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Entreprendre suppose sans doute une petite part d’inconscience, mais surtout une bonne dose de courage


Les entrepreneurs apparaissent généralement aux yeux de leur entourage comme des personnages énergiques, plus énergiques que le commun des mortels.




Paradoxalement, ils ne font pas rêver nos concitoyens et rares sont les parents qui rêvent d’une carrière d’entrepreneur pour leur enfant. On peut d’ailleurs légitimement se poser la question : s’agit-il d’un métier ? On est tellement convaincu du contraire en France, que la rencontre au cours de notre longue et parfois brillante scolarité avec « l’homo PME » tient plus du hasard ou de l’expérience exotique, que de la borne indispensable à franchir pour mieux aborder l’âge adulte.

Une dépression économique de très forte amplitude traverse nos pays développés et réduit la capacité des états et des grandes organisations publiques et privées à résoudre seules, l’ensemble de nos petites équations ordinaires (travail, système de santé, retraite…). Nombreux sont ceux qui, de gré ou de force, sont désormais prêts à se tourner vers les entrepreneurs pour restaurer un marché de l’emploi passablement endommagé par une mondialisation idéalisée (à nous la production d’idées et de concepts, la production de biens matériels revenant à ceux qui vivent dans des pays à faible coût de main d’œuvre) : les plus favorisés prennent progressivement conscience du fait qu’il en va du maintien d’un tissu social indispensable à la marche des affaires, les classes moyennes et défavorisées attendent quant à elles des solutions assurant leur propre subsistance.

Oui, nous avons un besoin urgent de femmes (encore trop peu nombreuses), et d’hommes (pas assez nombreux), d’une certaine trempe pour dépasser ce cap difficile produit par notre propre histoire. Nous recherchons des individus assez audacieux pour entreprendre.

Les candidats à la reprise, à la croissance ou encore à la cession d’entreprise, sont chaque jour confrontés à la complexité extrême du parcours qui leur est proposé, dans un pays qui s’ingénie à pénaliser les entreprises qui bougent : sait-on par exemple mesurer les dégâts causés depuis des décennies aux PMI-PME françaises par les fameuses barrières iniques de franchissement des seuils de 10 puis 50 salariés?

Sur un autre plan il y aurait beaucoup à méditer sur le coût du travail imposé aux PME, premier employeur en France. Signalons simplement que si le taux de chômage diminuait de façon un peu significative, la charge sociale serait mieux répartie et proportionnellement moins lourde, sans compter que l’on pourrait également espérer une diminution de la charge absolue si l’on considère les coûts induits par la précarité (santé, sécurité, logement…).

Nos entrepreneurs ne peuvent pas ignorer la qualification de voie à très haut risque qu’ils ont empruntée. La France a enregistré 55 000 défaillances d’entreprise en 2011, soit un niveau qui nous rapproche du sommet historique de 1993 (60 000 défaillances). Au-delà des défaillances imputables à des insuffisances managériales et stratégiques qu’il convient surtout de ne pas négliger, force est de reconnaître que les facteurs négatifs semblent se cumuler actuellement pour nos entrepreneurs : croissance nulle, incertitude sur les monnaies, échéances électorales dans de nombreux pays clés, modification permanente du cadre législatif (je mets au défi nos meilleurs capitaines de naviguer sur une mer dont on modifierait chaque jour le positionnement des balises), inadéquation croissante entre le niveau de formation des demandeurs d’emploi et l’exigence de métiers souvent nouveaux et chahutés par une concurrence de plus en plus vive…

Si l’on persévère à observer notre situation à une échelle macro, celle de nos grands financiers, la partie est bien mal engagée et il n’y aura bientôt plus personne pour surmonter la peur d’entreprendre.

Si l’on consent par contre à descendre au niveau micro, là où évoluent nos PMI-PME et où la rencontre avec l’autre est inévitable, l’espoir renaît et de nombreux signaux positifs apparaissent. Il y a ceux qui se battent pour sortir de nos frontières et se confronter avec la concurrence internationale, ceux qui font le pari de l’innovation permanente, ceux qui s’inscrivent dans le développement durable, ou encore adoptent une stratégie volontariste de relocalisation industrielle.

Presque tous les candidats à l’entrepreneuriat restent très lucides par rapport à la tâche qui les attend, certains font également preuve d’une envie contagieuse de participer, modestement, à la construction d’un monde nouveau : un monde qu’ils qualifient volontiers de responsable, et offrant avant tout de la perspective et du temps pour une croissance harmonieuse

Il faut avoir confiance en nos entrepreneurs et aider au maximum ceux qui ont apprivoisé leur peur et qui sont à même de conduire un peu mieux et plus vite ces véhicules réactifs que sont les PME: deux pédales font l’affaire, un frein et un accélérateur.

Je souhaite personnellement exprimer mon profond respect aux femmes et hommes d’entreprise qui ont accepté et acceptent encore aujourd’hui, de prendre le risque insensé de conduire le plus justement possible non seulement leur destinée personnelle, mais également une part de celle de leurs collaborateurs.

Les patrons à succès reconnaissent volontiers que leur vraie récompense a été au final la confiance durable placée en eux par leurs collaborateurs.

La vraie peur de ces dirigeants hors normes est souvent née du sentiment de ne plus être à un moment donné à la hauteur de cette confiance. Je n’ai de cesse de traquer ce sentiment chez les entrepreneurs, convaincu que l’avenir de leurs entreprises en dépend.

Par Olivier Menu, associé fondateur de Valexcel

A propos de Valexcel :
Fondée en 1999 par Olivier Menu, Valexcel est une société indépendante de conseil stratégique et financier. Animée par la passion des entrepreneurs, Valexcel accompagne ces derniers au plus près, depuis la reprise jusqu’à la cession de leur société. L’équipe de Valexcel est composée de négociateurs (plus de 200 transactions sur les marchés français et européen), de chargés d’affaires accompagnant au quotidien les entrepreneurs et de conseils en stratégie et optimisation de ressources humaines.
Principales missions délivrées aux entrepreneurs :
- préparation et formation du candidat à l’entrepreneuriat
- accompagnement à la reprise d’entreprise
- opérations de croissance externe
- négociation de levée de fonds
- accompagnement à la cession de l’entreprise

Lundi 23 Janvier 2012
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