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Entretien avec Mark Mobius sur les marchés émergents


Mark Mobius son analyse




Le récent rebond des actions des marchés émergents est-il durable ?
Même si nous sommes optimistes quant au potentiel haussier de ces marchés, il faut garder à l’esprit que la volatilité demeure et devrait encore persister quelque temps. Nous devons donc nous attendre à des mouvements baissiers et haussiers. Compte tenu des hausses de cours significatives observées, nous devons demeurer attentifs aux valorisations et aux perspectives à long terme de croissance des résultats afin d'éviter l'acquisition ou la détention de valeurs surévaluées. Les valorisations actuelles se situent en deçà du plus haut sur cinq ans et ne sont donc pas excessives.

Les compartiments investis en actions des marchés émergents ont renoué avec les entrées nettes de capitaux, enregistrant un investissement record de 26,5 milliards USD au second trimestre. Pensez-vous que les marchés émergents vont continuer à attirer les capitaux ?
D'une manière générale, nous prévoyons un maintien des entrées de capitaux, sans toutefois exclure une certaine volatilité. On ne peut pas s’attendre à des entrées nettes chaque mois ou chaque semaine mais, d'une manière générale, la tendance devrait être positive. Au cours des sept premiers mois de 2009, les entrées nettes (selon les statistiques hebdomadaires du site emergingportfolio.com) ont atteint 34,5 millions USD. Cela représente plus de 85 % des quelques 40 millions USD de sorties de capitaux de 2008.

Comment expliquez-vous cela ?
Ces entrées de capitaux sont dues à un regain de confiance dans les marchés émergents, à la recherche de performances plus élevées, à l'augmentation de l'appétence au risque des investisseurs, à la recherche d'entreprises sous-évaluées et surtout, aux valorisations attractives des entreprises des marchés émergents.

Au sein des marchés émergents, où se situent selon vous les opportunités les plus attractives à ce stade ?
Dans la mesure où nous parvenons généralement à détecter quelques « bonnes affaires » sur la plupart des marchés, toutes les régions des marchés émergents sont dignes d'intérêt. Actuellement, nos expositions les plus importantes se situent au Brésil, en Russie, en Chine, en Inde et en Afrique du Sud. Au niveau sectoriel, les matières premières sont en bonne place car certaines ont vu leur cours chuter nettement en deçà de leur valeur intrinsèque, et nous tablons sur la poursuite de la
croissance à long terme de la demande mondiale de matières premières. Les valeurs de la grande consommation sont également favorisées. Avec la hausse du revenu par habitant et la demande soutenue en produits de consommation, les sociétés du secteur affichent de bonnes perspectives de croissance des résultats.

La Banque mondiale a récemment déclaré que la baisse des entrées de capitaux issues des exportations, du rapatriement des salaires et des investissements directs étrangers étaient synonymes d'une « aggravation des perspectives économiques » pour les pays en développement. Partagez-vous cette opinion et convient-il de s'en inquiéter ?
La Banque mondiale a en règle générale un train de retard en matière de projections économiques. Ses économistes ont tendance à regarder en arrière plutôt que vers l'avenir. Bien que la baisse des entrées de capitaux issues des exportations, du rapatriement des salaires et des investissements directs étrangers soit susceptible d'avoir un impact négatif sur les marchés émergents, il faut s’attendre à ce que l’accélération des entrées de capitaux – liée à la croissance des dépenses de
consommation et d'infrastructure – vienne compenser le phénomène. Cela pourrait permettre à ces marchés d'enregistrer une croissance économique positive. Cela est particulièrement vrai pour des marchés tels que la Chine et l'Inde.

Demeurez-vous optimiste concernant l'Asie hors Japon ? Pour quels marchés êtes-vous le plus optimiste ?
L’Asie est le marché émergent le plus vaste du monde. Les pays asiatiques enregistrent en outre une croissance relativement soutenue. Certains, à l’image de la Chine et de l’Inde, possèdent une population très importante et un revenu par habitant en progression, et leurs marchés de capitaux se développent rapidement. La croissance économique y demeure relativement élevée, le revenu par habitant est en hausse, les valorisations demeurent attractives et les réformes se poursuivent, ce qui
améliore les conditions économiques et d’investissement dans la région. Nos plus importantes expositions concernent la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et la Thaïlande.

Quelle est votre opinion concernant le marché BRIC ? Constitue-t-il un bon choix d'investissement ?
Nous restons optimistes concernant les perspectives à long terme des marchés BRIC. Les pays BRIC enregistrent des taux de croissances parmi les plus rapides au monde. Les réserves de change de ces quatre pays demeurent en outre très élevées. Ces quatre marchés constituent plus de 40 % de la population mondiale. La croissance de la demande nationale demeure également vigoureuse. La Chine et l'Inde continuent à enregistrer des taux de croissance du PIB très élevés, malgré le ralentissement mondial, et la Chine poursuit à grandes enjambées sa progression vers le statut d'acteur prédominant à l'échelle mondiale. L’économie chinoise devrait progresser d’environ 8 % en 2009 et ses réserves de change dépassent désormais les 2 000 milliards USD. De plus, le Brésil et la Russie sont des pays riches en ressources et, malgré le récent recul des cours des
matières premières, ceux-ci affichent une tendance haussière à long-terme et ces pays devraient bénéficier de la demande mondiale en pétrole, acier, aluminium, pâte à papier et autres matières premières.

Les prix des matières premières se sont solidement redressés, ce qui est de bon augure pour les marchés émergents. Quelles sont selon vous les perspectives des matières premières ?
Les perspectives demeurent positives pour les matières premières. La demande solide des marchés émergents alliée à une offre moins élastique pourrait conduire à une hausse des prix. D'une manière générale, nous prévoyons le maintien d'une tendance haussière à long terme des prix des matières premières. Cela n'ira néanmoins pas sans quelques corrections. Plusieurs marchés émergents sont à la fois d'importants fournisseurs de différentes matières premières, et de grands consommateurs. Le Brésil est par exemple l'un des plus importants fournisseurs mondiaux de minerai de fer. Quant à la Russie, elle est le plus important fournisseur de gaz naturel. De plus, la population des marchés émergents étant majoritaire dans le monde, la demande potentielle de ces pays en matières premières est également conséquente. Il n'est donc pas surprenant de constater un intérêt important pour leurs marchés des matières premières.

Mercredi 9 Septembre 2009
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