budget. Le déficit sera supérieur aux 3,7 % prévus jusqu'à présent. Au printemps, la Commission européenne (CE) a déjà accordé à la France plus de temps pour prendre le contrôle de ses finances. Le pays a jusqu'à 2015 pour ramener son déficit budgétaire sous le seuil de 3 %.

Afin de ne pas alourdir la trésorerie de façon permanente, la France doit procéder à une réforme globale des retraites. Cependant, les syndicats et les travailleurs s'y opposent vivement. L'un des plus grands points de discorde réside dans l'augmentation progressive des années de cotisation requises, de 41 ans actuellement à 43 ans à partir de 2035, ainsi que dans la prolongation de la vie active. Jusqu'à présent, le gouvernement a catégoriquement exclu de relever l'âge légal de la retraite. Toutefois, le déficit actuel de 15 milliards d'euros dans la cagnotte des retraites risque de s'élever à 22 milliards d'euros en 2020. Bien que le taux de natalité en France soit supérieur à la moyenne européenne, l'augmentation de l'espérance de vie supérieure à la moyenne érode les effets positifs. La hausse constante du chômage au cours des deux dernières années a provoqué une escalade considérable de la situation. Alors qu'il y avait quatre Français en âge de travailler pour chaque retraité en 1960, la proportion est passée à 1,4 actif pour 1 retraité. Les experts prévoient une réduction supplémentaire de cette proportion qui devrait s'élever à 1,2 actif pour 1 retraité en 2050.

Anticipations économiques : - 10,6 points
Anticipations de revenu : - 42,1 points
Disposition à acheter : - 36,6 points

Anticipations économiques : les Européens confiants quant à la reprise économique

Les anticipations économiques présentent une tendance claire à la hausse dans presque tous les pays. Ce n'est qu'en Grèce et en Italie qu'elles stagnent. Entre juillet et septembre, la plus forte croissance a été enregistrée en Autriche, en République tchèque et en France. À l'heure actuelle, la plus faible valeur de l'indicateur se situe en Grèce (- 41,1 points), l'Italie a connu une légère amélioration (- 34,8 points) et une progression significative a été observée en Pologne (- 29,5 points) bien que, dans l'ensemble, sa valeur se situe toujours au troisième rang des plus faibles valeurs. Au cours des prochains mois, on s'attend à une croissance économique au Royaume-Uni (19,2 points), en Allemagne (10,7 points) et en Autriche (6,7 points).

Les consommateurs du Royaume-Uni recommencent à faire des achats, l'État investit et les anticipations économiques des Britanniques remontent en flèche. L'indicateur s'établit actuellement à 19,2 points. Il a progressé d'environ 12 points depuis cet été et a même augmenté d'environ 41 points par rapport à son plus bas niveau en mars de cette année. L'économie a affiché une croissance de 0,6 % au deuxième trimestre. D'ici la fin de l'année, les experts prévoient une hausse globale de 1,5 %. La reprise actuelle doit, sans aucun doute, être considérée avec une certaine prudence car elle est d'abord et avant tout fondée sur la consommation privée, et ensuite sur les investissements de l'État. Cependant, si les niveaux de revenu stagnent, les consommateurs britanniques ne seront pas en mesure d'acheter plus dans le long terme. Le gouvernement sera, tôt ou tard, également forcé de revenir à une politique d'austérité afin de consolider le budget. L'espoir demeure que le climat économique actuel, généralement favorable, se répercute également sur les investissements des entreprises et les exportations. Il y aura alors réellement une chance de reprise généralisée durable.

En France, les anticipations économiques se sont régulièrement redressées au cours des derniers mois. L'indicateur s'établit actuellement à - 10,6 points. Bien que la valeur demeure nettement négative, elle est loin des - 48,7 points enregistrés en juin. Les consommateurs français ont bon espoir que la reprise économique de ces derniers mois se poursuivra et se stabilisera. Au deuxième trimestre, l'économie a affiché une croissance de 0,5 %. Cependant, la Commission européenne (CE) prévoit un léger recul de 0,1 % sur l'ensemble de l'année 2013. Avec une croissance de 0,9 %, on s'attend à ce que l'économie française sorte complètement de la récession l'an prochain. Même si ces perspectives semblent positives, le gouvernement français ne doit pas se reposer sur ses lauriers. Afin de parvenir à une croissance économique à long terme, les réformes futures doivent être abordées de front, notamment en matière de retraite, et le niveau élevé du chômage doit considérablement baisser.

La Pologne a surmonté sa période de légère faiblesse économique de l'année dernière. Selon la CE, la croissance du PIB s'élevait à 0,2 % au 1er trimestre alors qu'elle était de 0,4 % au 2ème trimestre. Par rapport aux trimestres équivalents de l'année précédente, la progression se situe même à 0,7 % et 1,1 % respectivement. Les consommateurs polonais s'attendent à la poursuite du redressement de l'économie au cours des prochains mois. Bien que l'indicateur des anticipations économiques soit toujours incontestablement négatif, à savoir - 9 points, il est manifestement sur une tendance haussière.

