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Des réformes qui mènent à la crise !


Depuis un peu plus de trois décennies, d’éminents économistes, notamment les adeptes de la libéralisation financière, n’arrêtaient pas d’arguer qu’un système financier développé, libéralisé et « out of the counter » représente un modèle adéquat pour stimuler la concurrence entre les opérateurs financiers et créer les conditions d’un développement économique fort et durable.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
Partant de ce constat, les réformes financières se sont accélérées au fil du temps, et pour se faire, il a fallu tout d’abord contourner les effets négatifs de la répression financière, qui pourraient nuire à une meilleure mobilisation des ressources financières et leur allocation efficiente. En optant, en effet, pour une finance directe, notamment à travers une libéralisation des taux d’intérêt et des marchés de capitaux.

En contrepartie, les politiques interventionnistes mises en œuvre jusqu’aux années 1970, n’étaient pas, d’après les schémas théoriques des économistes de l’offre et ceux de la nouvelle macroéconomie classique, en mesure de promouvoir la formation du capital, de stimuler une croissance économique de longue période, ni d’ailleurs de permettre une répartition optimale des richesses.

S’il est vrai que les réformes financières constituent un bon indicateur de la contribution de la finance à la croissance et au développement, il n’en demeure pas moins que les résultats auxquels ont aboutit les marché de gré à gré, durant cette fin de la décennie 2000, sont mitigés et ne semblent pas être partagés par tout le monde. La crise financière dans ses versions « I - 2008 » et « II- 2010 » donne raison aux analyses des néo-structuralistes et des post- keynésiens, notamment à J.Tobin, au regard de leur réticence quant à la libéralisation outrancière du système financier. Ces analyses n’ont pas cessé de montrer que la libéralisation financière donne lieu à des migrations extravagantes des capitaux sans taxation ni contrôle, engendrant en conséquence des effets néfastes sur la stabilité financière et le développent économique. Ainsi, compte tenu des problèmes d’asymétrie d’information, la libéralisation financière a conduit à une situation non optimale et a nécessité l’intervention de l’Etat. Bien plus, la libéralisation financière a débordé de sa vraie mission et n’a pas permis une réelle croissance de l’épargne fructufiante qui pourrait servir l’investissement et la croissance de long terme. Mais elle a conduit, au fil du temps, vu l’accentuation des motifs de spéculation, vers une faille qui n’a épargné ni les marchés financiers ni les finances de l’Etat.
Cet aboutissement a légitimé le rôle que devraient jouer les pouvoirs publics dans la gestion des systèmes financiers jugés dynamiques et possédant une dimension internationale. Ces derniers, qui se caractérisent par le court-termisme, favorisent l’apparition des bulles spéculatives, ce qui a du forcer les Etats à prendre les mesures nécessaires en vue de corriger les imperfections de ces systèmes qui n’inspirent pas confiance et qui souffrent d’un manque de surveillance et de transparence. Entre le problème et son remède proposé, une interrogation mérite d’être posée : on est-il passé d’un ordre qui nait du chaos vers un autre plutôt décrété ? Les gagnants de la mondialisation continuent de défendre le premier ordre. Tandis que les perdants, asphyxiés par l'ampleur des déséquilibres accumulés à l’ère de la libéralisation, militent incontestablement pour une rerégulation.

Au-delà de ces débats d’ordre éthique, le rôle réel du système financier est de mobiliser des ressources massées et thésaurisées dans les secteurs informel et traditionnel, de les transférer au secteur moderne et d’assurer leur affectation aux projets productifs. La crise de 2010 offre l'opportunité de repenser la notion de réformes financières dans le sens de garantir la stabilité dans les marchés financiers et d’instaurer la confiance dans les rouages de l’économie et de la finance. Pour y parvenir, il faut notamment améliorer le cadre juridique, comptable et réglementaire, en fixant des règles de diffusion d’information plus complètes. Il est toutefois utile de souligner qu’une adéquation entre réformes financières et développement économique doit être respecté, sans exubérance, en dépassant le débat traditionnel reposant sur la question : qui induit l’autre ? sachant que le sens de causalité du départ s’inverse aux stades ultérieurs.


Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Mardi 8 Juin 2010
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