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En 2009, les défaillances d’entreprises sont en hausse de 11 % comme en 2008



Elles se stabilisent sur le dernier trimestre. Plus de 63 000 jugements d’ouverture de procédures collectives ont été prononcés en 2009 ; 61 595 au titre d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire directe et 1 452 au titre d’une sauvegarde.




En 2009, les RJ & LJ ressortent en hausse de 11,4 % contre 10,9 % en 2008 tandis que les sauvegardes ont doublé (+ 107 %).
Sur la décennie, le nombre de redressements judiciaires et liquidations directes était resté contenu en-dessous de 50 000 par an avant de brutalement dépasser ce plafond en 2008 (55 300). En 2009, si la dégradation se poursuit, elle se maintient toutefois à un rythme à peine plus élevé que celui observé en 2008 (+11,4 % contre + 10,9 %). Sur le dernier trimestre, les défaillances d’entreprises n’augmentent plus.

Pour autant, l’année 2009 restera une année noire pour de nombreuses entreprises industrielles, même si sur la décennie, plus précisément en 2003, l’Industrie manufacturière avait été déjà très marquée par les défaillances. La résistance apparente masque des tendances très variables selon les tailles d’entreprises.

Les micro-entreprises résistent, les PME dérapent fortement
Près de la moitié (43 %) des entreprises défaillantes sont des micro-entreprises sans salarié. Elles donnent donc le ton. Or, elles ont été moins nombreuses cette année qu’en 2008 à faire l’objet d’une procédure collective : 26 573 jugements ont été prononcés, soit un nombre en recul de près de 6 % sur un an. Si les plus petites structures résistent, les PME, en revanche, s’inscrivent sur de lourdes statistiques. 18 934 entreprises de 3 à 200 salariés ont défailli en 2009 ; cela représente une dégradation sur un an de 49 %. L’évolution est encore plus impressionnante sur les PME de 50 à 100 salariés : + 62 %.

Les deux tiers des jugements prononcés sont des liquidations directes
La conjoncture très diffi cile n’a pas fondamentalement bouleversé les décisions des tribunaux. 68,5 % des jugements sont des liquidations judiciaires directes contre 67,3 % en 2008. L’ouverture de redressement judiciaire, peu fréquente sur les petites structures, est en revanche très majoritaire sur les PME et grandes entreprises. Les ¾ des micro-entreprises jugées ont fait l’objet d’une liquidation judiciaire directe : 75,2 % plus précisément à comparer aux 69,1 % de 2008. A partir de 20 salariés et plus, le RJ est plus fréquemment prononcé que la LJ. Ainsi, le taux de RJ est de 62 % sur les sociétés de 20 à 49 salariés, 71 % sur celles de 50 à 99 salariés et approche les 80 % sur celles de 100 salariés et plus. La défaillance offre alors une solution de redressement.

Confirmant la vulnérabilité des PME, les sociétés anonymes s’inscrivent sur de sévères tendances
La population des entreprises individuelles, où les micro-entreprises sont fortement représentées, enregistre un recul de 2 % des défaillances. Les 2/3 des défaillances sont sous forme de SARL. Elles sont près de 41 000 à avoir connu une procédure collective en 2009. C’est 16 % de plus qu’en 2008. Les sociétés anonymes généralement plus anciennes et plus importantes sont les plus touchées. Si elles représentent moins de 3 000 défaillances, elles affi chent la tendance la plus lourde (+ 29 %).

Les plus anciennes comme les plus jeunes sont les plus vulnérables
De façon récurrente, les entreprises les plus jeunes sont les plus fragiles. Cela reste vrai en période de crise. En 2009, les défaillances d’entreprises de moins de 3 ans ont augmenté de 23 %. A l’opposé des plus jeunes, les sociétés de plus de 50 ans présentent, elles aussi, une dégradation importante. Si contrairement aux précédentes, les sociétés âgées bénéfi cient majoritairement d’une procédure de RJ favorisant le redressement, il demeure que sur un an les défaillances augmentent de 21 % (169 jugements). L’Industrie manufacturière concentre près de la moitié de ces sociétés. La chute brutale des carnets de commande a précipité nombre d’entre elles vers la défaillance.

De nombreux secteurs portent les stigmates de la crise
L’Industrie manufacturière a probablement été un marqueur fort de l’ampleur de la crise. Avec plus de 4 000 défaillances, le secteur enregistre une dégradation de 25 % sur un an. L’Industrie agroalimentaire est bien orientée avec une baisse des jugements de 8 %.
L’Immobilier reste inscrit sur une évolution sévère avec près de 2 800 ouvertures de procédures en hausse de 25 % sur un an. Cette tendance encore forte est néanmoins deux fois moindre que celle observée en 2008 (+ 46 %) ; le secteur avait subi les effets de la crise fi nancière dès 2007. En 2009, 1 200 agences immobilières ont déposé le bilan (+ 21 %).
Dans le sillage de l’Immobilier, le Bâtiment a subi quelques turbulences. La hausse des défaillances est de 14 % sur un an.