L'économie portugaise commence seulement à présenter de légers signes de reprise. Les experts prévoient toujours un recul de 2,3 % des résultats économiques sur l'ensemble de l'année 2013. Il est également prévu que la croissance de l'an prochain s'élève à 0,6 % seulement. Toutefois, au deuxième trimestre de 2013, le PIB a progressé de 1,1 % par rapport au trimestre précédent. Ce résultat fait naître l'espoir chez les consommateurs. En septembre, l'indicateur des anticipations économiques s'établissait à - 29,5 points, la valeur la plus élevée depuis avril 2010. L'indicateur est à l'heure actuelle en hausse de 35 points par rapport à son plus bas niveau en septembre 2011. Cette amélioration du sentiment est principalement imputable au tourisme, qui a repris considérablement cette année. Pendant la première moitié de cette année, le nombre de clients des hôtels a augmenté de 3,5 % par rapport au premier semestre de 2012. Le nombre de nuitées a même augmenté de 5,4 %. À l'heure actuelle, le Portugal bénéficie surtout de sa réputation de lieu de vacances sans danger par opposition à la région nord-africaine, confrontée à des troubles.

Anticipations de revenu : les consommateurs ne s'attendent pas à une nouvelle baisse de leurs revenus

L'indicateur des anticipations de revenu a également progressé considérablement dans presque tous les pays. Il a stagné à un niveau extrêmement élevé en Allemagne et à un niveau extrêmement bas en Grèce. Au cours des trois derniers mois, les anticipations de revenu n'ont baissé qu'aux Pays-Bas. Les valeurs les plus faibles ont été enregistrées en Grèce (- 46,8 points), aux Pays-Bas (- 42,7 points) et en France (- 42,1 points). Les valeurs les plus élevées de l'indicateur se situaient en Allemagne (33,7 points), en République tchèque (16,5 points) et en Autriche (15,1 points).

Les perspectives économiques se sont améliorées en Italie au cours des derniers mois. Bien que les entreprises ne soient pas encore tirées d'affaire et que le chômage demeure élevé, l'espoir grandit parmi les consommateurs, notamment en raison du plan de relance économique actuel. Grâce à celui-ci, le gouvernement entend améliorer le réseau ferroviaire, rénover les écoles et réparer les ponts et les tunnels. En outre, il est prévu un emprunt supplémentaire à hauteur de 10 milliards d'euros afin de régler les factures impayées des entreprises nationales. Les Italiens ne s'attendent pas à une augmentation de leurs revenus en termes réels, mais ils sont convaincus qu'ils resteront au même niveau et, essentiellement, qu'ils ne baisseront pas davantage. En conséquence, l'indicateur des anticipations de revenu, qui se situe à - 16,9 points, sa valeur la plus élevée depuis décembre 2010, a sensiblement progressé. Suite à la première reprise économique de l'Espagne depuis de nombreux mois, au moins les Espagnols ne s'attendent pas à présent à une nouvelle baisse de leurs revenus. L'économie est actuellement sur la bonne voie. On prévoit même un retour à une légère croissance au deuxième semestre de cette année. Des hausses d'impôts et des réductions de salaire ne sont pas envisagées dans les mois à venir. L'indicateur des anticipations de revenu s'établit actuellement à - 11,8 points. Il a sensiblement progressé depuis sa valeur historiquement faible de - 62,4 points en août de l'année dernière. L'indicateur a augmenté d'environ 22 points au cours des cinq derniers mois seulement.

L'économie de la République tchèque a réussi à renverser la tendance au deuxième trimestre. Bien que le PIB ait affiché un recul supplémentaire de 1,2 % d'une année sur l'autre, une augmentation de 0,6 % a été réalisée par rapport au premier trimestre de cette année. Selon les statistiques tchèques, le chômage a également reculé considérablement au cours des derniers mois ; les données nationales indiquent qu'il s'élève actuellement au taux de 6,9 %. Compte tenu de la reprise générale qui s'est manifestement amorcée à travers l'Europe, notamment en Allemagne, les consommateurs sont confiants quant à l'amélioration de leur situation économique et, par conséquent, de leurs revenus. L'indicateur des anticipations de revenu a progressé d'environ 16 points depuis le début de l'année. Il se situe actuellement à 16,5 points, son plus haut niveau depuis novembre 2009.

