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Denis Le Bossé, président du cabinet ARC


Monsieur Denis Le Bossé bonjour, vous êtes président du cabinet ARC, cabinet de juristes d’affaires et de recouvrement de créances. D’après l’étude que vous venez de réaliser avec l’institut IFOP auprès de 500 entreprises, la détérioration de leur trésorerie semble due pour une part importante aux retards de paiement ?




Denis Le Bossé
Denis Le Bossé
Effectivement, 29 % des entreprises interrogées et ayant subi une détérioration de leur trésorerie au cours de la dernière année expliquent ce phénomène par la dégradation de la propre trésorerie de leurs clients, laquelle empêche ces derniers de respecter les délais de paiement fournisseurs.

Seules 26% des entreprises interrogées estiment que la détérioration de leur trésorerie est due au recul de leur propre activité et 21% évoquent la LME comme facteur de compression de leur trésorerie. Le resserrement du crédit bancaire arrive loin derrière, lequel n’a été cité que par 6% des entreprises.

Ceci est-il confirmé par votre pratique quotidienne aux côtés des entreprises ?

Le contexte actuel, marqué à nouveau par des tensions sur le crédit bancaire par le désengagement des assureurs-crédit, accroît les difficultés de recouvrement et les tensions sur la trésorerie des entreprises.
Nous constatons ainsi dans notre activité une augmentation significative des dossiers de recouvrement de créances illustrant une anticipation par les « credit managers » des problématiques liées au recouvrement. Les directions d’entreprises sont en effet de plus en plus à l’écoute de leur credit managers, lesquels, conscients de l’enjeu de l’optimisation de leur besoin en fond de roulement, parviennent à les sensibiliser sur l'impact économique que peuvent avoir les retards de paiement sur la trésorerie de leur entreprise.

Quels autres enseignements tirez-vous de l’étude ?

Tout d’abord la confirmation d’une situation financière dégradée pour les PME. 60% des entreprises interrogées craignent en effet une stagnation voire une baisse de leur activité au cours des six prochains mois. Elles sont déjà 21% à souffrir d’une détérioration de leur trésorerie, pour l’essentiel due au resserrement de la trésorerie de leurs clients (29%).

Ensuite le rôle central occupé par le recouvrement de créances pour les entreprises ayant besoin de recapitaliser leur trésorerie. 71% des entreprises interrogées affirment que la gestion du poste clients est devenue plus centrale dans leur organisation ces deux dernières années (80% pour les plus de 200 salariés). 44 % d’entre elles ont le sentiment qu'il est plus difficile de recouvrer ses créances qu'avant et 78% pensent que leurs difficultés sont dues à la détérioration de la trésorerie de leurs clients.

Enfin, des entreprises plus promptes à déclencher un contentieux, poussées par leurs difficultés de trésorerie. Deux tiers des sociétés interrogées ont déjà engagé des procédures contentieuses (80% des entreprises de plus de 250 salariés) et le plus souvent par le biais d'un cabinet de recouvrement ou d'un avocat. Cependant, ces procédures buttent bien souvent sur l’exécution des décisions de justice, les premières difficultés citées par les entreprises concernées étant la mise en redressement ou en liquidation judiciaire du débiteur (74%) et sa situation financière obérée (44%). Le manque d’information sur la solvabilité du débiteur arrive en 3ème position (34%) des motifs cités.

La raison majeure en est que les créanciers manquent d’informations fiables sur les actifs saisissables de leurs débiteurs. Les procédures judiciaires sont également engagées trop tardivement et la technique des saisies conservatoire reste trop peu utilisée (connue seulement de 13% des entreprises).

Et qu’en est-il des répercussions de la crise de l’euro ?

Les sociétés traitant avec l'international sont également touchées, avec notamment la crise des pays du sud de la zone euro, dont de nombreuses entreprises sont menacées d'insolvabilité. Tous les pays européens ne sont pas égaux face au recouvrement de créances et les pays du sud de l’Europe ont déjà des délais de paiement très extensibles…

La crise que nous connaissons, associée au désengagement des assureurs-crédit, contraint aujourd’hui l’ensemble des entreprises européennes à se tourner vers d’autres sources de cash et à optimiser ainsi la gestion de leur recouvrement en engageant plus rapidement les procédures contentieuses.

Mercredi 7 Décembre 2011
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