Comme l’Industrie manufacturière et l’Immobilier, l’évolution des défaillances d’entreprises dépasse les 20 % dans le Transport routier de marchandises. Après une hausse de 19 % en 2008, le secteur enregistre une augmentation de 21 % en 2009. 1 535 transporteurs ont défailli.
Autre secteur dont les défaillances progressent de 20 %, celui de l’Hébergement. Contenues aux environs de 520 ouvertures en 2006, 2007 et 2008, les procédures grimpent à 626 en 2009. Dans une activité proche, la Restauration essaye de résister. Les défaillances y augmentent de 9 % (4 944). Les Débits de boisson sont bien orientés en 2009 (1 119 ; - 9 %) après une année 2008 qui avait été très diffi cile (1 230 ; + 27 %).
Dans les Services aux entreprises, le cap des 7 000 procédures annuelles a été franchi. 7 275 entreprises ont défailli (+ 13 %). Les défaillances dépassent désormais les 2 000 entreprises dans les Services aux particuliers. Plus de la moitié (1 214 ; + 18 %) se situent dans les activités de coiffeurs et soins de beauté et corporels. Dans le Commerce, les jugements d’ouverture de procédure (13 699) ont été contenus à moins de 8 %. La dégradation est de 9 % dans le commerce de détail et de 6 % dans le négoce de gros.

Les régions les plus touchées se situent dans le quart Nord-Ouest de la France ainsi qu’en Alsace et Rhône-Alpes
Contrairement à 2008 où les défaillances d’entreprises avaient augmenté de façon globalement homogène sur l’ensemble des régions, 2009 distribue les procédures judiciaires de façon plus disparate. La Lorraine parvient à réduire le nombre des défaillances de - 1 % et l’Alsace, au contraire, les voit s’envoler de + 30 %. Les tendances les plus sévères se situent dans un quart Nord-Ouest du pays, tandis que le sud-ouest résiste et l’Est est à la peine.

Le quart Nord-Ouest affiche de fortes augmentations de défaillances.
La Basse-Normandie enregistre une hausse très sensible des défaillances d’entreprises en 2009. Le cap des 1 000 procédures collectives approché en 2008 est désormais franchi. 1 170 jugements de RJ ou LJ directes ont été prononcés par les tribunaux soit une augmentation de 25 % sur un an. La hausse est de 24 % (1 627 défaillances) en Poitou-Charentes, 20 % (2 749) en Bretagne, + 19 % en Pays-de-la-Loire (2 763) et + 15 % en Haute-Normandie (1 283).

Le quart Sud-Ouest tente de résister.
L’Aquitaine offre une des meilleures performances françaises avec une hausse des défaillances d’entreprises contenue à 5 % pour 3 335 jugements. Midi-Pyrénées fait presque aussi bien avec une augmentation de seulement 6 % pour 2 540 défaillances. En Limousin, après une année 2008 diffi cile où les défaillances avaient augmenté de 30 %, 2009 présente une tendance inférieure à la moyenne nationale, soit + 9 % pour 710 défaillances.

Le quart Sud-Est est dans la moyenne nationale exception faite de Rhône-Alpes.
Le Languedoc-Roussillon est proche de la moyenne nationale avec une hausse des procédures collectives de 12 % pour 3 235 jugements. En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, l’évolution des défaillances est dans la moyenne française à + 11 % pour 6 509 procédures. Dans cette zone Sud-Est, Rhône-Alpes est la plus en diffi culté. A 6 608, les défaillances ont augmenté de 23 %. En Auvergne, les défaillances d’entreprises ont augmenté de 12 % atteignant 933 jugements.

Les autres régions affichent des évolutions disparates.
En tête des régions françaises, l’Île-de-France qui représente une défaillance française sur cinq parvient à contenir la dégradation à 8 % pour 12 756 procédures. La région Centre est dans la moyenne nationale avec + 11 % et 2 092 défaillances. La Picardie est plus à la peine avec une augmentation de 15 % sur un an et 1 322 jugements prononcés. Nord-Pas de Calais tente de résister à + 12 % et 3 298 jugements. A + 13 %, Champagne-Ardenne approche désormais le millier de défaillances
à l’année (992). La Bourgogne est mieux orientée avec une hausse limitée à 9 % pour 1 335 procédures.
Les trois dernières régions plus à l’Est font le grand écart. Tandis que la Lorraine est cette année le meilleur élève avec une baisse des défaillances de - 1 % (1 917 procédures), la Franche-Comté résiste diffi cilement à + 12 % (1 069 jugements) et l’Alsace plonge avec + 30 % (1 785 jugements). Notons qu’en 2008, l’Alsace était sur la première marche du podium avec une hausse des défaillances réduite à seulement 3 %.