Bien que la Slovaquie fût l'un des pays affichant la plus forte croissance d'Europe l'année dernière, au deuxième trimestre de cette année, le PIB n'a augmenté que de 0,3 % par rapport au premier trimestre de 2013 et de 0,8 % par rapport au même trimestre de l'année dernière. Sur le marché du travail, la situation pourrait être décrite comme critique. Malgré la croissance économique, le chômage a augmenté l'année dernière. À l'heure actuelle, il est de 14 %. C'est le taux le plus élevé en Europe centrale et orientale. Les experts prévoient qu'il ne commencera à baisser de façon significative qu'en 2015. Les consommateurs n'ont manifestement pas perdu espoir que l'économie et, par conséquent, le marché du travail se redressent dans un avenir prévisible, ce qui se reflète également dans les anticipations de revenu. Bien qu'il soit toujours positif, le niveau de l'indicateur a stagné au cours de l'année. L'indicateur s'établit actuellement à 8,2 points.

Disposition à acheter : les données économiques plus positives favorisent la consommation

Étant donné que tant les anticipations économiques que les anticipations de revenu ont progressé assez nettement dans toute l'Europe, il n'est pas surprenant que la disposition à acheter présente une image également plus positive qu'au premier semestre de cette année. L'indicateur a stagné en Autriche, en République tchèque, en France, en Grèce, au Portugal et en Roumanie. Tous les autres pays ont enregistré des hausses assez importantes dans certains secteurs. Les valeurs les plus faibles se situaient en République tchèque (- 25,8 points), en France (- 36,6 points) et au Portugal (- 42,2 points). Les valeurs les plus élevés de l'indicateur étaient en Allemagne (45,0 points), en Bulgarie (15,2 points) et en Autriche (11,8 points).

Avec 45 points, la disposition à acheter en Allemagne n'a jamais atteint un niveau aussi élevé depuis décembre 2006. Ceci est dû aux conditions générales favorables du climat économique. L'économie s'est remise de la légère récession à la fin de 2012 et au début de 2013. Le chômage est faible et les revenus sont en hausse. À cela s'ajoutent des taux d'intérêt historiquement bas, qui n'incitent pas les Allemands à déposer leur argent en banque mais plutôt à le dépenser en biens de consommation de grande valeur ou à l'investir dans des travaux de rénovation de leur logement.

En juillet, la disposition à acheter en Autriche a chuté à son plus bas niveau depuis avril 2009 dans le sillage de la crise de Hypo Alpe-Adria-Bank International AG et de la faillite imminente de Dayli et Niedermeyer, ce qui a entraîné un accroissement du chômage. Cependant, l'indicateur s'est redressé pendant l'été en raison des bonnes conditions économiques générales et se situe actuellement à 11,7 points. L'économie s'est remise de la crise financière et a, tout récemment, enregistré une croissance de 0,2 % d'un trimestre sur l'autre. Malgré la récente hausse, le taux de chômage de l'Autriche est toujours le plus faible d'Europe.

L'économie des Pays-Bas est en récession. Selon Eurostat, le chômage est en hausse et s'établit actuellement à 7 %. Cette mauvaise situation économique est principalement imputable à l'effondrement du marché immobilier. Au cours de l'année dernière, les prix de l'immobilier ont chuté d'environ 30 %. Les dettes hypothécaires de nombreux ressortissants néerlandais sont désormais près de deux fois plus élevées que la valeur réelle de leurs biens. C'est la raison principale pour laquelle les consommateurs réduisent toutes leurs dépenses non essentielles. L'indicateur de la disposition à acheter, qui reflète cette situation, s'établit actuellement à - 21,8 points.

Bien que l'économie grecque continue à se contracter, il y a de plus en plus de signes que l'économie commence lentement à retomber sur ses pieds. La prévision de récession de fin d'année est de - 4 % contre - 6,4% fin 2012. Pour la première fois en dix ans, le budget de l'État présentera un léger excédent primaire. Il est possible que la récession soit surmontée l'année prochaine (prévision : + 0,6 %). Le tourisme joue actuellement un rôle majeur dans cette reprise. Un Grec sur cinq travaille dans cette industrie. Cette progression se reflète également dans la disposition à acheter des consommateurs, qui se situe actuellement à - 25,1 points. Toutefois, l'indicateur a encore accusé une forte baisse en août, jusqu'à
- 43 points. Cette baisse était probablement due au licenciement alors imminent de 4 000 fonctionnaires et à la nouvelle série d'inspections de la troïka.

A propos du groupe GfK
Le groupe GfK offre de nouveaux horizons sur la manière dont les groupes d’individus pensent, agissent et consomment chaque jour. Classé parmi le Top 5 des sociétés d’études de marché les plus performantes au monde, le groupe GfK est présent dans plus de 100 pays et emploie plus de 13.000 collaborateurs. En 2012, le groupe GfK a réalisé un chiffre d’affaires de 1,51 milliard d’euros. Pour en savoir plus, visitez gfk.com

Mercredi 23 Octobre 2013
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