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Et pourquoi pas une approche RSE pour les DSI ?


Difficile d’échapper à la thématique du « Green IT ». Analystes et constructeurs expliquent unanimes qu’il devient nécessaire de se soucier des impacts environnementaux des technologies de l’info communication.




François Rabasse
François Rabasse
C’est logique, et l’on sait que la croissance des infrastructures informatiques et télécoms est sur une pente dont on ne voit pas l’inflexion. C’est sain, puisque les consommations en énergie associées sont importantes. C’est responsable, puisque la filière informatique n’a pas encore réellement fait sa transformation, l’éco conception des produits IT étant une préoccupation récente.

« Un débat sur médiatisé », donc une préoccupation suspecte, dirons les uns. « Il était temps, l’Informatique est une industrie d’enfants gâtés » diront les autres. « L’offre est là, les résistances sont culturelles » ajouterons les derniers. Au-delà des chiffres des analystes, essayons d’y voir clair, laissons de côté les discours culpabilisants ou d’évitement, et imaginons quelques pistes d’actions qui se présentent aux DSI aujourd’hui.

La filière industrielle a compris les enjeux et fait actuellement sa transformation, aidée par la maturité de programmes de R&D, par le réalisme économique et par l’incitation règlementaire. On cite le plus souvent les 2 risques que sont le côté énergivore des procédés industriels, et la nocivité de substances entrant dans la composition des produits et qui incitent à organiser leur recyclage.

- Constatons que, rapporté à son poids, l’ordinateur consomme beaucoup plus d’énergie « grise » et de matières premières que tout autre équipement électronique ou électroménager. On cite assez souvent un facteur 40 entre le PC de bureau et le réfrigérateur (dont la durée de vie est par ailleurs 3 à 5 fois plus longue).
- Concentrés de technologie, les ordinateurs, PDA, téléphones portables, renferment aussi des produits toxiques (métaux lourds en particulier) incontestablement polluants pour l’environnement s’ils ne sont pas contenus ou recyclés. Or les filières industrielles ne sont pas encore totalement en place, les règlementations sur les produits autorisés (Directive RoHS) et sur les modalités de recyclage (Législation DEEE) avançant pas à pas.


Plus ou moins consciente du « risque de réputation », l’industrie a compris que sa croissance ne se fera qu’avec des réponses convaincantes à ces défis. Au-delà des postures, les initiatives individuelles et collectives (CSCI, Green Grid, CoC Data centres) permettent dès aujourd’hui aux DSI de trouver des points d’appui dans leur démarche.

De leur côté les utilisateurs peuvent constater le renchérissement des consommations électriques de leurs infrastructures informatiques. Comme souvent, on se focalise sur « ce qui se voit », en l’espèce la consommation des salles machines où la dispersion peut être spectaculaire. Les dépenses de consommation cumulées d’un serveur sur sa durée vie dépassent désormais la valeur d’achat dudit serveur.

Bien sur, « l’empreinte environnementale » de la DSI déborde assez largement la problématique d’efficacité énergétique du data center ; on sait que dans la réflexion sur les cycles de renouvellement, l’occupation des ressources machines, la configuration des postes clients, se nichent des problématiques économiques et environnementales. Mais comme dans toute démarche de progrès, les « victoires rapides » et l’action sur la « zone des 90% » de la loi des 90/10, permettent de mûrir sa réflexion et de consolider sa démarche.

Passée la prise de conscience, quelle approche adopter ? Il faut, bien sur, commencer par se connaître, c'est-à-dire grâce à un état des lieux, poser ses priorités et ses objectifs de progrès. Mais la meilleure approche est-elle d’ouvrir un « chantier environnemental » technique, comme on ouvrirait un chantier « impacts Sarbanes Oxley » ou ITIL ?

Probablement pas. Nous conseillons plutôt au DSI, dès l’étape de diagnostic, de s’inspirer des approches et méthodes de la RSE (Responsabilité Sociale et environnementale de l’Entreprise). Démarche de progrès ambitieuse mais d’application progressive, la logique RSE intègre de front la dimension sociale/sociétale, la dimension environnementale, la mesure et le reporting et se donne un angle de vue qui déborde assez largement le périmètre de responsabilité habituel de l’organisation.

Ce dernier point, la prise en compte « systémique », peut déconcerter de prime abord mais est en réalité l’une des clés indispensables d’une politique d’éco responsabilité : meilleure approche des coûts de possession, analyse des risques (risques Fournisseurs notamment), mise en place de vrais circuits de recyclage, qui aujourd’hui se cantonnent au « reprenez-moi tout ça !». Le DSI y trouvera matière à mettre en place une nouvelle relation plus engageante de part et d’autre avec ses fournisseurs de premier rang.

Y-a-t-il d’autres arguments qui militent pour une « approche RSE » des contraintes et préoccupations environnementales auxquelles doit faire face la DSI ?

- Jusqu’à 60% des budgets de fonctionnement d’une DSI sont des coûts humains (masse salariale + achats de services). Une démarche de Responsabilité Sociale est un acte de management.
- La DSI doit être un prescripteur de comportement, en interne comme vis-à-vis de ses clients. Une approche strictement technique du green IT est dès lors réductrice.
- Les DSI revendiquent une dimension stratégique dans les transformations de l’entreprise ; ils gagneront à intégrer que la RSE est un phénomène de fond porteur d’une dimension de management.

La RSE n’est ni une mode, ni un luxe, ni un devoir moral. C’est un juste équilibre pour entreprendre durablement, et que les tensions du marché actuelles vont éclairer d’avantage : Renchérissement durable du coût de l’énergie, exigences accrues de transparence, création de valeur liées aux « actifs immatériels » de l’entreprise, sont autant de paramètres qui renforcent l’actualité des démarches de Responsabilité Sociale et Environnementale.
Une démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale est un investissement stratégique, sincère et exigeant, à considérer positionné entre gestion du risque et opportunité de développement.
Aux DSI d’en tirer partie.
L’actualité green IT devrait les y aider.

François RABASSE, Directeur associé du cabinet de conseil à direction SENSE
Cabinet spécialiste de la mise en oeuvre de démarches de RSE
www.sense-mc.com

Mercredi 6 Mai 2009
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