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En voie de guérison


La crise financière que nous venons de traverser a été sans aucun doute la plus grave depuis la Grande Dépression. Et pourtant, grâce à l’action des banques centrales des pays développés, il n’aura fallu que cinq ans pour que la confiance revienne sur les marchés.




Ainsi, après cinq années de mesures s’inscrivant dans «l’extra-ordinaire», la Réserve fédérale a enfin pris la décision d’entamer le processus de normalisation et de commencer à réduire son programme d’achats d’obligations. Considérant que l’économie américaine est sur la voie de la guérison, elle a décidé que, tout comme un malade ne peut rester ad vitam aeternam aux soins intensifs, l’économie peut supporter une réduction progressive de la dose de médicaments.

La conduite d’un tel processus revient en quelque sorte à manier de la nitroglycérine. En effet, une hausse des taux longs dans un contexte économique fragile et dans un monde encore très lourdement endetté peut avoir de graves conséquences sur la croissance. Dans ce cadre, la communication des banques centrales prend toute son importance, notamment au travers de leur politique de «forward guidance» (indications sur leur orientation future), qui consiste à piloter les anticipations sur les marchés. En dissociant clairement le processus de «tapering» d’un relèvement des taux d’intérêts, l’ancien Président de la Fed, Ben Bernanke, a réussi sa communication lors de l’annonce de la réduction des achats d’obligations en décembre dernier. Et puisque le taux de chômage cible de 6.5% n’annoncera pas automatiquement une politique monétaire restrictive, les marchés financiers sont demeurés sereins.

En Europe, un travail considérable a été entamé par les gouvernements des pays périphériques et par la Banque centrale européenne (BCE): alors que certaines réformes structurelles ont déjà engendré un regain de compétitivité, les actions de la BCE ont permis de restaurer la confiance des investisseurs et de faire considérablement baisser les primes de risque des pays périphériques. Au Japon, le programme à «trois flèches» de Shinzo Abe semble fonctionner puisque le PIB du pays a vivement rebondi, mais la demande intérieure demeure anémique et les salaires stagnent toujours.

La poursuite du «Bull market»

Les marchés actions peuvent donc continuer à se réjouir puisque le meilleur scénario possible se dessine: une croissance économique plus forte, portée par des banques centrales bienveillantes. Après une décennie marquée par la surperformance des marchés émergents et des matières premières, la tendance s’inverse et ce sont les marchés actions des pays développés, qui devraient générer les performances les plus élevées. Ils restent donc la classe d’actifs de choix.

Par ailleurs, en dehors des politiques monétaires accommodantes, d’autres éléments favorisent également les marchés actions. La corrélation intrasectorielle et entre les titres eux-mêmes est en baisse, ce qui signifie que les facteurs macroéconomiques et de marché sont de moins en moins significatifs pour expliquer les variations de prix des sociétés. C’est un environnement favorable aux «stockpickers», qui peuvent se concentrer sur les fondamentaux de chaque entreprise plutôt que sur l’analyse «top-down». Ensuite, les valorisations des actions, bien qu’en hausse, restent à des niveaux raisonnables, et loin de leurs sommets historiques – et ce, surtout en Europe. En outre, l’écart entre les ratios bénéfices/cours des actions et les rendements des obligations d’entreprises est toujours favorable aux actions. Enfin, l’existence de taux réels bas – comme c’est encore le cas – est le reflet d’un faible niveau de visibilité et de croissance. Un retour de la confiance, une hausse de la consommation et des investissements, et donc, in fine, une croissance économique plus forte entraîneront une remontée des taux réels et par conséquent des taux nominaux.

Mais bien que l’économie mondiale se trouve indéniablement en voie de guérison, la croissance demeure encore inférieure à son potentiel dans les pays développés; dans ce contexte, les sociétés qui affichent un fort potentiel de hausse de leurs bénéfices à long terme devraient être récompensées par les investisseurs. Ces entreprises se trouvent dans les secteurs porteurs d’innovation et notamment ceux qui ont trait à la digitalisation de l’économie.

Une nouvelle révolution industrielle

En effet, près de deux siècles après la révolution industrielle, qui a profondément bouleversé la manière dont nos sociétés fonctionnent, il se pourrait que nous soyons à l’aube d’une nouvelle révolution. Même si la plupart des technologies en sont encore à leurs balbutiements, elles recèlent un fort potentiel de croissance et devraient changer en profondeur le mode de fonctionnement de nos économies.

Un exemple d’innovation de rupture, et qui pourrait bouleverser nos processus de production et de consommation, est la manufacture additive (impression 3D). A l’heure actuelle, elle ne représente que 0,02% de la production manufacturière totale et n'est utilisée que dans des secteurs très spécifiques, comme les technologies médicales et l’aéronautique. La manufacture additive est toutefois porteuse d’un formidable potentiel de croissance à long terme, et transformera non seulement les méthodes de production des biens, mais aussi nos modes de consommation. Elle aura donc un impact significatif sur le secteur manufacturier dans son ensemble: outre la chute drastique des coûts de production et la capacité de personnaliser les objets, la complexité de ceux-ci ne sera plus une barrière et les déchets seront réduits au minimum. Cela permettra le rapatriement d’une partie de la production sur le territoire où le savoir-faire est présent («onshoring»).

Parallèlement à l’essor d’innovations majeures, nous assistons, vingt ans seulement après le début de l’internet, à une accélération phénoménale de son importance. Cette tendance conduit là-aussi à une forte réduction des prix, et ce notamment grâce à un effet de désintermédiation, qui permet de s’adresser directement au consommateur final. Ainsi, des pans entiers de notre économie sont en voie de digitalisation, et de nouvelles entreprises, qui n’existent que sur la toile, vont gagner en importance. Le potentiel de croissance de ces sociétés est significatif. Par exemple, malgré l’évolution du e-commerce, celui-ci ne représente que 6,5% de l'ensemble des transactions – nous nous attendons à ce que ce pourcentage passe assez rapidement à 10%; en parallèle, 85% des paiements se font encore en espèces ou par chèque – tandis que là aussi, avec l’essor des moyens de paiement mobiles ou par carte, ce pourcentage devrait baisser. Ce sont donc des thèmes à privilégier, tout comme le «cloud computing» et les réseaux sociaux, où l’on trouve également des sociétés bien positionnées pour bénéficier de la digitalisation de l’économie et ainsi faire croître leurs bénéfices.

Après une année 2013 exceptionnelle sur le plan boursier, le «bull market» devrait se poursuivre en 2014, même si le niveau de performance de l’an dernier sera difficile à battre. La révolution à laquelle nous assistons devrait être à la base d’un cycle de prospérité, ainsi que d’une potentielle redistribution des richesses. Il s’agit donc de demeurer réceptif au changement, et considérer l’innovation comme le meilleur moyen de résoudre nos problèmes de croissance et de dessiner un futur prometteur.
Genève, décembre 2013.

Union Bancaire Privée, UBP SA
Rue du Rhône 96-98 - CH-1211 Genève 1
www.ubp.com

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Lundi 20 Janvier 2014
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