La sauvegarde reste majoritairement utilisée par des petites entreprises mais les PME la découvrent sur fond de crise
De façon assez constante depuis sa mise en application, la procédure de sauvegarde est plutôt plébiscitée par les entreprises de petite taille. 57 % (823) emploient moins de 6 salariés. Néanmoins, l’ampleur de la crise conduit à ce que les PME également recourent plus nombreuses à ce dispositif préventif. 74 PME de 50 à 99 salariés ont sollicité une sauvegarde ; c’est trois fois plus qu’un an plus tôt.
Un millier de sociétés placées en sauvegarde ont publié un bilan duquel il ressort que 40 % (399) développent moins de 500 000 € de chiffre d’affaires par an. Près des 2/3 (631) réalisent moins de 1,5 M €. Moins d’une centaine (92) parvient à dégager plus de 10 M € de CA.

Davantage de sauvegardes dans le Commerce
Avec 313 demandes d’ouverture, le Commerce concentre davantage de sauvegardes. Plus de la moitié (169) d’entre elles émanent de la vente de détail.
Plusieurs secteurs avoisinent 270 sauvegardes en 2009. C’est le cas de l’Industrie (276) principalement chez les manufacturiers. La construction comptabilise 262 sauvegardes. 154 se situent dans le Bâtiment.

Rhône-Alpes renforce son leadership.
Près d’une sauvegarde sur cinq est prononcée en Rhône-Alpes. La région comptabilise 279 ouvertures de procédure, c’est deux fois plus qu’en 2008. Aucune autre région ne franchit la barre des 200 sauvegardes. Provence-Alpes-Côte-d’Azur conserve la deuxième position avec 189 procédures (+ 105 %) mais précède de peu désormais l’Ile-de-France qui en compte 178. La dernière région à franchir le cap des 100 sauvegardes en 2009 est l’Aquitaine avec 126 ouvertures soit près de deux fois plus qu’en 2008. Les deux autres régions du sud enregistrent plus de 50 sauvegardes ; 73 en Midi-Pyrénées et 53 en Languedoc-Roussillon. C’est également le cas de Pays-de-la-Loire (57), Basse-Normandie (67) et Picardie (50).

Aucune autre région ne dépasse 50 et même 40 sauvegardes. Parmi elles, l’Alsace (24). Cette région qui affi che l’évolution record des défaillances (RJ & LJ) en France en 2009 (+ 30 %) est également celle où les sauvegardes ont le plus progressé. Ces dernières sont quasiment quatre fois plus nombreuses (+ 243 %) en 2009 qu’en 2008. Deux autres régions affi chent des évolutions de 200 % et plus : le Centre (27 ; + 200 %) et la Lorraine (27 ; + 238 %).

« L’année 2009 aura donc été une année compliquée pour de nombreux chefs d’entreprises mais fi nalement moins sévère que ne le laissait craindre certaines hypothèses de début de période où le catastrophisme prévalait » observe Thierry MILLON, responsable des analyses Altares.

« Au fil des mois, Altares constatait une lente mais régulière amélioration sur le front des défaillances. Si les PME les plus fragiles n’ont pu éviter la défaillance, les autres ont dû s’adapter et développer des initiatives profi tables pour l’avenir. Dans leur quête du cash, indispensable à soulager les trésoreries, les entreprises ont été plus attentives à ne pas laisser déraper les retards de paiement mais aussi à mettre en place en interne les outils de pilotage indispensables à la bonne lecture de leur
cycle d’exploitation. Dans les périodes troublées, la rigueur et le recherche constante d’optimisation des ressources est davantage au coeur des problématiques de gestion que lors de conjonctures plus favorables.
Par ailleurs, le retournement économique est venu rappeler que la défaillance des clients anciens, souvent les plus importants dans la réalisation du chiffre d’affaires, peut gravement compromettre la pérennité de l’entreprise. Par exemple, une société dont la marge est de 5% doit trouver 100 000 € additionnel de chiffre d’affaires pour compenser un impayé de 5 000 €. Gardons à l’esprit que les retards de paiements sont à l’origine d’une défaillance sur quatre. Pourtant, les 63 000 entreprises à avoir connu une procédure collective en 2009 représentent moins de 2 % des entreprises françaises en activité recensées dans les bases Altares. Ce taux donne à lui seul toute la dimension des opportunités de business pour 2010. Identifi er des prospects pérennes et connaître ses clients s’avèrent être la clé majeure pour développer ses affaires durablement. »

A PROPOS D’ALTARES
Altares est née du rapprochement de la Base d’Informations Légales BIL et de Dun & Bradstreet France. Sa vocation, en tant que spécialiste de la connaissance inter-entreprises : fournir des solutions pour accélérer la croissance. Altares répond aux besoins des entreprises sur deux axes majeurs : développement commercial et gestion du risque financier, en France, en Europe comme à l’International. Membre du 1er réseau international d’informations B to B (le D&B Worldwide Network), Altares diffuse en France les solutions créées par le leader mondial D&B. Les clients d’Altares disposent du seul accès global à des données qualifiées sur plus de 150 Millions d’entreprises dans le monde. Dirigée par Thierry Asmar, Altares, détient 40 % du marché français ; avec un CA d’environ 53 Millions d’Euros, l’entreprise compte près de 300 collaborateurs répartis sur 3 sites principaux : Nanterre, Rambouillet et Villeurbanne.

www.altares.fr

Mercredi 27 Janvier 2010
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